| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Les Stratégiques
La politique américaine à l'égard du Vietnam de 1946 à 1973. Faits, prise de décision et stratégie
Chapitre III : L'engrenage
Arrivé
au pouvoir, Kennedy est très vite absorbé par Cuba, les élections au
Congrès, les négociations sur les armes nucléaires, l’Amérique Latine,
la crise des missiles... Aussi, il a peu de temps pour se pencher sur le
problème du Viêt-nam. C’est
pourquoi, durant les premiers mois de son investiture, il délègue le problème
du Sud-Est asiatique à ses conseillers. La confiance qu’il a en McNamara
et l’ambassade américaine à Saigon l’amène à se ranger dans le camp
des optimistes et à sous-estimer l’importance du problème vietnamien. 3.1.
Méconnaissance du terrain La
nouvelle équipe hérite et accepte la conception monolithique du bloc
communiste. Cette vision des
choses résulte d’une ignorance et méconnaissance profonde de
l’histoire asiatique et des diversités entre les différents pays de
cette partie du monde. Faut-il être étonné d’une telle approche ?
Non et cela pour différentes raisons. Comme le reconnaît McNamara : « Je n’avais jamais visité l’Indochine et je ne comprenais rien à son histoire, à sa langue, à sa culture, à ses valeurs. Je n’y étais en rien sensible. On pourrait en dire autant, à divers degrés, du président, John Kennedy ; de son secrétaire d’Etat, Dean Rusk, de son conseiller à la sécurité nationale, McGeorge Bundy ; de son conseiller militaire, Maxwell Taylor ; et bien d’autres. Quand il s’agissait du Viêt-nam, nous nous trouvions en position de décider d’une politique pour une terra incognita. »[1] Contrairement à la richesse d’experts concernant l’Union Soviétique comme George Kennan, Charles Bohlen, ...Washington est confrontée à un manque d’experts sur l’Asie du Sud-Est. Aussi, l’administration néglige toute analyse critique. Comme le déclare S. Hoffmann : « Nous (=les Etats-Unis) avons tendance à aborder d’une façon beaucoup trop confiante les situations les plus complexes, à les réduire à des simples questions d’organisation et très souvent sous-estimer la façon dont l’histoire et les traditions des autres pays déterminent leur attitude à l’égard des problèmes en cause. » Cette méconnaissance de l’histoire et cette vision monolithique du bloc communiste s’explique également par l’héritage des années 1950. Cet héritage se compose de plusieurs éléments [2]: n
la perte de la Chine, la
guerre de Corée et la politique asiatique du secrétaire d’Etat Foster
Dulles (pactomanie) ; n
le Bureau of East Asian and
Pacific Affairs est purgé de ses spécialistes, par suite du
maccarthysme. La seule politique tolérée est celle de l’endiguement, de
l’isolement de la Chine et l’instauration de réseaux d’alliances ; n
La vulnérabilité et sensibilité de la nouvelle administration
concernant l’Asie est grande à cause du maccarthysme, mais également à
la marge de victoire limitée aux élections présidentielles. Aussi,
l’administration est méfiante de prendre trop vite des décisions
concernant l’Asie. D’ailleurs le
Bureau of East Asian and Pacific Affairs est le dernier à être remanié.
Il faut attendre la nomination d’Averell Harriman comme
Assistant Secretary en décembre 1961, avant que certains changements
aient lieu. Cependant, trop préoccupé par les négociations concernant le
Laos, Harriman ne parvient ni à modifier la composition du
Bureau of East Asian and Pacific Affairs, ni d’y ramener les experts. 3.2.
Mai 1961 : tentative de définition de l’engagement américain au Viêt-nam Après
une visite du vice-président L. Johnson au Viêt-nam au mois de mai 1961,
une tentative de définition de l’engagement
américain au Viêt-nam est mise au point. Certains, comme Rostow et
le général Taylor envisagent l’envoi d’un nombre substantiel de
troupes pour nettoyer le terrain et former l’armée sud - vietnamienne.[3]
Le sous-secrétaire d’Etat, Bowles envisage une nouvelle conférence sur
l’Indochine afin d’obtenir une Asie du Sud-Est neutre et la suspension
de l’aide à Diem. [4]Le
sous-secrétaire U.A. Johnson, préconise l’envoi de 200 000 hommes.
Harriman, Forrestal et Hilsman estiment que seul le Viêt-nam du Sud peut
gagner la guerre et que des réformes au sein du régime s’imposent.
L’ambassadeur Nolting et le général P. Harkins présentent le
gouvernement Diem comme un régime dirigé par une personnalité
incontestablement difficile, mais ayant l’étoffe d’un homme d’Etat et
en tout cas irremplaçable. La Task
Force sous Gilpatric recommande un ensemble d’actions économiques,
militaires et de propagande. Elle
conseille également un engagement explicite des Etats-Unis auprès du Viêt-nam
du Sud afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre le Viêt-nam
du Sud. Dès
le début les avis divergent entre les différents conseillers du président.
Une chose qui dans les mois suivants ne va que s’aggraver. Le
11 mai 1961 à travers le NSAM-52[5]
certaines décisions recommandées par la Task
Force sont approuvées : l’armée vietnamienne est portée à 200
000 hommes, instauration des hameaux stratégiques (Cfr.infra), envoi de 400
militaires, la majorité étant les fameux Bérets verts[6]
et l’aide à Diem est conditionnée à l’évolution du Viêt-nam du Sud
vers un pays démocratique. Officiellement, seuls des conseillers militaires
sont présents au Viêt-nam et ont un rôle actif de formation,
officieusement la puissance de feu américaine s’installe (T 28, F102, hélicoptères,
napalm, interventions clandestines contre le Viêt-cong des RVNAF[7]
sous commandement des Bérets verts,...) Toutes ces opérations clandestines
sont mieux connues sous le nom OPLAN
34A, OPLAN 37-64,.... En
fait, le NSAM-52 réaffirme le soutien économique, politique, psychologique
et militaire américain au régime de Saigon. Aussi, la première vraie décision
sur le Viêt-nam vient en novembre 1961, après la mission Taylor-Rostow. 3.3.
