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Les Stratégiques
La politique américaine à l'égard du Vietnam de 1946 à 1973. Faits, prise de décision et stratégie
Partie III : J.F. Kennedy Chapitre I : L'équipe décisionnelle
« Vietnam represents the cornerstone of the Free World in Southeast Asia, the keystone to the arch, the finger in the dike. Burma, Thailand, India, Japan, the Philippines and obviously Laos and Cambodia ara among those whose security
would be threatened if the red tide of Communism overflowed into Vietnam. » J.F. Kennedy, 1956
John Fitzgerald Kennedy, (1917-1963) arrive au pouvoir en 1960, après
une victoire à l’arraché sur Nixon. Il est issu d’une famille de
classe moyenne. Elève moyen, il étudie à
Harvard et Stanford. Après avoir participé durant la seconde guerre
mondiale dans les forces navales, il se lance dans une carrière politique.
Il est élu représentant en 1948. S’il n’hésite pas à soutenir la
politique intérieure du Fair Deal
sous Truman, il le critique pour sa politique à l’égard de la Chine.
Il devient sénateur en 1952 et
alors qu’une majorité des démocrates est opposée à la politique de
McCarthy, sa vision est plus mitigée. Il est réélu sénateur en 1958, ce
qui renforce sa position en tant que candidat démocrate à la présidence.
Aussi en 1960 il n’a pas
beaucoup de difficultés à battre H.H.Humbrey aux primaires. Malgré les
sondages, il ne gagne l’élection présidentielle que de 119 450 voix. Son
mandat présidentiel se caractérise surtout par sa politique étrangère :
la Baie des Cochons, Berlin, Vienne, la crise de Cuba, et le Viêt-nam. Son
équipe décisionnelle quant à elle, se caractérise par une nouvelle génération
de politiciens. 1.1.
Le secrétaire d’Etat et son département Le
département d’Etat est organisé de manière typiquement bureaucratique,
avec à la tête le secrétaire d’Etat. Le secrétaire d'Etat est le
conseiller principal du président pour les problèmes de politique étrangère.
Il est aussi le ministre le plus important du Cabinet
et membre d'office du C.N.S.. Le secrétaire d'Etat et son adjoint (Deputy
Secretary of State)sont considérés comme les porte-parole du
gouvernement américain à l'étranger. Il
arrive souvent que les relations entre le secrétaire d’Etat et son président
soient tendues et cela pour deux raisons : a)
le président se trouve dans une position politique différente que
celle des secrétaires. Les secrétaires traitent la politique étrangère
en fonction de l’intérêt national. Les présidents doivent également
tenir compte de la situation domestique.[1]
La présidence se soucie des humeurs de l’opinion publique, des aléas de
l’électorat et, en général, des répercussions internes de la politique
extérieure. A cet égard le département
d’Etat propose rarement des rapports évaluant les conséquences des
objectifs diplomatiques sur l’évolution de la politique intérieure ; b)
la
politique étrangère étant tellement complexe, il est peu probable que
deux personnes voient les choses exactement de la même manière. Mais
comme le déclare D.Rusk : « But
when disagreements occur, a secretary of state must remember who has the
authority for making decisions for the executive branch. »[2] La
responsabilité de la prise de décision au sein du département suit la
voie hiérarchique. Le secrétaire d’Etat, assisté d’une série de députés
prend les décisions les plus importantes, les décisions quotidiennes étant
prises par les échelons inférieurs.
