| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Hommage à Pierre Dabezies
Coutau-Bégarie et moi avons assisté aux obsèques de Pierre Dabezies, au milieu de l’assistance qui se pressait dans la chapelle de l’École militaire. Nous saluions ainsi le dernier président de la Fondation pour les études de défense nationale dont avaient dépendu la CFHM et l’Institut d’histoire des conflits contemporains. Il était aussi mon camarade de promotion, cette “promo” Victoire (Coëtquidan 1945) si atypique et dont il fut un des membres les plus dynamiques. Né en 1925 à Casablanca, mais d’origine gasconne ; études à Bordeaux interrompues par la résistance à Témoignage chrétien, puis parachutiste. Deux séjours en Indochine, trois fois blessé, chevalier de la Légion d’honneur comme sous-lieutenant. En même temps, études de droit. Capitaine à Madagascar, est mis aux arrêts de rigueur pour avoir approuvé publiquement la position du général de La Bollardière sur la torture. En Algérie, il est l’adjoint du colonel Trinquier, dans le secteur d’El Milia quand le lieutenant-colonel Messmer, venu faire une période de réserve, apprend qu’il est nommé ministre de la Défense. Messmer repart avec ce capitaine parachutiste-juriste comme aide de camp. P. Dabezies commande ensuite, dans des circonstances particulièrement difficiles, un bataillon du 11e Choc. Il est admis en 1964 à l’École supérieure de guerre, puis quitte l’armée. Il est agrégé de droit et devient professeur à l’Université de Paris I où il crée, en 1970, le CEPODE, premier centre parisien d’études de défense, qui suit de peu les initiatives d’André Martel à Montpellier. Parallèlement, il entame une carrière politique, comme gaulliste de gauche. Il est élu député de Paris en 1981, mais est invalidé. En compensation, il est nommé ambassadeur au Gabon où il reste cinq ans. Après son retour en France, il sera nommé président de la Fondation pour les études de défense nationale et devra en subir la dissolution. P. Dabezies était très lié à J.P. Chevènement. Il fut de tous ses cabinets ministériels, et encore récemment, à l’Intérieur. Et bien que déjà malade, il le soutint dans sa campagne électorale pour la présidence de la République. Après la messe, dans la cour d’honneur de l’École militaire, l’éloge funèbre a été prononcé – dernière originalité conforme à l’homme – par un jeune commandant féminin parachutiste, probablement une de ses anciennes élèves, qui sut évoquer avec finesse le parcours assez exceptionnel de P. Dabezies. Remarquable combattant, universitaire, ambassadeur, grand-officier de la Légion d’honneur, il n’a jamais mis ses opinions dans la poche. Batailleur mais droit et fidèle dans ses amitiés. Que son cercueil ait été porté par six officiers parachutistes et que le président de notre “promo”, lui-même ancien officier parachutiste, ait tenu à porter le coussin des décorations, prouve qu’au-delà des divergences politiques, la fraternité d’arme et de combat l’emportait. Jean
Delmas |
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