Le rapport Taylor-Rostow et ses suites Après
que la situation se soit aggravée fortement durant l’été 1961( différents
attentats et assassinats), Kennedy
décide d’envoyer une mission d’experts au Viêt-nam afin de se rendre
compte de la situation. 3.3.1.
La mission Taylor-Rostow A
la tête de la mission, il y a le général Maxwell D. Taylor et W. Rostow.
L’objectif de la mission est d’étudier la situation au Viêt-nam sous
ses différents aspects : militaires, politiques, économiques et de
propagande.[8]
Le trois novembre le général Taylor et W. Rostow remettent un rapport au
président Kennedy, afin de demander un envoi substantiel de troupes américaines
(8 000 militaires) au Viêt-nam.[9]
Celles-ci auraient comme objectif de renforcer le moral des troupes sud-viêtnamiennes
et de montrer le sérieux de l’engagement américain en Asie du Sud-Est
(intérêt de réputation). Sur le terrain, les troupes rempliraient des opérations
d’autodéfense et maintiendraient la sécurité dans les lieux où elles
seraient déployées. Entre le moment de la présentation de ce rapport le 3
novembre et l’adoption d’une adaptation de ce rapport le 22, plusieurs
membres des différents départements donnent leur avis sur les
recommandations. 3.3.2.
Réactions au rapport Le
JCS estime que l’envoi de 8 000 militaires doit être considéré comme un
premier pas dans un engagement plus large et que d’autres envois suivront.[10] G.Ball
sous-secrétaire d’Etat s’oppose à un engagement américain au Viêt-nam.
Il estime que les troupes américaines ne sont pas adaptées à la
topographie vietnamienne et que si l’administration suit la voie tracée
par le rapport Taylor-Rostow en moins de 5 ans, 300 000 hommes se
retrouveront dans les champs de riz au Viêt-nam.[11]
En fait, Ball (européaniste) craint surtout qu’un engagement à la périphérie,
remette en cause le dessein d’un grand partenariat politique et économique
de l’Atlantique. Dans
un premier rapport, daté du 8 novembre 1961, McNamara soutient le point de
vue du rapport Taylor-Rostow : « (....)The
introduction of a US force of the magnitude of an initial 8000 men in a
flood relief context will be of great help to Diem. (...) »[12]Dans
un second rapport, co-rédigé avec D. Rusk, daté du 11 novembre le point
de vue de McNamara est un peu plus nuancé : « (A)Units
of modest size required for the direct support of South Viet-Namese military
effort such as communications, helicopters and other forms of airlift,
reconnaissance aircraft, naval patrols, intelligence units, and (B) larger
organized units with actual or potential direct military mission. Category
(A) should be introduced as speedly as possible.
Category (B) units pose a more serious problem (...) that they are much more
significant from the point of domestic
and international political factors and greatly increase the probabilities
of Communist bloc escalation.» [13]
Cependant
cela ne les empêchent pas dans le même mémorandum de préparer des plans
pour une intervention militaire américaine :
«
(...)The department of Defense be prepared with plans for the use of United
States forces in South Vietnam under one or more of the following purposes : (a)
Use
of a significant number of United States forces to signify United States
determination to defend Vietnam and to boost South Vietnam morale ; (b)
Use
of substantial United States forces to assist in suppressing Viet Cong
insurgency short of engaging in detailed counter-guerrilla operations but
including relevant operations in North Vietnam ; (c)
Use
of United forces to deal with the situation if there is organized Communist
military intervention. » 3.3.3.
Adoption du rapport Rostow-Taylor Le
15 novembre, après de nombreuses discussions le département de la Défense,
le département d’Etat et le JCS approuvent les recommandations faites par
Taylor et Rostow. Une semaine plus tard, le 22 novembre Kennedy approuve le
document NSAM-111, qui approuve un déploiement de conseillers[14]
mais en un nombre moins important que celui recommandé par Taylor. Bien que
rejetant l’introduction de troupes terrestres, Kennedy n’exclut
nullement une intervention plus puissante : « If
this doesn’t work perhap’s we’ll have to try Walt’s Plan Six ;
that is, direct attack on North Vietnam. »[15]En
outre, le soutien à Diem est renforcé. Vu
que l’administration dans le NSAM-111 ne s’attaque pas de manière décisive
aux problèmes majeurs, c’est-à-dire Diem et les voies d’infiltration
la situation sur le terrain s’aggrave durant le début de l’année 1962 :
détérioration de la situation économique et sociale, tentative d’un
coup d’Etat par de jeunes officiers,... L’impopularité de Diem a également
des conséquences dans l’effort de guerre, dans lequel l’armée sud-viêtnamienne
est de moins en moins motivée. Aussi dès le début de 1962, le JCS
renouvelle sa demande d’envoyer des forces terrestres. 3.3.4.
