Colloques
Colloques
Colloques
passés
Le Service
Historique de l’Armée de Terre et le Centre d’Études d’Histoire
de la Défense ont organisé, le 25 septembre 2000, une journée
d’études sur l’analyse pluridisciplinaire d’un événement
d’histoire militaire : "L’exemple de la bataille de
Marengo". Les actes devraient en être publiés.
La Fondation pour
la Recherche Stratégique a organisé, le 27 septembre 2000 au Sénat,
un colloque sur "Les opérations psychologiques au service de
la stratégie militaire". Une première table ronde a permis
de faire le point sur les expériences et les besoins, une deuxième
sur la relation aux médias, une troisième sur les expériences
étrangères avec des participants américains, allemands et
britanniques. Dans ce domaine qui occupe une place de plus en plus
importante dans la réflexion stratégique contemporaine, la
France, du fait des séquelles de la guerre d’Algérie, a
accumulé un retard considérable, qu’elle essaie de rattraper
depuis quelques années. Ce colloque a permis de faire le point
des problématiques actuelles. La publication des actes est annoncée.
L’Institut des Hautes Études
de Défense Nationale a consacré son colloque annuel, qui a eu
lieu le 13 octobre 2000, aux "Perspectives et conditions de sécurité
à l’horizon 2025". Les contributions présentées étaient
souvent de grande qualité, notamment sur les enjeux et
bouleversements technologiques et les conditions de la sécurité
à l’horizon 2025.
La Fondation pour
la Recherche Stratégique, l’Institut d’Études de Sécurité
de l’UEO et l’International Peace Academy de New York ont
organisé, les 19 et 20 octobre 2000, avec le soutien de la Délégation
aux Affaires Stratégiques, un séminaire sur "l’ONU, l’Europe
et la gestion des crises". 80 participants, souvent de haut
niveau, ont confronté leurs points de vue sur les leçons de la
gestion des crises en Europe et les rôles respectifs de l’ONU,
de l’OTAN et de l’Union européenne, avant de conclure sur les
politiques de prévention et les perspectives de la gestion des
crises. Il n’est pas prévu d’en éditer les actes, mais un
document de synthèse rédigé en commun par les organisateurs
devrait être diffusé.
Le Conseil de
l’Europe, la Commission européenne, les Itinéraires culturels
européens, le ministère français de la Culture et le Service
des Monuments historiques du Luxembourg ont organisé, du 19 au 21
octobre 2000, à Luxembourg, un colloque sur "le patrimoine
fortifié européen : connaissances et mise en valeur".
Jean-François Pernot, qui représentait la CFHM, a fait la conférence
d’ouverture. 80 participants, en majorité français, ont fait
un large tour d’horizon comparatif : France, Luxembourg,
Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Roumanie. Le colloque a également
parlé du futur musée européen de la fortification, qui pourrait
être installé à Luxembourg. Le grand-duché a déjà installé
deux itinéraires-prototypes remarquables. La publication des
actes est prévue.
Le Centre
Historique des Archives Nationales a organisé, le 7 novembre
2000, une journée d’étude sur "Une marine au tournant du
siècle", à l’occasion de la publication du premier volume
de l’inventaire de la correspondance adressée au ministre par
les commandants des forces navales et des bâtiments de guerre en
service à la mer ou en armement dans les ports pour les années
1790-1826 (série BB4). Les communications ont porté tant sur la
présentation des archives que sur l’analyse des carences de la
marine sous la révolution et le consulat ou la présentation de
nouveautés comme les premiers voyages à vapeur ou le transport
de l’obélisque à Paris.
Toujours sur
Marengo, la société savoisienne d’histoire et d’archéologie
a organisé, le 9 novembre 2000 à Chambéry, un colloque sur le
bicentenaire de la seconde campagne d’Italie et la victoire de
Marengo. L’invitation reçue ne donnait aucune indication sur le
programme.