(cfr. Annexe : la
structure du département d’Etat) D’une manière générale, le département d’Etat remplit deux fonctions [3]: n représente les intérêts des Etats-Unis et de ses citoyens en relation avec les autres Etats ; n
avise le président concernant tout aspect de la politique étrangère. Certains
organismes comme l' USAID (US
Agency for International
Development) et l' USIA (US
Information Agency)lui sont rattachés. Afin de réaliser ces tâches le département emploie en 1973, 24 000 personnes et dispose d’un budget de 400 millions de dollars. Le
département d’Etat, tout comme les autres départements, comprend une
structure politique, dont les membres sont élus ou désignés pour la durée
d'un mandat temporaire, et une structure administrative à laquelle sont
attachés des fonctionnaires permanents. Les deux structures sont nécessaires
au bon fonctionnement d’un gouvernement. Elles sont supposées être complémentaires
et participer au processus politique. Cependant, les membres du gouvernement
viennent de l’extérieur et occupent des postes limités dans la durée,
tandis que les fonctionnaires font leur carrière dans la fonction publique.[4] Par ses querelles, rivalités internes et sa trop grande bureaucratie le département d'Etat ne peut jouer les premiers rôles en matière de politique étrangère. Aussi le fonctionnement du département est critiqué par la présidence et cela pour plusieurs raisons[5]: 1. adhésion à une sous-culture qui privilégie les objectifs et les programmes du ministère, au détriment des considérations présidentielles ; 2. esprit de clocher ; 3. travail de routine, peu d’initiatives ; 4. le pluralisme des intervenants gouvernementaux dans le champ des affaires extérieures a, au fil des ans, considérablement diminué l’importance centrale du département d ‘Etat. Depuis les années cinquante, la présidence encourage l’intervention de nouveaux acteurs dans le champ de la politique extérieure : CIA, personnel de la Maison-Blanche, C.N.S.,... ; 5. les normes de conformité du département font en sorte que ses membres demeurent prudents avant d’émettre des opinions sur l’évolution de certaines questions urgentes. Aussi, les présidents cherchant la créativité, l’innovation et de nouvelles idées, font surtout face dans ce département à une pénurie d’offre ; 6. le département d’Etat ne se plie pas suffisamment aux besoins et aux directives de la Maison-Blanche. Un président qui arrive au pouvoir cherche à établir de nouvelles politiques, mais il rencontre d’énormes difficultés à obtenir l’appui des fonctionnaires du département pour réorienter les objectifs de la diplomatie américaine, tant la résistance au changement et le conservatisme sont profondément ancrés dans leurs moeurs. Le département se caractérise par une certaine continuité. Au
département d’Etat, Kennedy nomme Dean Rusk. Mais sa marge de manoeuvre
est réduite, car Kennedy veut faire du département d’Etat à court terme
le pilier de sa politique.
Aussi, c’est lui qui nomme la majorité des fonctionnaires : C.
Bowles comme sous-secrétaire, A. Harriman comme ambassador-at-large,
Adlai Stevenson comme
ambassadeur aux Nations Unies. W. Rostow, quant à lui, est nommé par D.
Rusk au poste de directeur de la planification politique. Dès
le départ pourtant, il est naïf de la part de Kennedy de croire qu‘en
quelques semaines, l’organisation bureaucratique du département pourrait
se muer en un département actif, organisé et sous son contrôle. Comme
l’explique J. P. Davies : « bold
new ideas, quick decisions were asked of men who had learned from long,
desillusioning experience that there were few or new ideas, bold or
otherwise, that would solidly produce the dramatic changes then sought, and
whose experience for a decade had been that bold ideas and action were
personally dangerous and could lead to Congressional investigations and
public disagrace.... purged from the right under Dulles, now purged from the
left under Kennedy..... How can you expect these men to do a good job ? »[6]
Aussi, après l’échec de la Baie des Cochons,
Kennedy, qui en reproche l’échec à la CIA, au JCS et au département
d’Etat, s’oppose à faire de ce dernier son principal instrument de
prise de décision. Cela entraîne l’évincement de Rusk du cercle proche
des conseillers de Kennedy. En outre, Kennedy
n’hésite pas à rencontrer des fonctionnaires de second rang du département
d’Etat sans respecter la chaîne de commandement. Aussi D.Rusk a des
contacts restreints avec son département. Ainsi
Harriman et Hilsman déclareront : «
I can’t blame McNamara for pushing his department’s view as vigorously
as possible. But I certainly can blame Rusk for not pushing his view, or our
view. And always over and over again, it ends up with Harriman and Hilsman
arguing against McNamara and the Joint Chief of Staff and John McCone. And
that’s not quite an equal contest. »[7] Aussi,
Rusk réalisant son impuissance limite son rôle à celui d’un conseiller
du président « acquiesçant ». Il choisit donc de prendre le rôle
de représentant du président et non celui de porte-parole de son département.
Selon M. Crozier, sociologue français, tout cadre placé directement sous
les ordres d’une organisation se trouve devant un choix fondamental :
il peut se considérer comme le représentant direct de son chef, et être
en partie responsable de décisions mal vues par les agents d’exécution ;
ou encore il peut devenir le porte-parole de ses subordonnés, et faire
ainsi endosser à son supérieur la seule responsabilité de choix
douloureux. Dans le premier cas, il se fera mal voir par les agents d’exécution,
mais cela peut contribuer à une éventuelle cohésion au sein de son département.