Demande du JCS de l’envoi de forces terrestres Le
13 janvier 1962, les chefs d’Etat-major dans un mémorandum soutiennent
que l’intervention de forces combattantes américaines serait un moyen
efficace d’empêcher la perte du Sud et de renforcer le moral des troupes
sud-viêtnamiennes. Ils renouvellent donc leur demande d’envoi de forces
terrestres combattantes. Les militaires estiment que cette décision serait
en harmonie totale avec la politique américaine puisque depuis 1954
Washington a clairement affirmé qu’un des objectifs inaltérables est de
prévenir la chute du Sud face à l’agression communiste. Selon
les dires de McNamara « ils
(les chefs d’Etat-major) se trompaient : c’était justement cette décision
de base qu’on n’avait pas prise. »[16]
Pourtant, n’est-ce pas Kennedy qui approuve le NSAM-52 au printemps 1961[17],n’est-ce
pas McNamara et D Rusk qui rédigent un mémorandum le 11 novembre 1961
quelques jours après le rapport Taylor-Rostow dans lequel est écrit : « (...)Its
loss (=Viêt-nam du Sud) would not only destroy SEATO but would undermine
the credibility of American commitments elsewhere(...) It
would stimulate bitter domestic controversies in the United States and would
be seized upon by extreme elements to divide the country and harass the
administration. (...) The United States should commit itself to the clear
objective of preventing the fall of South Vietnam to communism. »[18]
En outre, dans le
même mémorandum, Rusk et
McNamara préconisent la préparation de plans pour une intervention
militaire américaine.[19]
Puis,
en mars 1962, un mois et demi après la demande du JCS, McNamara déclare
dans le Washington Post : « L’Asie
du Sud-Est est vitale pour la sécurité du Pacifique et le Pacifique est
vital pour la sécurité des Etats-Unis(...) »[20]
Il y déclare également(...)
mais l’usage de la seule force militaire ne vaincra pas automatiquement
les communistes, s’il n’y a pas de réforme économique et sociale
interne »[21]
Or aucunes mesures concrètes sont prises ni pour obtenir une réforme, ni
pour un engagement militaire. Quelle
est dès lors la politique menée par l’administration ? 3.3.5.
La voie suivie par l’administration Kennedy. La
politique suivie n’est pas
celle de l’envoi de troupes terrestres et de réformes économiques,
sociales, politiques et agraires, mais bien l’envoi de conseillers (fin
1963 ils sont plus au moins 16 000). Quant aux réformes, qui sont
primordiales pour la stabilité du pays, elles sont renvoyées aux calendes
grecques. Aussi,
toutes les mesures prises par l ‘administration en 1961 et 1962 sont
des demi-mesures, qui nous paraissent souvent contradictoires avec les
objectifs établis. La politique menée se caractérise par une certaine naïveté,
négligence et insouciance. Nous sommes devant une administration qui schématise
de manière extrêmement simple, une problématique extrêmement complexe.
En lisant les documents et les ouvrages abordant cette époque,
l’impression est que l’administration analyse le problème comme un
problème secondaire, sans essayer de le comprendre, persuadée que le Viêt-cong
est insignifiant et convaincue que les choses se solutionneront par elles-mêmes. Il
faut attendre janvier 1963 et
la mission Hilsman-Forrestal du département d’Etat pour qu’une partie
de l’administration, la moins influente, réalise que la politique suivie
ne mène à rien. Bien que le compte-rendu de la mission n’apporte aucune
nouvelle information sur la situation au Viêt-nam, Forrestal et Hilsman
estiment, dans une annexe ajoutée au rapport et adressée à Kennedy, que
la politique américaine est une politique de pas à pas, fondée sur aucun
dessein politique. Ils constatent également les malentendus entre civils et
militaires et le manque de coordination entre les différents départements
et agences.[22]
Mais vu l’influence du département de la Défense par rapport au département
d’Etat, la politique suivie est celle des civils du département de la Défense. Ce
qui ne laisse pas de surprendre dans la politique de l’administration
Kennedy c’est le refus d’accéder à la demande du Pentagone d’un
engagement direct des troupes américaines. Comme le déclare D Artaud : « Pourquoi,
si les enjeux étaient si élevés, s’arrêter en chemin ? Kennedy
comme le remarquera N. Podhoretz par la suite, a-t-il fait preuve de la
mauvaise prudence au mauvais endroit, à la mauvaise époque, « the
wrong prudence, at the wrong place and at the wrong time ? » »[23]
Nous en sommes persuadés et nous rejoignons le point de vue exprimé par
D.Rusk qui déclare dans ses mémoires: « ...had
Kennedy committed one hundred thousand men in 1962, as soon as we learned
that North Vietnam was violating the Laos accords negotiated that same year,
if he had pushed in a stack of blue chips at the very beginning, it is just
possible the North Vietnamese would have realized we were serious. (...) But
our gradual response possibly encouraged North Vietnam to speculate that we
did not intend to stay the course. »[24]
Cette
politique, selon nous, s’explique en partie par une certaine arrogance du
pouvoir, persuadé de vaincre un peuple depuis peu décolonisé sans devoir
utiliser les grands moyens. Mais, elle s’explique également par une série
d’incohérences : négligence de la piste Ho-Chi-Minh, de
l’histoire de l’Indochine, déficience de la stratégie,...
Telle façon de mener une politique ne pouvait qu’entraîner un
retour de flamme. Cela est le cas fin 1963. 3.4.
1963 : L’année de tous les dangers Dans
son discours annuel Kennedy déclare en janvier 1963 : « The
spearpoint of aggression has been blunted in South Vietnam. »[25]
Aussi, de janvier
à plus au moins juillet, et même
encore en automne 1963 règne un certain optimisme au sein de
l’administration. On n’hésite même pas
à établir des plans
afin de préparer un retrait du Viêt-nam fin 1965, début 1966(cfr.3.5.).
Pourtant, la maîtrise américaine de la situation s’effrite petit à
petit. Quatre raisons en sont la cause : 1.