Le
Centre mondial de la paix de Verdun a organisé, les 9 et 10
novembre 2000, avec le concours du CEHD, un colloque sur les
villes symboles.
Colloques à
venir
Les facultés jésuites de Paris
organisent, les 15, 22 et 29 novembre et le 6 décembre 2000
de 9 heures à 13 heures, une série de conférences sur
"Perspectives politiques et action militaire des Européens".
Les intervenants traiteront successivement : le 15 novembre,
du projet européen ; le 22 novembre, des menaces contre
l’Europe ; le 29 novembre, de la défense commune et le 6 décembre,
de l’organisation politique de l’Europe. Renseignements :
01 44 39 75 01 – mel : sjsevres@wanadoo.fr.
Le Mémorial du
maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la libération de Paris
— Musée Jean Moulin organise, du 16 au 18 novembre 2000, un
colloque sur la campagne de 1940, à l’auditorium Austerlitz du
musée de l’Armée. Trois journées qui promettent d’être très
riches. Les deux premières sont consacrées aux aspects
militaires, la troisième aux aspects politiques. Renseignements :
01 40 64 39 44.
Dans la lignée
de ses colloques sur les questions d’armement sous la ive
République, le Centre d’Études d’Histoire de la Défense
organise, les 20 et 21 novembre 2000, un colloque international
sur "les questions d’armement au début de la ve
République", jusqu’à la fin des années 60. En raison de
l’ouverture récente des archives, on devrait apprendre beaucoup
de choses au cours de ces deux journées qui auront lieu au
Pavillon du Roi du château de Vincennes. Renseignements : 01 41 93 36 27
— mel : cehd01@wanadoo.fr.
L’Institut d’Histoire
du Temps Présent organise, du 23 au 25 novembre 2000, à la
Sorbonne, un colloque en l’honneur de Charles-Robert Ageron sur
"la guerre d’Algérie au miroir des décolonisations françaises".
Parmi les intervenants : J. Frémeaux, J.C. Jauffret, M. Vaïsse.
Le Centre d’Études
d’Histoire de la Défense et le Centre Militaire d’information
et de Documentation de l’Outre-mer et de l’Étranger (CMIDOME)
organisent, les 8 et 9 décembre 2000, à l’Institut
international d’administration publique, 2 avenue de l’Observatoire
(l’ancienne école de la France d’Outre-mer), un colloque sur
"les troupes de marine dans l’armée de terre : un siècle
d’histoire" : création, organisation et évolution
des TDM ; les théâtres d’opérations des TDM ;
sociologie, image et traditions ; perspectives.
Renseignements : CEHD : 01 41 93 36 27
— mel : cehd01@wanadoo.fr.
Le colloque
annuel de la marine aura lieu le vendredi 1er décembre
à l’École militaire, amphithéâtre Foch, sur le thème
"De la mer vers la terre" : la marine dans la stratégie
générale ; la protection des intérêts économiques à
l’étranger ; les limites de nos capacités ; les bâtiments
du futur. Renseignements : CESM : 01 44 38 46 49
ou 01 44 38 44 30 — fax : 01 44 38 41 20.
La Fondation
Singer-Polignac organise, le 12 décembre, un colloque sur
"la Légion étrangère. Mythe et réalité". La journée,
entièrement présidée par M. Pierre Messmer, évoquera
aussi bien la réalité historique que la naissance et
l’entretien du mythe et l’originalité de la société légionnaire.
La musique principale de la Légion étrangère agrémentera le
colloque. Renseignements : 01 47 27 38 66.
Haxo
L’Association
Vauban et la ville de Belfort, ont organisé un colloque Haxo, du
22 au 24 septembre 2000, doublé d’une remarquable exposition à
partir de documents du SHAT.