S’il rejette sur son supérieur la responsabilité des mesures pénibles,
il s’attire les bonnes grâces de ses subordonnés, mais au détriment de
l’efficacité et de la discipline.[8] En
conclusion, si le département est fermement dirigé sa compétence fait du
personnel un outil
indispensable pour les responsables politiques. Ce personnel devient alors
un instrument docile et d’une grande précision et les initiatives qu’il
prend donnent naissance à un dialogue. (ouverture). Dans le cas contraire,
les chefs de service ne sont plus les porte-parole de la politique
nationale, mais les avocats des pays et lobbies avec qu’ils traitent. Ce
qui entraîne des fonctionnaires défendant des intérêts de chapelle.[9] 1.2.
Le secrétaire à la Défense et son département Le
National Security Act de 1947,
issu de débats au Congrès sur les problèmes de sécurité et
de défense, crée le département de la Défense. Celui-ci est
composé de l’office du secrétaire de la Défense, du JCS[10]
et des différents départements de l’armée (terre, mer, air). Les Chefs
d’Etats-majors sont directement subordonnés au secrétaire de la Défense,
qui à partir de 1959 participe
aux délibérations de l’Etat-major.[11] Comme
le département d'Etat, le département de la Défense est dirigé par un
secrétaire membre du C.N.S., qui a la responsabilité de conseiller le président
sur l'orientation de la politique de défense et de gérer l'énorme
appareil décisionnel du Pentagone : acquisition des armes, doctrines
stratégiques, maîtrise des armements,
gestion des bases militaires à l'étranger, aide aux guérillas,...)
( Cfr.Annexe :
structure du département de la Défense). A
côté de cette hiérarchie civile, il y a également, la chaîne de
commandement militaire où nous trouvons le Joint
Chiefs of Staff (JCS) présidé par le président (Chairman-JCS).
Celui-ci comprend les chefs de l’armée de l'air, de terre, de la marine
et des marines. Le JCS conseille
le président et le secrétaire à la Défense sur les menaces potentielles
et l'état des capacités militaires. Robert
McNamara est nommé au poste de secrétaire à la Défense. Le choix de
McNamara au poste de secrétaire à la Défense surprend, car il ne remplit
pas les critères qu’exige cette fonction. Un secrétaire à la Défense
est supposé être un homme d’expérience,
ayant une formation politique ou stratégique. Or, McNamara n’a
aucune expérience militaire, ni politique. Toutefois,
grâce à ses nombreuses qualités, il parvient à faire participer son département
pour la première fois au processus décisionnel. Il devient d’ailleurs très
vite l’homme le plus écouté de la Maison Blanche en matière de
politique étrangère. Son équipe est composée de ce qu’on a appelé les
Whiz Kids : J. McNaugthon
(professeur de Harvard), A.Yarmolinsky (conseiller de longue date de
Kennedy), C.J. Hitch (ancien recteur de l’université de Californie), Les
Aspin, Morton Halperin, Paul Nitze, Leslie Gelb, Daniel Ellsberg et A.
Enthoven. Pour ce dernier McNamara crée un bureau d’analyse. Tous
partagent la volonté de tout analyser de manière quantitative.
(statistiques,...) Enthoven restructure d’ailleurs tout le département de
la Défense, à partir des résultats de ses recherches, ne tenant nullement
compte de l’aspect humain ou de l’expérience des militaires. La
restructuration du département par des civils fait naître des tensions
entre le JCS et les Whiz Kids. Le
Chef de l’Etat-major de l’air, Curtis LeMay se rappelle que McNamara et
son équipe « were the most
egotistical people that I ever saw in my life. They
had no faith in the military ; they had no respect for the military at
all. They felt that the Harvard Business School method of solving problems
would solve any problem in the world...They were better than all the rest of
us ; otherwise they wouldn’t have gotten their superior education, as
they saw it. »[12]
De plus, les
militaires estiment qu’en forçant les différents services à parler
d’une voie, McNamara élimine le système de check
and balance au sein de l’armée. McNamara était en train de créer ce
que G.C Herring dans son livre appelle des yes
men. Cependant,
après la crise de Cuba, Kennedy sous pression
des critiques, crée un nouveau poste de coordination entre les civils et le
JCS, afin d’améliorer les relations avec ce dernier. Pour ce poste,
Kennedy fait appel au général M. Taylor, qui devient représentant
militaire auprès du président (Military
Representative of the President). Il va remplir quatre fonctions[13] : a)
conseiller militaire dans les matières où le président doit
remplir son rôle de commandant en chef de l’armée ; b)
conseiller
dans le domaine du renseignement ; c)
vérifier l’utilité et l’efficacité du « Cold
war planning » ; d)
accès
aux informations des différents départements et agences dans la limite de
ses fonctions.