Les rapports sur la situation au Viêt-nam sont faussés. La
raison principale est le souvenir de la situation en Chine dans les
années 1940. Les officiers des différents départements à Saigon n’ont
pas oublié la manière dont avaient été traités leurs collègues par les
comités du Sénat pour leurs commentaires critiques concernant le
nationalisme chinois. Tout
rapport sur la force du Viêt-cong et la faiblesse du régime de Diem sont dès
lors bannis, au risque de ne pas promouvoir dans la hiérarchie. De plus,
l’ambassadeur Nolting veille personnellement à ce qu’aucun câble négatif
soit envoyé.[26] Certains
fonctionnaires au sein de la CIA
jouent également un rôle important dans la falsification des rapports.
Ainsi
en février 1962 les conclusions d’un rapport rédigé par le
Board of National Estimates estime que la situation au Viêt-nam est
négative : « the
struggle in South Vietnam at best will be protracted and costly because very
great weaknesses remain and will be difficult to surmount. Among theses are
lack of aggressive and firm leadership at all levels of command, poor morale
among the troops, (...) »[27]
Sous l’ordre du directeur de la CIA, J.McCone les conclusions du rapport définitif
sont modifiées afin de correspondre à l’optimisme des conseillers. La
version finale du rapport est rédigée
comme suit : « We
believe that Communist progress has been blunted and that the situation is
improving (...)Improvements which have occurred during the past year now
indicate that the Viet-cong can be contained militarily and that further
progress can be made in expanding the area of government control and in
creating greater security in the countryside. »[28] 2.
Le non-respect du Viêt-nam du Nord des promesses faites à Genève,
le 23 juillet 1962, dans la déclaration sur la neutralité du Laos. Dans
cette déclaration les pays concernés dont le Viêt-nam du
Nord avaient donné leur parole [29]: ·
qu’ils n’introduiraient pas au Laos de troupes étrangères, ou
de personnel militaire, sous quelque forme que ce soit ; ·
qu’ils n’utiliseraient pas le territoire du Laos pour intervenir
dans les affaires intérieures d’autres pays ; ·
que toutes les troupes étrangères, régulières ou irrégulières,
les formations paramilitaires étrangères et le personnel militaire étranger
devraient être retirés du Laos dans les délais les plus courts. Or,
les troupes nord-viêtnamiennes ne se retireront jamais du Laos. La piste Ho
Chi Minh continue donc de fonctionner. 3.
Le Viêt-cong apprend à
connaître les faiblesses des armes et tactiques de l’armée sud-viêtnamienne
et parvient dès lors à mieux la combattre.
Un exemple est la bataille d’Ap Pac. Le 2 janvier 1963, le Viêt-cong
bat l’ARVN, fortement équipée et soutenue par des hélicoptères de
combat, d’artillerie,... 4.
Dernier problème est la situation critique au Viêt-nam du Sud. Kennedy
et ses conseillers n’en tiennent pas compte, restant persuadés qu’ils
maîtrisent encore toujours la situation.
Le seul point qui leur pose problème à partir de 1963 est le régime
de Saigon qui est de plus en plus dictatorial. Toutefois, il faut attendre
le mois de mai et la persécution bouddhiste du gouvernement de Saigon pour
enfin voir une réaction américaine à l’égard du régime de Diem et de
son frère Nhu. 3.4.1.
La crise bouddhiste
Avec
la persécution des bouddhistes au mois de mai, le régime de Diem se
retrouve dans une situation précaire. L’administration Kennedy par le
biais de son chef de mission à Saigon, W. Trueheart, oblige Diem à se réconcilier
avec les bouddhistes. Après quelques semaines de négociations, un accord
est conclu le 16 juin. Mais très vite le bras de fer entre Diem et les
bouddhistes reprend. Ces
répressions mettent l’administration Kennedy dans une situation délicate,
l’opinion publique internationale critiquant le régime Diem et
indirectement son créancier, les Etats-Unis. Aussi, l’ambassadeur américain
Nolting, remplacé par Cabot Lodge au milieu du mois d’août, tente de
convaincre Diem d’arrêter les persécutions, mais sans grand succès. 3.4.2.
Réveil du département d’Etat ? De
nouvelles répressions ont lieu le 21 août sous l’ordre
du général Nhu. Les différents rapports sur les violences ne
parviennent cependant à Washington que le 24 août, jour où Kennedy, Rusk,
McNamara, McGeorge Bundy et John McCone sont absents de Washington .C’est
Roger Hilsman, convaincu que Nhu, éventuellement suivi de Diem, doit être
écarté du pouvoir, qui prend les choses en main. Il est persuadé que si
le duo Diem-Nhu se maintient au pouvoir, les choses ne pourront que
s’aggraver. Aussi,
Hilsman rédige un câble destiné à l’ambassadeur H. Cabot Lodge dans
lequel il donne le feu vert pour écarter Nhu du pouvoir.[30]
Toutefois, avant d’envoyer ce câble il fallait que Hilsman obtienne
l’autorisation des principaux décideurs.
