| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Institut d'histoire militaire comparée Commission française d'histoire militaire
Dietrich von Bülow
Esprit du système de la guerre moderne
Section IIUne conséquence de ce qui vient d’être exposé est que les petits États dans l’avenir, ne seront plus vainqueurs des grands mais qu’ils finiront au contraire par en devenir la proie Cette proposition n’est plus douteuse d’après ce qu’on a vu ; car, puisque le nombre et la quantité des moyens de guerre doivent tôt ou tard décider du succès, il est clair que les petits États ne peuvent rien contre les grands, qui sont mieux pourvus des éléments de la victoire. Si, comme parmi les anciens, le courage et la discipline pouvaient se mesurer avec la masse et balancer son effet, nous verrions encore aujourd’hui de petits États renverser des empires immenses. Mais nous avons démontré que toute énergie morale, toute perfection militaire individuelle réunie dans un petit nombre, échouaient nécessairement contre un grand. Ceci suppose cependant la condition que l’on sait faire de sa supériorité un usage conforme au système actuel de la guerre, et cette observation ne doit pas être oubliée. Sans doute on a vu de nos temps les faibles résister aux forts, mais toujours uniquement par la faute des derniers. Il faut avouer, au surplus, que l’art de la guerre, tel qu’il existe aujourd’hui, n’a été parfaitement développé que très récemment, et que par conséquent on saura mieux dans la suite mettre son excédant de puissance à profit. Non seulement les grands empires contiennent plus d’hommes et d’éléments de guerre de tous genres que les petits États, mais encore leurs frontières sont nécessairement plus étendues. Ordinairement les frontières du grand État enferment celles du petit. Tous les moyens militaires du premier se développent dans la forme la plus avantageuse pour lui, à l’égard de l’autre. Qu’on juge à qui doit demeurer la victoire ? Je ne parle que des États qu’on a dans son voisinage ; car, suivant la nature des choses, on attaque son voisin avant d’en venir aux plus éloignés ; mais il faut que ceux qui se trouvent entre deux se déclarent pour ou contre le puissant. S’ils sont contre, la question est changée, car plusieurs petits États réunis en forment un grand. Dans ce cas cependant, l’avantage est encore pour l’État où le gouvernement a la majeure partie des moyens coercitifs entre les mains, par la concentration du pouvoir en un seul corps politique ; ce qui n’existe pas dans la confédération de plusieurs États indépendants.
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