François Nicolas Benoît Haxo
(1774-1838) est un général peu connu. Le colonel Henri Dutailly
a présenté sa vie. Il fut de la génération d’officiers-ingénieurs
du Génie formés après l’École de Mézières et a suivi, désigné
par la République, les cours de Polytechnique (Jean-Paul
Devilliers) puis d’application à Metz. Il servit jusqu’à la
mise en défense de Paris lors de la chute de Napoléon (Philippe
Prost). Sa carrière est des plus intéressantes du fait des pays
où il agit et des solutions qu’il proposa. Haxo donna son
meilleur en réponse aux décisions stratégiques du Congrès de
Vienne (Jean-François Pernot). Devant les nouvelles pratiques de
l’artillerie (Michel Decker), issues des campagnes de 1792 à
1815, il réalisa, pour défendre les nouvelles frontières imposées,
un type de batterie casematée qui porte son nom : les
casemates Haxo. Les fortes maçonneries, recouvertes de vastes
masses de terre mais ouvertes pour ventilation à l’arrière,
permettent le service efficace et rapide des pièces lors de tirs
de salves cadencées. Il réalisa ainsi des aménagements à
Belfort (communications d’Yves Pagnot et d’André Darget) au
Château (d’où le colloque), à Grenoble (Philippe Marguet), à
Besançon et il proposa des ouvrages à Lyon qui furent entrepris
par le général R. de Fleury (Madeleine Bunevod). Il participa également
au siège d’Anvers en 1832 (Piet Lombaerde). À titre de
comparaison furent étudiés le siège de Sarragosse par les Français
(José-Manuel Guerrero-Acosta) et la défense de Dantzig (Igor
Zbigniew Strzok).
Mais il ne fut pas le seul sapeur
à son époque. On ne peut pas parler de "système Haxo"
comme pour Vauban ou Séré de Rivières. Il est le pur produit de
l’École française de Vauban à Metz en passant par Mézières
et Polytechnique. Par son rôle à la tête du Génie, il fit
oublier de remarquables concepteurs comme Simon Bernard qui avait
proposé une fortification de Paris composée de redoutes de terre
à réduit maçonné. Cela aurait coûté moitié moins en plus
efficace que les travaux de 1840 ! Il faut redécouvrir aussi
des généraux comme Michel-Brice Bizot (Martin Barros) qui
travailla remarquablement, en particulier à Bitche. Tué à Sébastopol,
il ne put donner tout son art.
Aussi il faudra attendre Séré
de Rivières, lequel put synthétiser avec son équipe (à étudier)
tout l’effort depuis 1815 : cela restera son œuvre inégalée.
Il faut donc continuer les études sur l’artillerie de
Gribeauval à 1918, il faut surtout analyser ce qui s’est réalisé
en Italie (Palmanova, Anfo…), Dalmatie (Raguse…), Allemagne
(caponnières…), Autriche-Hongie (les forts à 7 côtés de Vérone…),
Angleterre (les ports, Malte…), Russie et Baltique de 1815 à
1914. Viollet-le-Duc, dans sa Forteresse, est le révélateur
de cette culture en gestation, d’autant que comme
lieutenant-colonel du Génie de réserve, commandant un régiment
d’auxiliaires, il avait participé à la défense de Paris et
relevé tous les travaux prussiens juste après la défaite.
L’analyse de la construction du Fort des Barres à
Belfort, de 1815 à 1870 (Antoine Brolli), terminé avant le siège
par Denfert-Rochereau, permet de comprendre la nouveauté préparée :
la "défense active" du siège-modèle, peu étudié et
non enseigné car le colonel républicain novateur fut contesté
par les conservateurs de tous horizons dès 1871.
Ainsi - unique dans l’Histoire
- la transformation en un an du Génie (fin 1872 à fin 1873) peut
s’expliquer par la masse critique atteinte par accumulation de
Le Michaud d’Arçon à 1870 en passant par Marescot, Maureillan,
Dode de la Brunerie, Cosseron de Villenoisy… Le signataire du présent
compte rendu, après avoir introduit et conclu les travaux du
colloque, en prépare les actes. J.F.