Avec la collaboration d'Averell Harriman et de Michael Forrestal, il
va obtenir cette autorisation. Il est intéressant de reprendre un passage
du livre de McNamara qui explique la manière dont l’aval est obtenu : « Les
parrains du câble étaient bien décidés à le transmettre à Saigon le
jour même. Ils trouvèrent G.Ball sur le terrain de golf et lui demandèrent
d’appeler le président à Cape Cod. Il le fit, et J Kennedy répondit
qu’il donnerait son accord à l’envoi du câble si ses principaux
conseillers étaient tous de cet avis. George téléphona immédiatement à
D Rusk à New York et lui dit que le président était d’accord. Dean
donna son consentement, bien qu’il fût sans enthousiasme. Pendant ce
temps, Averell sollicitait le feu vert de la CIA. Puisque J. McCone était
absent, il s’adressa à R Helms, le directeur adjoint aux plans. Helms était
plutôt réticent, mais comme D.Rusk, il donna son aval parce que le président
l’avait déjà fait. »[31]
[32]
Il est intéressant d’observer que dans cette décision, sans que personne
ait donné son accord formel, Hilsman parvient
à obtenir un accord unanime. Cet accord
est toutefois remis en question dès le 25 août par Kennedy,
McNamara, Johnson, Taylor, Krulak et Nolting. Ils expriment de sérieux
doutes sur l’idée d’intervenir contre Diem et son frère, rien ne
permettant d’entrevoir que le nouveau gouvernement serait plus ouvert à
des réformes. Forrestal, R. Kennedy, Harriman, Hilsman et G. Ball
maintiennent par contre leur volonté d’écarter Diem, en estimant qu’en
le maintenant au pouvoir, les Etats-Unis seraient obligés de se retirer.
Aussi, nous constatons une division de plus en plus grande au sein de
l’administration qui va se refléter dans les journaux, chaque camp
divulguant des informations à la presse. 3.4.3.
La mission Krulak- Mendenhall Afin
de se rendre compte de la situation, Kennedy envoie le général Krulak et
J.A.Mendenhall du département d’Etat à Saigon le 6 septembre pour une
visite de quatre jours. Le 10, durant une réunion du C.N.S. , Krulak estime
que la guerre peut être gagnée indifféremment des défections du régime.
Mendenhall rapporte par contre que la guerre contre le Viêt-cong est
devenue secondaire à la guerre contre le régime et qu’il y a une grande
menace de guerre civile. Kennedy
semblera surpris de leurs divergences.[33]
Or
pouvait-il vraiment être surpris ? Depuis le début de la crise, le
Pentagone a la volonté de maintenir Diem au pouvoir, alors que le département
d’Etat veut l’en écarter. A notre sens il aurait été plus sage
d’envoyer des conseillers ne devant pas défendre la politique de leur département.
ex. Sorensen. Mais
les désaccords ne se limitent pas au terrain politique. Ils sont également
présents sur le terrain militaire. Le général Harkins, tout comme le MACV
considèrent que la situation sur le terrain est en phase d’être maîtrisée,
alors que les hommes de terrain estiment que la situation se détériore.
Ainsi, le colonel John
Paul Vann estime qu’au printemps, la marge d’erreur du body
count[34]
est de 40% et que la situation se dégrade.[35] 3.4.4.
La mission Taylor-McNamara Fin
septembre une nouvelle mission est envoyée, la mission Taylor-McNamara. Ici
encore deux questions se posent : Qu’est-ce que cette mission peut
apporter de plus que la mission précédente ? Pourquoi envoyer
principalement que des représentants du Pentagone ?
Nous revenons sur cette dernière question. 3.4.4.1.
Pourquoi envoyer principalement des représentants du Pentagone? Les
différentes missions des hauts fonctionnaires du Pentagone au Viêt-nam
sont fortement contestées par le département d’Etat qui estime que ces
visites sont néfastes politiquement et cela pour plusieurs raisons[36] : Ø
elles engagent les Etats-Unis de manière trop dense
à l’égard du Viêt-nam et plus particulièrement à l’égard de
la situation politique ; Ø
elles montrent trop leur inquiétude ; Ø
elles tendent également à
faire d’un conflit vietnamien, soutenu par l’aide logistique et par des
conseillers militaires, une
guerre américaine. Selon
Hilsman, le président Kennedy est conscient de ce problème. Mais le JCS
lui pose un problème. Le JCS étant opposé à la politique de guerre limitée
appliquée au Viêt-nam, Kennedy craint une opposition publique de sa part.
Une opposition qui serait probablement soutenue par une partie du Congrès
et qui ramènerait les Etats-Unis à l’ère du maccarthysme. Aussi,
Kennedy estime que la seule façon de ne pas mécontenter le Pentagone est
de confier le dossier au secrétaire à la Défense. Par
conséquent, tant que le JCS est
au courant de la politique menée par
McNamara et se maintient sous son contrôle, il n’a rien à craindre.[37]
Cependant,
selon nous une autre raison, que nous avons déjà développée, peut être
donnée à l’influence du département de la Défense. Celle-ci est abordée
dans le livre d'Hilsman, mais apparemment à son insu. Dans un des derniers
chapitres de son livre , il explique que Kennedy a eu la volonté de
faire du département d’Etat, l’organe principal de son administration.
Cependant, Kennedy rejette la responsabilité du fiasco de la Baie des
Cochons, 17 avril 1961, sur la CIA, le JCS et sur le département d’Etat.
Ainsi, le département d’Etat n’ayant pas répondu à ses attentes, il
s’est tourné vers le département de la Défense en désignant P.H.Nitze
comme chairman of the Berlin
task force et R.Gilpatric comme chairman
of the Vietnam task force.[38]
De plus, Kennedy trouve avec McNamara quelqu’un qui partage ses
vues. 3.4.4.2.
Les recommandations du rapport Taylor-McNamara Dans
leur rapport du 2 octobre, Taylor et McNamara dressent une série de
conclusions et de recommandations. Ils
concluent que la situation militaire progresse, mais que les tensions à
Saigon sont de plus en plus importantes. Ils estiment également que rien ne
permet de conclure qu’un coup d’Etat sera couronné de succès. Enfin,
ils estiment qu’il n’est pas clair si les pressions exercées sur le
gouvernement de Saigon porteront leurs fruits. Dans
ce rapport ils font également une série de recommandations : 1.
ne pas encourager présentement un coup d’Etat ; 2.
une série de mesures pour montrer leur désapprobation de la
politique suivie par Diem ; 3.
