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Bibliographie

Bibliographie1

* Colonel Gérard Bieuville, sous-lieutenant Pierre Perrier, Les Gouverneurs militaires de Paris, Connaissances et mémoires européennes, Gouvernement militaire de Paris, 1999, in-4°, 270 p. + ill. Ce livre écrit à l’initiative du général Marcel Billot, gouverneur militaire de Paris, est à la fois un ouvrage de prestige et une étude scientifique estimable dont le titre caractérise exactement la portée. En effet, dans l’état actuel de nos connaissances, il est encore impossible de faire une synthèse concernant le gouvernement militaire de Paris. L’institution, dont l’origine est pleine d’ombres, connaît deux phases. Sous l’Ancien Régime, le gouverneur militaire de Paris a un rôle limité par rapport à ses collègues de province, puisqu’il n’a guère à représenter le roi, présent dans sa capitale. Supprimée à la Révolution, la charge est rétablie en 1804, renforcée par le commandement militaire. Si l’histoire du gouvernement militaire reste à écrire, du moins le livre offre une excellente suite de biographies. Après Murat flamboyant et Hullin efficace, l’institution se consolide. Certains gouverneurs sont confrontés à la guerre : 1814, 1815, 1870, 1871, 1914, avec Gallieni, 1940, 1944, avec Koenig… L’ouvrage est doté d’une remarquable illustration. A.C.

* Philippe Nivet (dir.), La Bataille en Picardie. Combattre de l’Antiquité au xxe siècle, Amiens, Encrage, 2000, 254 p. Philippe Nivet a réuni dans ce volume les actes de deux colloques tenus à Amiens en 1998 et 1999. Le champ chronologique couvert est très vaste, avec une étude sur les batailles de César, un siège médiéval, une bataille et un siège du xvie siècle, une bataille de la guerre franco-allemande de 1870-1871 et deux études sur les batailles de la Somme en 1940. Mais c’est la Première Guerre mondiale qui se taille la part du lion avec pas moins de six études, dont une, très importante, par Anne Duménil sur la bataille de la Somme et l’expérience de combat des soldats allemands de la Grande Guerre qui laisse augurer favorablement de la thèse qu’annonce cet auteur. Stéphane Audouin-Rouzeau ouvre le volume par une intéressante introduction sur la difficulté de définir une bataille. À travers toutes les contributions, apparaît la complexité de l’objet bataille et l’absence de déterminisme : tout peut basculer au moment décisif par la réaction de quelques-uns ou une peur panique incontrôlable. Dans sa conclusion, Philippe Nivet souligne le dépassement de l’histoire militaire classique, les approches actuelles s’orientant vers l’histoire de l’individu vers la bataille. Mais cette nouvelle orientation n’en rend pas caduque pour autant l’approche traditionnelle. H.C.-B.

* Arnold Keller, Géographie militaire du Jura bernois, Berne, Société des officiers du Jura et du Jura bernois — Bibliothèque militaire fédérale — éditions Le Roset, 2000, 190 p. + cartes. De 1906 à 1922, le colonel (rappelons qu’il n’y a pas de général en Suisse, sauf circonstances exceptionnelles) Arnold Keller, ancien chef de l’état-major général, rédige une "géographie militaire de la Suisse jusqu’à ses confins" en 34 volumes (à peu près un par canton) qui sera classifiée pendant de longues années. Elle est accessible et deux cantons ont déjà été publiés en allemand. Le volume sur le Jura bernois, écrit en 1907, est publié dans une traduction française avec une très substantielle préface du colonel Hervé de Weck et du capitaine Derck Engelberts. Ce livre est remarquable par son refus du dogmatisme géologique et par son souci opérationnel qui le rend beaucoup plus lisible que la production française de la même époque. H.C.-B.

* Odile Roynette, "Bons pour le service". L’expérience de la caserne en France à la fin du xixe siècle, Paris, Belin, 2000, 462 p. L’histoire sociale des soldats a connu un très grand développement pour l’époque moderne avec les travaux classiques d’André Corvisier, de Jean Chagniot, de Jean-Pierre Bois… La période contemporaine a été relativement moins bien traitée, mais les travaux se multiplient depuis quelques années. La thèse d’Odile Roynette s’inscrit dans ce courant. Bien qu’allégée par rapport au texte initial, elle n’en reste pas moins substantielle avec l’étude du service militaire et de l’organisation de l’armée, puis des conscrits et de l’expérience de la caserne. H.C.-B.