La
fonction de représentant militaire auprès du président ne se maintient
pas longtemps, Kennedy parvenant à installer Taylor au poste de
JCS chairman. Après que le
général L Norstad, commandant en chef de l’OTAN, ait annoncé sa
retraite, Kennedy nomme le général Lemnitzer, JCS
chairman, à se poste. Cela libère un poste au sein du JCS, qui est
repris par Taylor. Alors que la nomination au poste de JCS
chairman se fait selon une rotation entre les trois forces (terre,mer ,air),
Kennedy va imposer Taylor comme JCS
chairman. La raison principale est que parmi les militaires seul Taylor
soutient la nouvelle politique de guerre limitée, prônée par le département
de la Défense.(cfr.Infra) Aussi, tous les généraux opposés à cette
politique sont mis sur des voies de garage.[14]
Uniquement, les généraux qui acceptent d’être subordonnés au pouvoir
civil et qui comprennent la complexité de la sécurité nationale dans l’ère
nucléaire sont maintenus. Le
duo Taylor-McNamara a dès lors d’énormes
pouvoirs dans le processus décisionnel. Aussi,
si le Viêt-nam comme nous le verrons intensifie la tension entre civils et
militaires, le malaise est bien plus profond : un problème d’idéologie.
« Depuis Hiroshima »,
comme le déclare Jean-Paul Mayer : « la
perspective d’un affrontement mettant en jeu des armes nucléaires, par
les conséquences qu’il laisse entrevoir, oblige le politique à le considérer
de très près. La stratégie, autrefois l’art de mener les armées en
campagne suivant son étymologie grecque, devient peu à peu métastratégie.
Parce qu’elle met en cause l’existence même de la nation, elle devient
à l’évidence une entreprise strictement réservée au pouvoir politique
et à ses conseillers. » [15] Cependant,
comme l’analyse H. Kissinger : « les
statistiques ne conduisent les hommes que jusqu'à un certain point, au-delà
duquel entrent en jeu des
valeurs plus fondamentales. En fin de compte, le métier militaire est
l’art de commander, et s’il exige de nos jours des calculs plus précis
que par le passé, il dépend néanmoins de facteurs psychologiques premiers
difficiles à quantifier. Les autorités militaires se voyaient contraintes
à concevoir des armes à partir de critères abstraits, suivre des stratégies
auxquelles elles ne croyaient pas vraiment, et enfin mener une guerre
qu’ils ne comprenaient pas. »[16]La
majorité du temps, les militaires se sentent donc déchirés entre l’obédience
aux autorités civiles et leur sentiment d’un énorme désastre.
McNamara
applique donc au département l’organisation et les procédures utilisées
dans le management : techniques de management, utilisation des
ordinateurs, supervision stricte du budget, centralisation des
informations.... En maintenant
un contrôle sur le budget, les finances et la logistique, le secrétaire à
la Défense renforce le contrôle des civils sur les militaires. 1.3.
Le C.N.S. McG.
Bundy est nommé au poste de Conseiller à la sécurité nationale. Celui-ci
fait du C.N.S. un ensemble plus compact par rapport à la période
Eisenhower. Le Planning Board et
l’OPC sont démantelés, ayant
comme conséquence que le C.N.S. n’est plus composé que d’une dizaine
d’hommes. Bundy se retrouve à la tête de ce qu’on a appelé le
« mini département d’Etat » (= Little
State Department).[17]
Pour Kennedy, ce Little State
Department, qui se réunit de manière régulière renferme plusieurs
avantages[18] : ·
reflète un certain ordre et une certaine régularité ; ·
accroît l’esprit de corps ; ·
facilite une meilleure communication ; ·
par le biais de ces réunions et des échanges d’idées, il est
plus aisé d’étudier les différentes alternatives. McGeorge
Bundy aménage également une Situation
Room à la Maison Blanche, y installant un équipement électronique
permettant un accès direct au département d’Etat, au département de la
Défense et à la CIA. Cette Situation
Room permet dès lors une meilleure coordination et un contrôle plus
efficace des missions en cours. Kennedy
préférant des réunions ad hoc,
informels au système prôné par Eisenhower, le C.N.S. est donc débarrassé
de sa lourdeur bureaucratique. En pratique, cela revient à limiter le rôle
du Conseil National de Sécurité et à renforcer les pouvoirs du Conseiller
à la sécurité nationale, qui devient le bras droit du président. Ainsi,
la formulation de la politique étrangère, de sécurité et de la défense
se concentre progressivement entre les mains du conseiller du C.N.S. et du
secrétaire à la Défense, au détriment de l’influence
des bureaucraties traditionnelles. Le
démantèlement du C.N.S. a également un effet sur le JCS.