.... Certaines
de ces recommandations sont adoptées par Kennedy le 11 octobre dans le
document NSAM 263. Nous vous renvoyons pour plus de détails au document
reproduit en annexe, tout comme au point 3.4. qui traite de la controverse
du retrait. Durant les semaines qui suivent ce rapport,
l’administration échoue à instaurer une politique ferme à l’égard du
régime de Diem et réalise, alors que quoi qu’elle fasse elle est
d’office perdante. Aussi,
nous partageons le point de vue de Gelb et Betts : « American
officials wanted Diem to consolidate his Byzantine military command
structures and intelligence networks eliminate administrative
overlapping,and delegate more authority to subordinates. But in doing this
Diem would be giving his political rivals the tools to make a coup against
him. Moreover, any aid cuts that might have been substantial enough to
induce Diem to do what the Americains wanted him to do would have been
substantial enough to jeopardize the war effort. »[39]
Entre-temps à
Saigon, les généraux vietnamiens avec l’aide de la CIA et
l’approbation tacite de Cabot Lodge, préparent activement un coup
d’Etat. Le 1er novembre le régime de Diem est renversé.
Malheureusement, le coup d’Etat, n’apporte pas les fruits escomptés.
Les successeurs de Diem se disputent le pouvoir et le gouvernement est
remanié pas moins de sept fois en 1964. Le
coup d’Etat a-t-il été une erreur ? Selon nous non, car le
gouvernement de Diem était condamné à disparaître. Par contre là ,où
les anti-Diem ont fait une erreur à notre sens, est de ne pas avoir désigné
un successeur de l’envergure d’un Thieu, qui n’arrive au pouvoir
qu’en 1965. Ainsi,
faut-il attendre l’été 1963 avant que l’administration réalise que la
cause principale de l’échec au Viêt-nam est sa politique. Comme le déclare
McNamara : « Au bout
d’un certain temps, nous en sommes venus à comprendre que les problèmes
dont souffraient le Sud - Viêt-nam et son chef rompu aux conflits Ngo Dinh
Diem, étaient bien plus compliqués que nous ne l’avions initialement perçu.
Et nous sommes restés divisés sur la façon de les traiter. Tout au long
des années Kennedy, nous avons opéré sur la base de deux prémisses
qui ont fini par se révéler contradictoires. L’une était que la
chute du Sud - Viêt-nam, la
prise de pouvoir communiste dans ce pays, menacerait la sécurité des
Etats-Unis et du monde occidental. L’autre, que seuls les Sud -
vietnamiens pouvaient défendre leur territoire et que l’Amérique devait
limiter son rôle à assurer leur entraînement militaire et à leur
apporter un soutien logistique. »[40] 3.5.
La controverse du retrait
La controverse du retrait est née
en 1971, quand certains conseillers du président Kennedy annoncent que
Kennedy a eu l’intention de se retirer du Viêt-nam sans avoir vaincu le
Viêt-cong. Le
23 juillet 1962 à une réunion à Honolulu, McNamara impressionné par les
progrès sur le terrain estime que les Etats-Unis pourront réduire
progressivement leur soutien logistique et que trois ans seront nécessaires
afin que l’ARVN soit entièrement opérationnelle. Deux jours plus tard le
JCS ordonne une étude, Comprehensive
Plan for South Vietnam, sur les recommandations faites par McNamara. Le Comprehensive
Plan for South Vietnam est présenté le 25 janvier 1963 au JCS.
Ce rapport estime que les Etats-Unis dans les conditions actuelles
pourront se retirer entre juillet
1965 et juin 1966. En outre, le rapport
suggère d’intensifier les interventions contre le Viêt-cong. Les
conclusions de ce rapport sont confirmées par un autre rapport, rédigé
par des faucons. Ainsi,
la position américaine en janvier 1963 est celle d’un retrait après la
victoire et d’une intensification des interventions. Cette politique de
soutien au Sud, tant que l’armée sud-viêtnamienne n’est pas opérationnelle,
est réaffirmée tout au long du printemps et de l’été 1963.[41]
Même fin août, début septembre au moment des tensions avec le régime
de Saigon, le président réaffirme sa volonté de soutenir le Viêt-nam du
Sud, afin de le maintenir indépendant et résistant contre l’agression
communiste. Dans une interview au
journaliste W. Cronkite de la CBS, il déclare le 2 septembre 1963 : «
I don’t agree with those who say we
should withdraw. That would be a deep mistake »[42]
Dans l’interview du 9 septembre à la question, posée par le journaliste
David Brinkley, de savoir s’il croit à la théorie des dominos, Kennedy répond : « I
believe it, I believe it. I
think that the struggle is close enough. China is so large, looms so high
just beyond the frontiers, that if South Vietnam went, it would not only
give them an approved geographic position for a guerilla assault on Malaya
but would also live the impression that the wave of the future in Southeast
Asia was China and the Communists. So I believe it. »[43]
Enfin, dans son discours du 22 novembre(le jour de sa
mort), il était également supposé réaffirmer son soutien au Viêt-nam du
Sud et cela à n’importe quel prix.[44]
Cela est confirmé par D Rusk dans son livre, As
I saw it, dans lequel il déclare qu’il n’a jamais été question
d’un retrait sans avoir vaincu la guérilla.[45] La
position constante de Kennedy est donc celle du retrait après la victoire.
