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Dietrich von Bülow

 

Esprit du système de la guerre moderne

 

 

Résultat

 

Voici les principes relatifs à l’art moderne de la guerre, qui dérivent des recherches précédentes :

« Il est nécessaire d’avoir des magasins et des forteresses qui les renferment.

« Il ne l’est pas moins d’avoir un rang de forteresses, sur une même ligne, pour servir de base.

« Afin d’entreprendre avec sûreté une opération offensive contre l’ennemi, il faut que les deux forteresses des extrémités de cette ligne, soient situées à une telle distance l’une de l’autre, que les deux lignes d’opération, qui en émanent, en se rencontrant à l’objet de l’opération, forment un angle au moins de 90 degrés.

« On arrête mieux les progrès de l’ennemi en se plaçant à côté de lui, que si l’on se met en face.

« Jamais il ne faut souffrir une opération offensive en s e contentant de se défendre ; il faut se mettre soi-même sur l’offensive, en faisant des diversions sur les flancs et les der­rières de l’ennemi.

« Il faut, aussitôt que possible, abandonner les positions, et les marches défensives parallèles, pour suivre la méthode des diversions dont nous venons de parler.

« Les subsistances de l’armée ennemie doivent être, plus qu’elle-même, l’objet des opérations.

« Il est facile de déduire de ces diverses règles stratégiques ce que l’on ne doit pas faire ; c’est-à-dire que tout ce qui leur est contraire est mauvais. Ainsi, c’est une faute de n e pas se ba­ser suffisamment, et d’opérer sur une seule ligne, et dans un angle aigu, etc.

« De même que toute opération offensive doit être concen­trante, toute retraite doit être excentrique.

« Toutes ces règles de Stratégie sont applicables à la Tactique, en changeant la base en ligne de bataille, et les lignes d’opération en lignes de marche et de feu.

« Il est toujours possible d’éviter un combat, en ne laissant pas trop approcher l’ennemi de soi.

« Il ne faut jamais attendre une attaque en place, mais se mettre soi-même en mouvement pour attaquer, même quand on aurait une position inexpugnable.

« Il n’y a aucune position qui ne puisse être tournée.

« Il ne faut qu’occuper et amuser le front de l’ennemi, et l’attaque sérieuse doit être dirigée sur les flancs.

« Il faut envelopper l’ennemi, c’est-à-dire avoir un plus grand front que lui.

« On l’enveloppe quand on est sur ses flancs, fut-on même très inférieur en nombre.

« Il est plus efficace de combattre en tirailleurs qu’en rangs serrés ; et d’ailleurs il est bien plus facile de mettre le désor­dre dans ces derniers.

« Comme on s’étend davantage en tirailleurs que de l’autre manière, il est aussi plus aisé à des tirailleurs d’arriver sur les flancs de l’ennemi.

« L’infanterie doit constamment être soutenue par 1 a cavale­rie. Ce qu’il y a de mieux pour remplir cet objet, est de placer la dernière en seconde ligne derrière la première. Une colonne est la meilleure forme de défense à prendre contre la cavale­rie.

« Il faut donc ou tirailler ou se mettre en colonne.

« Mais l’expérience apprend que la cavalerie, quand elle est brave, triomphe même d’une infanterie en colonne, ce qui pro­vient du genre d’armure de celle-ci.

« Par conséquent il ne faut jamais, même dans les terrains qui paraissent les plus impraticables pour les chevaux, qu’une infanterie soit abandonnée, sans cavalerie pour la sou­tenir.

« Les retraites après les combats doivent avoir lieu excentri­quement, promptement, et couvertes par la cavalerie ; ainsi protégées, les retraites peuvent s’effectuer en désordre.

« Il faut, après un combat perdu, penser sur-le-champ à de nouvelles opérations offensives. Pour n’être pas réellement battu, qu’on s’imagine seulement qu’on ne l’est point. C’est le cas de commencer la guerre de troupes légères, d’éviter les batailles, et de se contenter d e manœuvrer. »

Nous examinerons, dans la partie suivante, les suites du système de guerre moderne, qui résulte lui-même de la nécessité d’une base d’opération.

 

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