Pernot
"Le devoir de
défense en Europe aux xixe et xxe siècles"
L’Institut d’Études
Politiques d’Aix-en-Provence et l’UMR n° 5609, ESID, du
CNRS (Montpellier III) ont organisé, les vendredi 15 et
samedi 16 septembre 2000, à l’IEP d’Aix-en-Provence, un
colloque international sur le thème : "Le devoir de défense
en Europe aux xixe et xxe siècles".
Sept séances réparties en
quatre demi-journées permirent à vingt intervenants présents
(sur vingt-deux) de développer des thèmes s’inscrivant dans
une indéniable dimension européenne. En effet, dix Français,
deux Suisses, deux Anglais, un Italien, un Portugais, un Espagnol,
un Russe, une Polonaise, un Roumain, une Bulgare, un Allemand
abordèrent des sujets concernant le devoir de défense en France,
en Confédération helvétique, en Grande-Bretagne, en Allemagne,
en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Russie et en
URSS, en Pologne, en Roumanie et en Bulgarie.
Jean-Claude Ricci, directeur de
l’Institut d’Études Politiques, et Jean-Charles Jauffret,
professeur d’histoire contemporaine à l’IEP
d’Aix-en-Provence et cheville ouvrière du colloque, présentèrent
le caractère inédit d’un tel axe de recherche à une époque où
le principe de la conscription est remis en question et où la
construction de l’Europe est à l’ordre du jour. Quelle défense ?
Contre qui ? Comment la construire ? Comment inculquer
la Défense ? Quelles résistances au devoir de défense ?
Autant de questions qui constituèrent la trame de la réflexion
collective tout au long du colloque.
Le colloque s’ouvrit sur
quelques pistes nouvelles. Annie Crépin, maître de conférences
à l’Université d’Artois, parla de "Citoyenneté, devoir
de défense et service militaire en France au xixe siècle",
et montra comment en France le soldat-citoyen et le citoyen-soldat
connurent tour à tour victoire et défaite selon les choix
politiques du moment. Frédéric Rousseau, maître de conférences
à l’Université Montpellier III, mit l’accent sur "les
insoumis et les déserteurs dans la France du xixe siècle",
et analysa le lien étroit qui existait entre la prise de
conscience de la nécessité du devoir de défense et la lente
diminution du taux d’insoumis et de déserteurs en France. André-Paul
Comor, maître de conférences à l’IEP d’Aix-en-Provence, étudia
l’évolution du "devoir de défense de la ive République
à 1996", de l’apogée du service militaire obligatoire à
sa disparition. Jules Maurin, professeur d’histoire
contemporaine à Montpellier III et directeur de l’UMR 5609 du
CNRS, rappela à ce sujet la disparition des conseils de révision
cantonaux qui créaient une solidarité de classe d’âge et également
l’apparition et la prise en compte des objecteurs de conscience,
fait nouveau qui remettait en cause l’égalité de tous devant
le devoir de défense.
Le modèle suisse fut présenté
par le colonel Hervé de Weck, rédacteur en chef de la Revue
Militaire suisse, et le colonel Michel Chabloz, directeur
scientifique du Centre d’histoire et de prospective militaires
de Pully. Hervé de Weck sut présenter avec clarté "le système
de milice en Suisse de 1815 à 1990" en mettant l’accent
sur l’efficacité et la crédibilité d’une défense, facteur
d’évolution dans la politique intérieure et extérieure de la
Suisse. Michel Chabloz montra les "perspectives de réflexion
et le modèle de sécurité" que l’armée suisse 61,
c’est-à-dire l’armée de la milice au temps de la guerre
froide, pouvait représenter.
Concernant les expériences
militaires en Europe du nord, Anthony Clayton, professeur à
l’académie militaire de Sandhurst, analysa le service militaire
en Grande-Bretagne (Irlande exclue) de 1900 à 1999, un service
militaire "pragmatique" entre "appelés et engagés".