Aussi on ne peut accuser Kennedy d’une certaine duplicité. Sa rhétorique,
ses discours se rapprochent fortement de sa position dans les discussions
internes. De plus, le fait de crier haut et fort son soutien au Viêt-nam du
Sud et ensuite de laisser tomber ce pays aurait été d’un grand cynisme
et aurait remis en question l’intérêt de réputation. Le
mémorandum rédigé par le général
Maxwell Taylor du 2 octobre, confirmé partiellement par le document NSAM
263 du 11 octobre (c’est-à-dire les points B1 à B3) a également semé
le doute chez certains historiens. Le mémorandum daté du
2 octobre annonce un
retrait des forces américaines du Viêt-nam pour 1965 et un retrait de 1
000 hommes pour fin 1963. Toutefois, ce mémorandum, reproduit en annexe ne
permet pas de défendre la thèse que Kennedy ait eu la volonté de retirer
les forces américaines(sans victoire) et cela pour plusieurs raisons : n
Dans le point B il n’est nullement indiqué qu’ un retrait total
est à l’ordre du jour. Dans le point B3, il est indiqué
qu’un retrait de mille hommes se fera pour novembre 1963. A la
demande de Kennedy lui-même(dans le NSAM 263), ce retrait n’est pas rendu
public. Il estime que si le retrait ne pouvait se faire, l’administration
serait accusée d’un trop grand optimisme. Le
point B2 établit que « A
program be established to train Vietnamese so that essential functions now
performed by U.S. military personnel can be carried out by Vietnamese by the
end of 1965. It should be possible to withdraw the bulk of U.S. personnel by
that time. »[46]
De ce point, confirmé dans le NSAM 263,il semble
clair qu’un retrait ne se fera qu’une fois les forces armées sud-viêtnamiennes
formées et la situation étant sous contrôle. Un retrait sans victoire est
donc exclu ; n
Dans le NSAM 263 des instructions personnelles à l’égard de
l’ambassadeur Lodge sont également inclues pour intensifier l’effort de
guerre afin d’atteindre
l’objectif fondamental , c’est-à-dire la victoire; n
Certains présument que le mémorandum du 2 octobre a comme objectif
de forcer le gouvernement sud-viêtnamien de faire des réformes.
[47] Ce
qui semble, très probable puisque le mémorandum est quasi entièrement
consacré au régime de Diem et aux mesures à prendre à l’égard de
celui-ci.
Dans aucun des documents entre
janvier et novembre 1963 il est donc question d’un retrait. Il est
question d’un retrait après la victoire. Ni Schlesinger, ni Sorensen, ni
Hilsman abordent dans leurs ouvrages un quelconque retrait sans victoire. Aussi,
est-il intéressant de reprendre une phrase de D.Rusk qui déclare que : «
President’s Kennedy’s attitude on
Vietnam should be derived from what he said and did while president, not
what he may have said at tea table conversations or walks around the Rose
Garden. That also is the standard by which his advisers will be judged, the
standard by which public servants should always be judged. »[48]
Nous soutenons totalement cette affirmation.
Vu
son acceptation de la théorie des dominos, sa conviction que le Viêt-nam
est un exemple parfait pour combattre les wars
of national liberation et
sa détermination à l’égard du communisme, il est peu probable que
Kennedy se serait retirer du Viêt-nam sans victoire. [1] R.McNAMARA, Avec le recul : la tragédie du Viêt-nam et ses leçons, Paris, éd. du Seuil, 1996, p. 46. [2]
J.C.THOMSON Jr., « How Could Vietnam Happen ? - An
Autopsy », The Atlantic
Monthly, Volume 221, n°4, 1968. [3] Pentagon papers, pp. 125-126 (document 19). [4] L.H GELB,R.K. BETTS, op.cit., p. 74. [5] On ne parle plus, sous Kennedy de documents NSC mais bien de NSAM (National Security Action Memoranda.) [6] Bérets verts : Ces forces spéciales ont été constituées en 1952. Dès juin 1957 le Special Forces Group commence à entraîner l’armée sud-viêtnamienne à Okinawa. A partir de 1960 des Bérets Verts font des séjours de six mois au Viêt-nam. A partir de 1962, ils prennent part à un certain nombre d’opérations. La plus importante de leur mission consistait à organiser des groupes de Défense Civile Irréguliers. [7]
RVNAF :Republic
of Vietnam Armed Forces [8] L. JOHNSON, Ma vie de président, France, Buchet/Chastel, 1972, p. 78. [9] Pentagon papers, pp.141-142 (document 26). [10]
R.D. SCHULZINGER, op.cit., p. 110. [11]
D.L.DI LEO,G. BALL : Vietnam, and the Rethinking of Containment,
London, The University of North Carolina Press, 1990, p. 56. [12] Pentagon papers, p. 149 (document 29). [13] Pentagon papers, p. 151 (document 30). [14] Des conseillers et non des troupes combattantes [15] L.H GELB,R.K.BETTS, op.cit., p. 77. [16]
R. McNAMARA, op.cit.,
p. 53. [17]
NSAM-52 : « ...The
US objective and concept of operations stated in the report are approved :
to prevent communist domination
of South Vietnam ; to create in that country a viable and
increasingly democratic society, and to initiate, on an accelerated
basis,a series of mutually supporting actions of a military, political,
economic, psycholigical and covert character designed to achieve this
objective....», S.B. YOUNG, «LBJ’s strategy for
disengagement », Vietnam,
February 1998. [18]
L.H. GELB, R.K. BETTS, op.cit, p. 185. [19]
«
(...)The department of Defense be prepared with plans for the use of
United States forces in South Vietnam under one or more of the following
