Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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"Le Renseignement - 1" - n°73

Sommaire

H. Coutau-Bégarie Le renseignement dans la pensée militaire française

S. de Lastours La cryptologie et le renseignement

Alexandre Mihaïl Le renseignement dans la bataille de Stalingrad

P. Razoux La guerre du Kippour : un cas d’école dans le domaine du renseignement

M. Gateau-Leblanc Renseignement, quadrillage du territoire et lutte contre l’espionnage. L’exemple de la Meurthe-et-Moselle avant 1914

Sociologie

P. Le Pape Le pouvoir des commissions de défense : les exemples allemand, britannique et français

Bonus (article inédit)

Novoseloff L’organisation des Nations Unies dans la crise du Kosovo : une absence volontaire et souhaitée par les États-Unis

"Le renseignement - I"

Editorial

DU RENSEIGNEMENT À L’ACTION

 

Pendant très longtemps, les théoriciens militaires, comme d’ailleurs la plupart des praticiens, ont considéré que les opérations constituaient l’“étage noble” de l’art de la guerre. Le renseignement était perçu, le plus souvent, comme un élément certes utile mais finalement accessoire : le dire des armes se faisait sur le champ de bataille et non dans les coulisses de l’espionnage, coulisses au surplus fortement suspectes d’un point de vue moral. Ce travers a été particulièrement poussé en France où le renseignement n’a jamais pu s’imposer comme arme et n’a fait l’objet que d’une attention épisodique, malgré quelques beaux succès qu’il ne faut surtout pas sous-estimer. La pensée militaire française a eu très peu à dire sur le renseignement et il faut sans doute y voir l’une des causes de quelques déboires contemporains.

Les choses ont changé depuis une vingtaine d’années. Dans les années 70, la révélation de l’ampleur et du rôle des décryptements alliés a entraîné une relecture en profondeur de la Seconde Guerre mondiale. On sait aujourd’hui à quel point cette dimension a pesé constamment, et parfois de manière décisive, sur l’issue des opérations. Il est d’ailleurs probable que nous ne sommes pas au bout des découvertes, tant le secret est de règle dans ce domaine plus que dans aucun autre.

Par ailleurs, les bouleversements en cours dans le domaine stratégique ont placé au premier rang la collecte et l’analyse du renseignement, au point que l’information est devenue la dimension centrale de la guerre technicienne. On parle aujourd’hui de guerre de l’information, on identifie un nouvel espace que l’on appelle l’infosphère et les crises récentes démontrent qu’on ne peut plus se passer de moyens très perfectionnés d’écoute et d’observation, notamment spatiaux. S’agit-il pour autant d’une dimension radicalement nouvelle ? Relisons simplement ce que disait Sun Zi sur le rôle des espions et sur la nécessaire connaissance de l’adversaire, il y a déjà 2 400 ans. Les techniques ont changé, l’essence de la stratégie n’a pas nécessairement été modifiée.

L’histoire et l’actualité se retrouvent donc, une fois de plus. L’histoire est là pour permettre des mises en perspective, pour suggérer des comparaisons, pour relativiser les changements techniques. Ceux-ci sont certes spectaculaires, au point parfois de modifier les règles de conduite du conflit, et il ne faut surtout pas retomber dans l’illusion que rien ne change. Mais, précisément, dans des périodes de changements profonds et accélérés, il est plus que jamais nécessaire de se livrer à une réflexion globale sur la nature et sur l’impact de ces changements.

L’histoire y contribue plus qu’aucune autre discipline. Le retard accumulé par les historiens français, notamment par rapport au modèle anglo-saxon, a été en partie comblé par le formidable développement qu’a connu ce secteur de la recherche historique depuis une dizaine d’années. Citons simplement le séminaire de l’amiral Lacoste dont les actes ont récemment été publiés (Le renseignement à la française, Économica, 1998), la revue Renseignement et opérations spéciales qu’Éric Denécé vient de lancer et qui en est déjà à son troisième numéro ou les multiples mémoires faits par des Saint-Cyriens et dont on devrait bientôt voir des traces publiées. Ce numéro de Stratégique ne prétend donc qu’apporter une très modeste pierre à un édifice dont la construction est bien entamée.

Cette réflexion historique n’est naturellement qu’un préalable. C’est pourquoi ce numéro s’intitule “Le renseignement - I”. Un deuxième numéro essaiera de faire le point sur quelques tendances et techniques actuelles du renseignement.

Hervé Coutau-Bégarie

 

Sommaire

H. Coutau-Bégarie Le renseignement dans la pensée militaire française

S. de Lastours La cryptologie et le renseignement

Alexandre Mihaïl Le renseignement dans la bataille de Stalingrad

P. Razoux La guerre du Kippour : un cas d’école dans le domaine du renseignement

M. Gateau-Leblanc Renseignement, quadrillage du territoire et lutte contre l’espionnage. L’exemple de la Meurthe-et-Moselle avant 1914

Sociologie

P. Le Pape Le pouvoir des commissions de défense : les exemples allemand, britannique et français

Bonus (article inédit)

Novoseloff L’organisation des Nations Unies dans la crise du Kosovo : une absence volontaire et souhaitée par les États-Unis

 

 

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