| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Les Stratégiques
La politique américaine à l'égard du Vietnam de 1946 à 1973. Faits, prise de décision et stratégie
Conclusion
Dans le livre « A la Maison Blanche », Kissinger résume
bien les objectifs suivis par l’administration. Kissinger défend la
politique de Washington en estimant que « les
dilemmes de notre politique vietnamienne se reflétaient dans l’abîme qui
séparait notre vision de la réalité et la nature du débat public. Ce qui
était réel, pour nous c’était l’offensive ennemie au Laos et au
Cambodge, offensive qui menaçait notre position militaire au Viêt-nam. Et
pourtant, alors que les menaces objectives grandissaient, on nous demandait
de poursuivre un programme de retrait unilatéral. Pour le public, nous
risquions de nous voir entraîner à un nouvel engagement, dans deux autres
pays lointains. Nous pensions qu’il fallait empêcher l’effondrement de
ces pays, si nous voulions renforcer les Sud-viêtnamiens et leur permettre
de reprendre le flambeau sans que nos retraits se transforment en déroute. »[1] Pourtant,
l’élargissement du conflit au Cambodge va se révéler être la plus
grosse erreur de l’administration Nixon en Indochine. Nixon n’est pas
compris ni par l’opinion publique, ni par le Congrès, ayant comme conséquence
une nouvelle scission au sein de la société américaine. Mais le malaise
est beaucoup plus profond. Le fond du problème n’est pas l’Indochine,
mais bien les abus de pouvoir du président, les inégalités sociales, la
crise d’identité,..... Aussi entre mai 1970 et 1973 nous nous situons
dans une crise institutionnelle et sociale où le conflit en Indochine
n’est que secondaire.
A l’échelon international, la
politique nixonienne se caractérise par la Realpolitik
et les idées de Mahan. Pour rappel la Realpolitik
se caractérise par trois traits principaux : l’intérêt national,
la compétition et l’équilibre des forces. Aussi la
Realpolitik à travers la Doctrine Nixon redéfinit un périmètre de sécurité
en Asie qui est celui des Etats-Unis vers 1945-1948, principalement fondé
sur le réseau de bases se trouvant aux Philippines, au Japon et en Corée
du Sud, excluant tout engagement dans le reste de l’Asie du Sud-Est et à
Taiwan. Il y a donc une volonté de la part de l’administration de protéger
la façade occidentale des Etats-Unis en évitant soigneusement de s ‘engager
directement dans le maintien de l’équilibre même de l’Extrême-Orient. Aussi d’un point de vue géopolitique, les Etats-Unis après s’être laissé entraîner par les idées de Mackinder - le sort d’une puissance maritime dépend de l’équilibre sur le continent-, en reviennent à celle de Mahan - le sort d’une puissance maritime dépend de l’importance des points-clé qu’elle contrôle à la périphérie du continent.[2]
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