purposes : (a)
use
of a significant number of United States forces to signify United States
determination to defend Vietnam and to boost South Vietnam morale ; (b)
Use
of substantial United States forces to assist in suppressing Viet Cong
insurgency short of engaging in detailed counter-guerrilla operations
but including relevant operations in North Vietnam ; (c)
Use
of United forces to deal with the situation if there is organized
Communist military intervention. » , (Pentagon
Papers, pp. 150-153.) [20]
R.McNAMARA, op.cit., p. 58. [21]
Ibidem,
p. 58. [22]
R. HILSMAN,To Move a Nation, op.cit., pp. 465-467. [23]
D. ARTAUD, op.cit., p. 239. [24]
D. RUSK, op.cit., p. 439. [25]
A.M SCHLESINGER, A Thousand Days : J.F. Kennedy in the White
House, Fawcett Publications INC.,
1965, p. 508. [26]
J.C.THOMSON Jr., « How Could Vietnam Happen ? - An
Autopsy » ; The
Atlantic Monthly, Volume 221, n°4, 1968. [27]
H.P. FORD, CIA and the Vietnam policymakers : Three episodes
1962-1968, Center for
the study of Intelligence, April 1997 (www.odci.gov/csi.). [28]
Ibidem [29]
L. JOHNSON, op.cit., p. 82. [30] Le câble est reproduit dans l’annexe(document 35). [31] R McNAMARA, op.cit., p. 65. [32]
D.L. DI LEO, G.BALL ,op.cit., p. 61. [33]
« You two did visit the same country, didn’t you ? » [34] La notion de body count : Comme l’explique T.J. Lomperis trois séries de calculs permettent selon les Américains, de calculer les progrès réalisés sur le terrain : a) les rapports du Hamlet Evaluation System (HES) : cette méthode regroupe les 12 000 hameaux en cinq catégories : secure, insecure, contested, enemy-infested, ennemy-held. b) le body count des VC c) le rapport de forces VC/NVA De
manière générale, ces méthodes posent trois problèmes majeurs :
au niveau de l’interprétation des données,
au niveau de la disparité de la collecte des informations et
la structure politique du Viêt-cong ne permet pas de répartir les
hameaux selon les catégories mentionnées au point A.
Des trois, le département de la Défense estime que c’est le body
count qui est le plus fiable. La pratique du body
count repose sur une informatisation poussée à l’échelle de
chaque base permanente. Elle doit permettre de tenir un compte précis
de tout, des morts ennemis aux armes saisies ou perdues, au matériel détruit,
à la quantité de rations consommées, au nombre de GI’s blessés. De
manière générale la guerre repose sur une débauche technologique et
une puissance de feu considérable. Les bombes sont de plus en plus
sophistiquées : fragmentation,phosphore guidées avec précision ;
tous les modèles d’avion sont mis au service de la guerre (B-26,
B-52, Phantoms, Skyraiders,...) Les Américains ont donc pleine
confiance dans leurs moyens techniques, paraissant invincibles et
incomparables à ceux de l’adversaire. Les militaires américains sont
persuadés que leur puissance de feu fera la différence, d’où
l’importance accordée au body
count qui mesure la réussite des opérations. Dans les premiers
combats de 1965-1966, la proportion de un Américain tué pour quinze Viêt-cong
satisfait l’Etat-major et semble conforme aux prévisions. Cependant,
la précision du décompte est très relative. Durant une action il est
bien difficile de compter juste et le capitaine d’une unité a tout
intérêt à fournir un body
count qui lui permettra d’être bien considéré à l’échelon
supérieur pour obtenir la promotion souhaitée. (J. RECORD, « Vietnam
in retrospect : Could we have won ? », Parameters,
1996-1997, B. COLSON, La culture stratégique américaine, op .cit.,
pp. 243 es.) Cette technique a donc de nombreux effets pervers. McNamara
s’efforce tout de même de gérer la guerre en fonction des
statistiques et de donner à toute opération réussie une dimension
quantifiable. Comme le déclarera
Nguyen Giap en 1969 : « The
United States has a strategy based on arithmetic. They question the
computers, add and substract, extract square roots, and then go into
action. But arithmetical strategy doesn’t work here. If it did,
they’d have already exterminated us. » [35] M. DELAPORTE, La politique étrangère américaine depuis 1945, Paris, éd Complexe, 1996, p. 88. [36]
R. HILSMAN, The Politics of Policy-making in Defense and Foreign
Affairs, op.cit., p. 6. [37]
R. HILSMAN, To Move a Nation, op.cit., pp. 507-508. [38]
R. HILSMAN, The Politics of Policy-making in Defense and Foreign
Affairs, op.cit., pp. 160-170. [39]
L.H.GELB,R.K. BETTS, op.cit., p. 84. [40]
R. McNAMARA, op.cit., p. 43. [41]
N. CHOMSKY, Rethinking Camelot,
South End Press, 1993. [42]
CBS Interview, September 2 and 9, 1963, « President
Kennedy’s television interviews on Vietnam ». [43]
CBS Interview, September 2 and 9, 1963, « President
Kennedy’s television interviews on Vietnam ». [44]
R.D.SCHULZINGER, op.cit., p. 125. [45]
« ...to my recollection we never seriously considered the option
of outright withdrawal and allowing South Vietnam to be run by the
Communists. », cite
dans D. RUSK, op.cit, p. 374. [46]
Memorandum from the Chairman of the Joint Chiefs of Staff and the
Secretary of Defense to the president, October 2, 1963. [47]
T. WEINER, « Kennedy had plan for early Vietnam Exit », New
York Times, December 23,1997. [48]
D.RUSK, op.cit., p. 382.
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