Sous Eisenhower des représentants du JCS
étaient assignés au Planning
Board et OCB. A travers
ceux-ci, le JCS pouvait placer
sur l’agenda du C.N.S certains points. Par son démantèlement, le JCS
perd l’accès direct au président et donc quasi toute influence dans la
prise de décision.[19]
A
côté des deux secrétaires et
du Conseiller à la sécurité nationale , Kennedy fait surtout appel à ce
qu’il considère comme ses hommes de confiance : A. Schlesinger, R.
Goodwin, M. Taylor, R. Kennedy et T. Sorensen. Quant à la question du Viêt-nam,
Kennedy nomme le Deputy Secretary of
Defense Roswell Gilpatric, à la tête d’un groupe de travail qui doit
l’informer sur le Viêt-nam.[20] 1.4.
Les services de renseignements Les
services de renseignements comprennent plusieurs organisations, dont la CIA,
la DEA, le FBI,... Ces services comprennent à peu
près 150 000 employés et un budget d'ensemble de 30 milliards de
dollars. L'ensemble de ces agences sont supervisées par le DCI (Director
of Central Intelligence). Le seul service de renseignements ayant joué
un rôle significatif durant la guerre du Viêt-nam est la CIA. Durant la
guerre du Viêt-nam nous avons au poste de DCI successivement J. McCone
(1961-1965), W.F.Rabborn (1966), R.Helms, (1967-...) (Annexe :structure
des services de renseignements) 1.5.
Conclusion La
composition de la nouvelle administration se caractérise surtout par sa
jeunesse(the best and the brightest)
et son manque d’expérience. Les hommes forts de l’après guerre comme
Kennan, R. Lovett, D.
Acheson,... se retrouvent par leur âge sur une voie de garage. Avant
de relater les faits de la présidence Kennedy, il est important de
consacrer un point à un aspect stratégique, qui permet une meilleure compréhension
de l’évolution du conflit et de la politique menée : la réponse
graduée. [1] Comme le déclarait H.Truman, « I want to hear from you fellows on matters of foreign policy, but I don’t want you to base your views upon political considerations. In the first place, good policy is good politics. In the second place, you fellows in the State Department don’t know a damned thing about domestic politics. And I don’t want a bunch of amateurs playing around with serious business », D. RUSK, As I Saw It, London, ed. I.B.Tauris, 1991, p. 451. [2] Ibidem, p. 451. [3] H.T. NASH, op.cit, p. 68. [4] P.de BRUYNE, La décision politique, Bruxelles, éd. Peeters, 1995, pp. 170- 172. [5]
Ch. P. DAVID, op.cit., pp.118 es. [6]
A.J. NATHAN, A.K. OLIVER,
op.cit., p. 462. [7]
B. RUBIN, The State Department and the Struggle over US Foreign
Policy, Oxford, Oxford university Press, 1984,
p.119. [8] H.KISSINGER, A la Maison Blanche, 1968-1973, (tome I),Paris, Fayard, 1979, p. 27. [9] Ibidem, p. 29. [10] Le JCS est créé en 1942 par F.D. Roosevelt afin de répondre aux exigences de la seconde guerre mondiale. Durant celle-ci le JCS établit la stratégie, les relations avec les alliés. [11]
H.R. McMASTER, Dereliction of Duty, New York, Harper Collins
Publishers, 1997, p. 13. [12]
Ibidem,.
pp. 20. [13]
Ibidem,
pp.11-12. [14] Ibidem, p. 22. [15] J.-P. MAYER, Rand, Brookings, Harvard et les autres : les prophètes de la stratégie des Etats-Unis, Paris, Addim 1997, p. 71. [16] H.KISSINGER, A la Maison Blanche 1968-1973, (tome I). op.cit., p. 36. [17] Michael Forrestal (Asie de l’Est),Ralph Dungan (Amérique latine), Arthur Schlesinger (Europe), W. Rostow (Tiers-monde)sont R. Komer (aspects stratégiques et militaires)sont entre autres membres de ce mini département. [18] J.T. NASH, op.cit., p. 117. [19]
H.R. McMASTER, op.cit., p. 5. [20] B. RUBIN, op.cit., p.105
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