Jean-Luc Susini, maître de conférences à Montpellier III, étudia
une période troublée de l’histoire allemande, de 1918 à 1923,
au cours de laquelle les étudiants furent appelés à assumer un
devoir de défense contre les bolcheviks et les ennemis intérieurs.
Quant au devoir de défense en
Europe méridionale, Giorgio Rochat, professeur d’histoire
contemporaine à l’université de Turin, parla des "fusillés
pour l’exemple dans l’armée italienne en 1915-1918",
montrant qu’il y eut deux fois plus de fusillés italiens (un
millier) que de fusillés français avec deux fois moins de
soldats et une guerre plus courte. Le colonel Jean-Pierre Renaud,
président du CHMEDN de Montpellier, montra qu’en Espagne, les
conséquences de "l’année tournant de 1898"
aboutirent au drame de la guerre civile de 1936-1939. Alexander
Zervoudakis, senior research Officer au ministère de la Défense
britannique, étudia "l’armée grecque pendant la guerre
civile de 1944-1950" sur le plan du recrutement, du moral,
des désertions et des motivations de ses combattants. Un débat
particulièrement riche, animé par le général Bach, Gerd
Krumeich, Giorgio Rochat, Marc Michel, Frédéric Guelton, Frédéric
Rousseau, Jean-Charles Jauffret et Jules Maurin, porta sur des
sujets divers et variés.
Quittant l’Europe méridionale,
le colloque se transporta en Europe orientale et balkanique.
Alexandre Réviakine, professeur à l’Institut des relations
internationales de Moscou, et Pierre Barral, professeur émérite
de l’université Montpellier III, exposèrent le devoir de défense
de la Russie (de l’Empire à la République soviétique) pour le
premier et le devoir de défense en Union soviétique en 1941 pour
le second. Alexandre Réviakine montra comment, de 1854 à 1917,
le devoir de défense en Russie dut, en permanence, concilier un
caractère national propre et une mission
"ultra-nationale", avant de prendre la forme radicale
d’une armée de la nation à l’issue de la victoire
bolchevique. Pierre Barral étudia ce devoir de défense à un
moment tragique de l’histoire soviétique : en 1941,
Staline abandonna l’idéologie universaliste de la révolution
mondiale, dont l’armée soviétique devait être l’instrument,
pour faire du devoir de défense russe le socle de la défense
patriotique de la mère patrie… du moins jusqu’à la victoire
finale et l’occupation d’une bonne partie de l’Europe de
l’Est. Concernant la Pologne au xxe siècle, le
colonel Frédéric Guelton, directeur des études au SHAT,
expliqua que le modèle polonais de l’entre-deux-guerres oscilla
entre deux tendances, l’une pacifiste et l’autre activiste. Ce
fut la seconde qui trouva en la personne de Pilsudski son représentant
le plus dynamique pour structurer une armée nationale à partir
d’éléments disparates et hétéroclites lors de la guerre
russo-polonaise de 1918-1921. Maria Pasztor, docteur en histoire
de l’université de Varsovie, consacra son étude au devoir de défense
polonais après la Seconde Guerre mondiale : la politisation
de l’armée polonaise fut un fait dominant et permanent et donna
à l’armée un rôle majeur à jouer dans la construction
politique du pays.
Pour les Balkans, Dimitriu Preda,
professeur et directeur du Département des archives diplomatiques
de Bucarest, dressa l’historique de l’armée roumaine de la
naissance du pays jusqu’à l’effondrement du régime Ceaucescu.
Snezama Dimitrova, docteur en histoire de l’université Neodfit
Rilsky de Blagoevgrad, en Bulgarie, choisit d’exprimer quelques
réflexions sur le volontariat en Bulgarie entre 1919 et 1940.
Enfin, Gabriel Jandot, maître de conférences à Montpellier III,
montra toute la difficulté d’appréhender au plus juste le
devoir de défense albanais sous Enver Hoxha, un devoir de défense
national polymorphe et un devoir international de défense du
marxisme orthodoxe. Le débat qui clôtura les travaux de ces séances
mit surtout l’accent sur le problème des minorités ignorées
au sein des armées nationales roumaine et bulgare.