* Centre d’Études d’Histoire de la Défense, sous la direction de Maurice Vaïsse, L’Armée dans la guerre d’Indochine, 1946-1954, Bruxelles, Complexe, 2000, 364 p. Le CEHD avait organisé en 1998 un colloque sur la guerre d’Indochine dont voici les actes. Quatorze communications regroupées en quatre parties : le contexte politique et financier, avec notamment le poids financier de la guerre et le rôle des États-Unis ; l’adaptation des hommes avec notamment la participation des autochtones à la guerre du côté français ; l’adaptation opérationnelle et tactique sur le terrain et sur le plan du renseignement ; l’adaptation des armes, blindés, marine et armée de l’Air. Une partie des débats est également reproduite. L’ensemble est de très haute tenue et illustre le développement des études sur la guerre d’Indochine. H.C.-B.

* Klaus-Richard Böhme & Gunnar Aselius (eds), Why Military History ?, Stockholm, Försvarshögskolan, 2000, 116 p. Le Collège royal de Défense a organisé un colloque international sur l’utilité de l’histoire militaire dont voici les actes, sous une présentation très sobre. Les contributions sont généralement très brèves, avec la conséquence inévitable de présenter un survol plutôt qu’une étude approfondie de la situation dans tel ou tel pays. Seule véritable exception, l’étude d’Erving B. Holley Jr sur l’utilisation de l’histoire militaire par les forces armées américaines. Mais on relève cependant dans plusieurs communications des observations pertinentes qui font de ce petit livre en anglais une lecture utile. H.C.-B.

* Ferruccio Botti, La Guerra marittima e aerea secondo Romeo Bernotti, Rome, Forum di Relazioni Internazionali, 2000, 292 p. L’amiral Bernotti est l’un des principaux auteurs navals italiens de l’entre-deux-guerres et l’un des rares qui ait accédé à la notoriété internationale. Castex lui avait consacré quelques commentaires flatteurs. Le colonel Ferruccio Botti, dont on connaît l’inlassable activité pour faire connaître la pensée militaire italienne, a eu l’heureuse idée de rééditer une partie de son grand livre sur la guerre maritime, complété par son article sur la guerre aérienne qui constituait une réponse à l’impérialisme du tout-aérien du général Douhet. L’ensemble est précédé d’une substantielle présentation par le colonel Botti qui fait bien ressortir l’intérêt de Bernotti, historien et théoricien, que les chefs italiens de 1940 prendront soin de laisser dans l’inactivité. H.C.-B.

* Ministère de la Défense, Manuel de droit des conflits armés, Paris, 2000, 142 p. La direction des Affaires juridiques du ministère de la Défense a élaboré ce manuel qui est plutôt un dictionnaire, avec 119 notions qui vont des actions civilo-militaires aux zones protégées. À chaque fois sont données les définitions officielles de l’ONU (Charte, Convention de Genève, grands traités internationaux…), de l’OTAN ou françaises (documents doctrinaux, instructions ministérielles, glossaire interarmées…) avec renvoi à d’autres références. Les commentaires sont réduits au minimum afin de présenter un guide aussi neutre que possible. Les développements sont donc brefs, mais très clairs et pédagogiques. Ce manuel-dictionnaire devrait rendre les plus grands services, s’il est convenablement diffusé. H.C.-B.

En complément de la remarquable étude de Bernard Peschot, La Chouannerie en Anjou, on lira avec profit la brillante conférence de Simone Loidreau, "Vendéens et Chouans", publiée en deux parties dans la Revue du souvenir vendéen, 211-212, juin et septembre 2000, qui souligne les différences de tous ordres entre les deux mouvements et les raisons historiques et littéraires d’un amalgame qui dure encore. H.C.-B.

* Revue historique des armées, 2000-2, "L’année 1940". La RHA ne pouvait laisser passer le 60e anniversaire de 1940 sans consacrer un numéro commémoratif à cette malheureuse campagne. Tous les aspects sont abordés, de la percée des Ardennes au débarquement de Narvik, de l’impossible reconstitution des unités en Normandie aux débuts de la France libre. À signaler deux essais biographiques sur l’amiral Gensoul et le général Odic, ainsi qu’un très intéressant entretien avec Robert Paxton dont on connaît la grande influence sur l’historiographie de Vichy. H.C.-B.

