| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Institut d'histoire militaire comparée Commission française d'histoire militaire
Dietrich von Bülow
Esprit du système de la guerre moderne
Section VIIIDes retraites parallèles et excentriques Une retraite en lignes parallèles comme dans la base AB (fig. 27), en quatre corps, 1, 2, 3, 4, sur les lignes A C E G, F H, B D, est meilleure, sans doute, que les retraites concentrées que nous venons d’examiner. D’abord le pays est mieux couvert par le moyen de ces lignes parallèles ; en second lieu, l’ennemi ne peut pas si facilement insulter vos flancs, attendu qu’on est soit même en état d’insulter les siens, et d’arrêter par là ses progrès. D’ailleurs il craint d’avancer avec trop de promptitude, dès l’instant que son attention est partagée dans l’attente de ce qu’on peut entreprendre contre lui. Mais il y aurait quelque chose de mieux encore, ce serait de faire un pas de plus vers la perfection, et de se retirer excentriquement. Les retraites parallèles se soutiennent par l’opinion que l’on couvre mieux un pays, quant on le laisse droit en arrière de soi, et que l’on arrête mieux les progrès de l’ennemi quant on s’y oppose d’une manière directe. En effet cela paraît sensible. Mais les sens n’enseignent souvent que des erreurs. Ce sont de fausses lueurs qui nous entraînent dans un lieu fangeux, et le cas présent en est la preuve. Cette opinion n’était pas même parfaitement fondée chez les anciens, bien moins encore l’est-elle chez les modernes. De nos jours l’on n’arrête pas son ennemi en s’opposant à sa partie la plus forte, à son front ; mais au contraire en arrêtant ses flancs qui sont ses parties les plus faibles ; en l’inquiétant sur ses derrières ; en menaçant ses subsistances et sa communication avec les sources de sa puissance. Il suit de là que les retraites excentriques sont les meilleures. Une armée (fig. 28) qui depuis a b c d e se retire vers g h i k ne court aucun risque de voir avancer l’ennemi dans l’arc f k ; car celui-ci se mettrait, par ce mouvement, en danger d’être enveloppé. Mais la chose est si claire, et nous en avons déjà si souvent parlé, que ce serait faire un mauvais emploi du temps que de s’étendre davantage sur ce sujet. On a donné comme une règle, depuis longtemps, qu’il est essentiel dans les retraites de se partager en différentes colonnes pour diviser l’attention de l’ennemi. Mais il n’est pas de ma connaissance qu’on ait jamais établi les retraites excentriques en principe, quoique je pense avoir démontré qu’il n’est point de plus important maxime de guerre. J’ai déjà fait voir que cette manière d’attirer sur plusieurs points l’attention de l’ennemi, était à proprement parler, une inquiétude qu’on lui inspirait pour ses flancs et pour ses derrières. D’ailleurs il résulte tout naturellement de ce qui a été dit plus haut sur l’infructuosité des opérations offensives divergentes, ainsi que de celles qui sont dirigées sur une seule ligne ou sur un angle aigu que les retraites excentriques sont à préférer à toutes les autres. Puisque les opérations concentrées sont les plus avantageuses dans l’attaque, les excentriques doivent nécessairement jouir du même privilège dans sa défense ; tout devant être en opposition dans deux genres de guerre qui ont une nature et des intérêts contradictoires.
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