Arrivé aux termes du voyage, le
colloque s’acheva par une séance qui compara le système français
aux systèmes italien, allemand et britannique.
Hubert Heyriès, maître de conférences
à Montpellier III, démontra que de 1861 à 1870, les systèmes
français et italien ne cessèrent de s’influencer mutuellement
avant d’adopter et d’adapter à leur réalité nationale
respective le modèle prussien. Gerd Krumeich, professeur à
l’université de Düsseldorf, montra l’émergence du concept
de Volk in Waffen plus ou moins en relation avec l’idée
de nation armée propre à la France. Fabrice Saliba,
allocataire-moniteur à l’université Montpellier III, parla du
devoir de défense en Grande-Bretagne et en France entre les deux
guerres, et expliqua que la Grande-Bretagne dut concilier en
permanence tradition et conscription, alors que la France jugeait
vitale la conscription.
La conclusion
magistrale de Pierre Barral, qui retint quelques thèmes, en
s’inspirant de Clausewitz : "l’universalité de la règle
de défense", une défense qui se prépare à l’avance,
mais une défense qui ne peut évacuer le paramètre des résistances,
achevait un colloque riche d’enseignements.
En dépit de contraintes inhérentes
aux colloques aujourd’hui, contraintes qui suscitèrent parfois
un classique mais léger sentiment de frustration, tous se félicitèrent
des longues plages consacrées aux débats et de l’accueil très
chaleureux des membres de l’Institut d’Études Politiques
d’Aix-en-Provence. Il ne reste plus qu’à souhaiter la rapide
publication des actes de ce colloque qui, à bien des égards,
apporte des éclairages nouveaux sur la comparaison des devoirs de
défense en Europe aux xixe et xixe siècles.
Hubert Heyriès,
ESID-Montpellier III
26e
congrès international d’histoire militaire
La guerre totale - La défense totale - 1789-2000
Du 31 juillet au
4 août 2000, la salle de conférence du Scandic Hotel Slussen à
Stockholm a abrité les débats de 150 historiens, venus de la
plupart des pays européens, des États-Unis, du Canada et de Brésil,
ainsi que de Chine et du Japon. Les 38 intervenants ayant respecté
leur temps de parole de 20 minutes, il a été possible aux
auditeurs d’engager le dialogue avec les conférenciers. 22
exposés ont été prononcés en anglais, 9 en français et 7 en
allemand, avec d’excellentes traductions simultanées. Plusieurs
auditeurs se sont efforcés d’animer les débats en français.
Ouvert par le ministre de la Défense
suédois, le colloque a été remarquablement organisé par les
docteurs Norberg et Ericson, et agrémenté de prestigieuses réceptions :
au musée Vasa, à la mairie de Stockholm, au musée de l’Armée
et au château de Karlberg (École nationale de Défense), sans
oublier le tour guidé de Stockholm, la soupe aux haricots préparée
par la garde territoriale, et l’excursion en bateau jusqu’à
la fortification marine de Siarö. Les personnes accompagnatrices
ont en outre bénéficié d’une excursion au château de
Gripsholm et à la ville de Mariefred.
En marge du
colloque, le Comité des archives et le Comité de bibliographie
se sont réunis le dimanche 30 juillet. Le divisionnaire
Langenberger s’est félicité de la contribution de 25
Commissions nationales pour les comptes-rendus d’ouvrages, ce
qui a permis la sortie du tome 21 de la Bibliographie.
Il fait appel à la participation des autres Commissions, et
souhaite que le délai du 31 octobre soit respecté pour le tome 22.
Il souligne que la Commission internationale ainsi que les
Commissions américaine et française sont désormais reliées à
Internet, et que pour le tome 23, la Commission autrichienne
prépare un rapport scientifique sur le Kosovo.