* Marines, hors série n° 4, octobre 2000, "Sous-marins nucléaires". Le capitaine de vaisseau Claude Huan a conçu ce numéro entièrement consacré aux sous-marins nucléaires, lance-missiles ou d’attaque. L’Union soviétique, les États-Unis, la France et la Chine sont passés en revue tandis que des notes plus brèves décrivent les projets qui n’ont pas abouti : Inde, Canada, Brésil, Italie, auxquels on aurait pu ajouter la Suède et les Pays-Bas (mais il est vrai que, dans ces deux derniers cas, on n’a guère dépassé le stade des notes d’état-major). Toutes ces études sont très intéressantes, la plus riche est, évidemment, celle du commandant Huan sur les sous-marins soviétiques et russes qui apporte une masse d’informations nouvelles à partir d’archives récemment ouvertes. En annexe de cet article, une longue note fait le point sur ce que l’on peut dire sur la catastrophe du Koursk. H.C.-B.

* Le Centre vendéen de recherches historiques annonce la parution prochaine du n° 7 de sa revue Recherches vendéennes, consacré aux "Poilus vendéens : lettres, photographies, carnets de route inédits", 540 pages. Prix de souscription : 140 F, chèque à l’ordre de l’ADRHV. Centre vendéen de recherches historiques, 14 rue Haxo, B.P. 34, 85001 La-Roche-sur-Yon Cédex. M.A.H.

* La guerre des dictionnaires aura-t-elle lieu ? Le Dictionnaire de la pensée stratégique, de François Géré, avec la collaboration de Thierry Wideman (Larousse) précède de quelques semaines le Dictionnaire de stratégie, dirigé par Jean Klein et Thierry de Montbrial (PUF). Ils feront l’objet d’une note critique dans une prochaine livraison de Stratégique. H.C.-B.

* Isabelle Schoen-Maraval, Itinéraire d’Yves Schoen à travers ses lettres, 348 pages. Mémoire de maîtrise d’Histoire. Université de Franche-Comté. Directeur : Olivier Dard. Isabelle Schoen avait trois mois lorsque son père, lieutenant chef de SAS, a été tué en opérations (18 février 1959). Quarante ans après, elle découvre la personnalité de son père, grâce à 200 lettres, à de nombreux témoignages d’officiers SAS, et à des recherches dans les archives d’outre-mer à Aix. En juillet 1957, le lieutenant Schoen devient chef de SAS à l’Alma, où il fait preuve d’éminentes qualités d’administrateur, de diplomate et de chef militaire. En 19 mois il produit un travail considérable dans tous les domaines : scolarisation, développement économique, assistance médicale, infrastructure routière. Sa mort au combat est vivement ressentie par la population musulmane et par les officiers SAS. Le texte d’Isabelle Schoen n’est pas seulement inspiré par le devoir de mémoire filial, c’est aussi un travail scientifique rigoureux. M.F.

* Michel Cornaton, Les camps de regroupement de la guerre d’Algérie, 1967, 304 pages, L’Harmattan, 1998. Professeur de psychologie sociale à Lyon II, Michel Cornaton a réédité sans le modifier son texte de 1967 sur les camps de regroupement. Il y a ajouté cependant une postface de Bruno Etienne, et un avant-propos personnel, où il reprend sa surévaluation précédente : 2 350 000 regroupés en avril 1961 (plus 1 175 000 recasés), alors que les statistiques indiquent 1 900 000 (confirmé par le Comité des Affaires algériennes, SEAA n° 33). Le gonflement des chiffres est chez lui coutumier, puisqu’en 1998 il énonce 2,5 millions de jeunes mobilisés, 28 500 morts, 200 000 blessés, des centaines de milliers d’Algériens tués. Dans sa postface percutante (Amnésie, amnistie, anamnèse) Bruno Etienne énonce d’autres exagérations : un million de réfugiés au Maroc et en Tunisie, alors qu’ils ne dépassaient pas 110 000 au Maroc et 70 000 en Tunisie, Cornaton se montre très critique vis-à-vis des zones interdites et des regroupements, dont il conteste l’efficacité militaire. Très rarement spontanés, ils auraient, selon lui, facilité la propagande et les collectes du FLN, et contribué à l’éveil de la conscience nationale algérienne., tout en aggravant la misère des fellah. Tous les commandants de zone se sont cependant félicités de l’efficacité opérationnelle des zones interdites, confirmée par le responsable Intendance de la wilaya 2. L’existence de regroupements insalubres a été reconnue dès 1957, elle a conduit au lancement de la politique des 1 000 villages, qui en 1962 faisaient l’admiration des officiers de l’ALN extérieur. Selon les témoignages des officiers SAS, le jugement négatif sur les regroupements n’est valable que pour les regroupements dits provisoires. Or il se trouve que même ces derniers se sont maintenus après 1962. Alors que les recasés des villes occupaient les biens dits vacants, les regroupés restaient dans les villages où ils bénéficiaient du progrès : l’eau, l’électricité, le butagaz et l’école. Véritable transformation sociale, le déracinement des fellah se serait accompagné de la disparition des troupeaux, de l’abandon des terres de montagne, de l’éclatement de la famille patriarcale et de l’émancipation de la femme. Cette partie de la thèse est tout à fait passionnante. M.F.

