Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Dietrich von Bülow

 

Esprit du système de la guerre moderne

 

 

Des retraites en arrière de la base ; des retraites sur une seule ligne et de cel­les qui sont concentrées en forme d’angle aigu ou obtus

 

Après avoir traité des opérations offensives, appuyées sur une base, et de cette base en elle-même, il est dans l’ordre et dans la nature du sujet de considérer les opérations en retraite derrière la base.

Une retraite en une seule ligne est une faute majeure ; car il est clair que si l’armée C (fig. 24) se retire d’A vers B sur la ligne A B, l’ennemi (en destinant une très petite partie de ses forces à occuper l’arrière - garde de l’armée C, et à l’arrêter dans sa marche) peut détacher d’ailleurs deux corps d d sur les flancs de cette armée, qui lui couperont le point B ou qui arriveront à ce point avant elle ; dans lequel cas, elle serait enveloppée. Bien plus, tout le pays situé à droite et à gauche de la ligne A B tomberait entre les mains de l’ennemi, tandis qu’il est de règle de couvrir, dans une re­traite, autant de pays qu’il est possible.

Une retraite concentrée de telle nature que, d’une po­sition étendue, on se replie vers une plus resserrée, en sorte que les deux lignes d’opérations des extrémités A B (fig. 25), se rencontrent à l’objet de la retraite C, en formant un angle aigu ou, comme dans la fig. 26, un angle obtus ; une telle re­traite, dis-je, n’aurait pas une meilleure issue. Les mêmes désavantages que nous venons d’exposer, en parlant des re­traites sur une seule ligne, se rencontreraient ici. Il y aurait une circonstance qui pourrait déterminer un général à se retirer ainsi, ce serait dans la vue de couvrir une place im­portante, une capitale, par exemple, en prenant une position avantageuse qui est indiquée par C, dans les figures. Le lieu important à couvrir serait probablement situé à D. Mais néanmoins cette mesure serait sans effet, si l’ennemi était versé dans l’art de la guerre, et qu’il opérât sur les flancs de l’armée qu’il poursuivrait. La meilleure manière de couvrir un pays qu’on a derrière soi est de se jeter sur les flancs de l’ennemi qui avance, et de changer, par ce mouvement hardi, la défense en attaque. Mais, dans tous les cas, la conduite la plus absurde à tenir est de l’attendre dans sa position, et de souffrir ses braveries.


 

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