Enfin, l’après-midi
du 4 août a été consacrée à l’Assemblée générale, à
l’issue de laquelle les présidents des Commissions nationales
ont élu les nouveaux membres du Conseil d’administration de la
Commission internationale :
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le
professeur de Vos ( B) succède au docteur Schulten
(NL) au poste de Président ; |
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les
vice-présidents élus sont le général Barata
(P) et le professeur Dean Allard (USA) ; |
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le
docteur Kamphuis (NL) devient Secrétaire général
à la place du professeur Lefèvre (B) ; |
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le
professeur Allain sera le représentant
français au Conseil d’administration,
en remplacement du général Delmas. |
Les concepts de
défense totale et de guerre totale ont été
abordés sous des angles différents, mais non
contradictoires, par les premiers intervenants.
Parmi les facteurs de totalisation, Sir Michael
Howard (GB) a retenu la passion populaire manifestée
lors de la révolution française, la pratique de
la "terre brûlée" opposée à Napoléon
en Espagne et en Russie, la politisation de la
"guerre absolue" chez Clausewitz, le
contrôle politico-social du peuple par Ludendorff
et Mao, auxquels il oppose le consensus
britannique de 1940. Les "trois piliers de
la non-sagesse" de Raimondo Luraghi (I) :
conscription de masse, propagande de guerre et
logistique de masse, sont exacerbés selon Maurice
Faivre (F) par l’idéologie qui justifie les
procédés terrorisants (la brutalisation de
G. Mosse) de la Convention, imités au xxe
siècle par Lénine, Hitler, Tito et Milosewicz.
Rudolf Jaun (CH) montre comment le concept
"imaginé" par Ludendorff implique le
contrôle de l’économie, et la préparation
morale de la population, telle que Goebbels en
fait la démonstration le 18 février 1943.
La comparaison entre Clausewitz et Liddell Hart,
proposée par Brian Bond (GB) met en évidence le
rejet par ce dernier de la guerre totale dont il
attribue la responsabilité à Clausewitz.
Concluant les débats, André Corvisier observe,
à compter de 1793, l’apparition de la
propagande et de la terreur, dont le développement
ultérieur est lié aux structures politiques et
à la culture des nations. Le Roi ne peut faire ce
qu’il veut.
Faisant
suite à ce débat général, plusieurs
intervenants ont analysé les concepts de défense
et (ou) de guerre totale particuliers à chaque
nation :
|
la
défense totale de l’hellénisme aux xixe
et xxe siècles, par Ioannis
Loucas (GR) ; |
|
la
perception japonaise de la guerre totale
dans l’entre-deux-guerres, et
l’influence d’Ishihara Kanji, par
Tomoyuki Ishizu (J) ; |
|
la
mobilisation des Norvégiens contre
l’occupation allemande de 1940 à 1944,
par Olav Riste (N) ; |
|
la
lutte pour la neutralité irlandaise de
1938 à 1944, par Donal O’Carrol (IRL), |
|
la
guerre populaire de Mao contre le Japon,
par Yao Zeng Yi (C) ; |
|
l’armée
polonaise de l’intérieur de 1940 à
1945, par Tadeusz Panecki (PL) ; |
|
la
défense totale de la Suisse de 1950 à
1990, par Adrien Tschumy (CH) ; |
|
la
doctrine de l’offensive totale d’Israël
après 1949, par Matitiahu Mayzel (IL) ; |
|
l’évolution
de la doctrine de l’OTAN, des représailles
massives à la réponse flexible, par
Massimo de Leonardis (I) ; |
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la
dissuasion proportionnée de la France,
par Ciro Paoletti (I). |
Antonio
Bispo (P) a proposé une analyse psychologique du
processus de décision, illustrée par
l’engagement du Portugal en 1914. On peut
rattacher à ce débat conceptuel :
|
- l’échec
de la "guerre du peuple"
français en 1870-71, par Geoffrey Wawro
(USA) ;
-
la non-préparation américaine à la guerre
totale de 1898 à 1941, par Brian Linn
(USA).
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