* Serge Kastell, Le maquis rouge. L’aspirant Maillot et la guerre d’Algérie. 1956, Préface d’Henri Alleg, L’Harmattan, 1997, 283 p. Cet ouvrage a été écrit par un chercheur marxisant, qui a recueilli les témoignages de la plupart des survivants et consulté ouvrages historiques et articles de presse, mais sans effectuer de recherches dans les archives, où il aurait pu trouver les compte-rendus officiels sur cette affaire. L’auteur décrit de façon précise, et avec admiration, la carrière et la personnalité des militants du PCA qui dès 1955 ont pris parti pour l’indépendance algérienne (Hadjerès, Alleg, Laban, Hadj Ali, Maillot, Marylise ben Haïm... etc.). Intéressants sont les chapitres consacrés au parcours des précurseurs de 1940 à 1954 ; au maquis rouge proprement dit, qui n’a duré qu’un mois et demi et ne comptait que huit hommes dont deux Européens ; aux négociations FLN-PCA de mai-juin 1956, qui aboutissent à l’intégration des Combattants de la Libération dans le FLN-ALN ; à la destination des armes de Maillot, dont la plupart vont à la wilaya 4 et seront utilisées dans des embuscades meurtrières. M.F.

* Commission suédoise d’histoire militaire, Solidarity and Defence. Sweden’s Armed Forces in International Peace-Keeping Operations during the 19th and 20th Centuries, édité par Lars Ericson, Stockholm, 1995, 157 pages. Cet ouvrage collectif relate les opérations auxquelles l’armée suédoise a été amenée à participer au profit des missions de maintien de la paix de l’ONU. Dans la préface, Eric Norberg replace ces interventions dans le cadre de la politique suédoise de neutralité. Au xviiie siècle, des navires suédois participaient à la protection armée des convois face aux pirates barbaresques d’Afrique du Nord, et en 1801, l’amiral Cedeström bloquait le port de Tripoli, négociait avec le pacha et obtenait la libération de 147 prisonniers. D’autres interventions sont évoquées : - en 1848 dans l’île de Fyn pour défendre les Danois contre les menaces prussiennes - en 1918 dans les îles Äland pour obtenir l’évacuation des Russes - en 1920-21 et en 1935 pour le contrôle des referendums à Vilna, et en Sarre - en 1938 par la participation au Comité de non-intervention en Espagne en vue du retrait des Brigades internationales (dans lesquelles 500 Suédois s’étaient engagés). En 1948, l’assassinat du Comte Bernadotte, médiateur au Moyen-Orient, déclencha le processus des missions de maintien de la paix de l’ONU, auquel la Suède participa par l’envoi d’observateurs et de contingents nombreux : Moyen-Orient, Cachemire, Corée, Indonésie, Yemen, Afghanistan, Koweit, Amérique centrale, Congo, Chypre, Namibie, Cambodge, Bosnie. 55 000 Suédois y ont pris part de 1948 à 1989, 58 ont été tués. L’intervention au Congo a donné lieu à des combats terrestres et aériens violents. Les derniers chapitres sont consacrés à l’analyse de la politique de l’ONU, et à la présentation du Centre d’entraînement international suédois au service de la paix. Cet ouvrage est d’un grand intérêt, et confirme l’expérience acquise par l’armée suédoise en matière de maintien de la paix. M.F.

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Notes:

 

1 Avec la collaboration de Marie-Annick Hepp, Geneviève Salkin, André Corvisier, Hervé Coutau-Bégarie, Maurice Faivre.

 

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