| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
|
||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
|
Histoire audiovisuelle
L’Établissement
de communication et de production audiovisuelle de la Défense Depuis
1916, le Ministère de la Défense est doté d’un établissement dédié
à la production et à la conservation des documents photographiques et cinématographiques
des armées. L’Établissement de communication et de production
audiovisuelle de la Défense est le témoin systématique de l’engagement
quotidien de nos forces armées partout dans le monde. Son action constitue
un patrimoine d’images fixes et animées exceptionnel. Les conflits 14/18,
39/45, l’Indochine, l’Algérie, le Kosovo...4 millions de photos et 17
500 bobines de films, reflets de notre histoire, sont ainsi à la
disposition d’un public de plus en plus large, composé de militaires mais
aussi de civils : chercheurs, historiens, journalistes... Histoire de l’établissementC’est
en 1915 que furent créées, sur décision conjointe des ministères de la
Guerre, des Affaires étrangères et de l’Instruction publique, les
Sections photographique (SPA) et cinématographique des armées (SCA) dont
la principale mission fut d’emblée la constitution des archives audiovisuelles
militaires. Le bilan est rapidement remarquable : en 1917, plus de 900
films et 115 000 photographies avaient été produits. Pourtant, en
1919, la section photographique et cinématographique des armées (le SPA et
le SCA avaient fusionné en 1917, par décision du Ministère de la Guerre)
est dissoute et l’ancien SCA est rattaché en 1920 au Service géographique
de l’Armée. C’est
en 1939 que l’on assiste à la renaissance d’un Service cinématographique
des armées avec la réalisation des Journaux de guerre et les projections
aux soldats mobilisés pendant la Drôle de guerre. Au lendemain de la
seconde guerre mondiale, une étape importante est franchie. Sur un décret
du 26 juillet 1946, le SCA devient interarmées et s’installe au Fort
d’Ivry. Désormais les “soldats de l’image” suivent leurs frères
d’armes sur le terrain : Indochine, Afrique du Nord, conflit du canal
de Suez... En
1969, Michel Debré crée le Service d’information et de relations
publiques des armées (SIRPA) avec son outil audiovisuel : l’Établissement
cinématographique et photographique des armées (ECPA), chargé notamment
de témoigner des actions extérieures des armées et de conserver le
patrimoine audiovisuel de la Défense. Le
18 avril 2001, l’ECPA devient ECPAD (Établissement de communication et
de production audiovisuelle de la Défense) avec un nouveau statut. Établissement
public administratif, il conserve ses missions de service public (produire
des images et les conserver) et dispose d’un cadre juridique adapté pour
développer une politique commerciale et accentuer son ouverture à un
public de plus en plus large. Les
missions de l’ECPAD
Témoigner et produireImages
d’actualité (Kosovo, Timor...) reportages photo et vidéo, courts et
moyens métrages sur commande (présentation d’un régiment, d’un nouvel
équipement...), couverture des grands événements de la vie militaire, les
équipes de l’ECPAD (photographes, preneurs de son,...) travaillent chaque
jour pour couvrir l’actualité Défense. Ces images sont mises à
disposition des grands médias, mais elles ont vocation à venir enrichir
les archives. Cette
activité de production s’est développée au fil des années en suivant
les évolutions technologiques importantes de l’audiovisuel. Aujourd’hui,
l’ECPAD travaille avec tous les supports de communication : brochure,
photographie, vidéo, film, CD Rom.... ConserverL’ensemble
des documents produits depuis 1915 ont ainsi constitué année après année
un patrimoine exceptionnel. En interaction constante, la production et la
conservation s’enrichissent mutuellement et sont indissociables. Pour
autant, si les versements réguliers de la production constituent une source
essentielle de l’accroissement des archives, il faut également mentionner
les dons et acquisitions : la collection Imbert, 11 000 photographies
sur la vie coloniale en Algérie, au Tonkin et à Madagascar de 1900 à 1922 ;
la collection Audouin-Dubreuil, qui présente une mission transsaharienne
dont le but était d’établir une liaison nord sud entre l’Algérie et
le Niger ; par voie routière,
ferroviaire et aérienne, en 1919 ; la collection Baron, témoignage
sur la guerre d’Indochine vécue par
un jeune lieutenant et la collection Petitpierre, qui illustre la
reconstruction des ponts détruits pendant la guerre d’Indochine. Ces
apports extérieurs viennent ainsi compléter nos collections. Cette
activité est en plein essor : elle dépend des donations de
militaires et de civils, liés aux pages d’histoire de l’armée française.
Ces dons font l’objet d’un commentaire de la part du donateur. La
collecte des documents, certes fondamentale, n’est cependant que la première
étape de l’activité des archives. Les documents, une fois rassemblés,
doivent en effet être inventoriés et conservés afin de pouvoir être
communiqués au public dans les meilleures conditions possibles. Pour ce
faire, les archives sont confrontées aux difficultés de conservation et d’exploitation
inhérentes à chaque type de support : fragilité chimique du nitrate,
syndrome du vinaigre pour l’acétate... De
plus, il est fondamental de garder les matériels de lecture des différents
formats (et standards pour la vidéo) afin de garantir l’accès au contenu
des documents. Dans cette logique de conservation et de sauvegarde, des spécialistes
travaillent au contretypage et à la duplication. La technique de numérisation
ouvre dans ce domaine de larges perspectives. Membre de la FIAF, l’Ecpad
mène au Fort d’Ivry un travail de conservation répondant aux critères
actuels définis dans ce domaine. Dans
cette même perspective, en parallèle à la sauvegarde des documents, il
est essentiel de donner à ceux qui travaillent sur les archives
(chercheurs, historiens,...) les moyens de les exploiter. Il s’agit alors
de resituer ces clichés dans leur contexte. C’est le travail des
documentalistes et historiens de l’ECPAD qui enrichissent photos et
films de leurs commentaires. Grâce à ce travail minutieux, chaque document
devient exploitable. Une information précise sur le lieu photographié, les
personnes présentes, notamment, permettra une recherche par mot clé, sur
le site Internet de la Médiathèque de la Défense (ecpad.fr).
L’aboutissement de ce travail est le regroupement des documents au sein de
collections. Le public peut ainsi y accéder dans de bonnes conditions soit
directement à la Médiathèque, située au Fort d’Ivry, soit en se
connectant au site Internet (ecpad.fr). L’Ecpad
mène également une politique active de partenariat avec différentes
institutions (Cinémathèque de Bretagne, Institut Français de
Thessalonique) afin d’aller à la rencontre du public. Les
collections de l’ECPAD
Les
deux conflits mondiaux
Le
fonds de la première guerre mondiale réunit l’ensemble des clichés et
films réalisés par la SPCA (Section Photographique et Cinématographique
des Armées) de 1915 à 1919, date de sa suppression. Ce
fonds est constitué : -
d’images directement liées au combat : le front français et
le front d’Orient, les poilus, l’entraînement, le service de santé,
les prisonniers, les ruines etc. -
d’images de l’effort économique
fourni par l’arrière, les colonies, les femmes. -
d’images sur la vie
politique et diplomatique : les visites officielles de chefs d’État
ou de délégations étrangères, le traité de Versailles, etc. -
et enfin d’autres documents regroupent des vues d’oeuvres
d’art, de monuments, de musées, réalisées en prévision de la
reconstruction â venir. Le
fonds de la Seconde Guerre mondiale est constitué : -
des fonds alliés (la Drôle de guerre, Vichy, l’armée de la Libération,
les Forces Françaises Libres) ; -
du fonds allemand. La décolonisation - Indochine et AlgérieLe
SCA, Service Cinématographique des Armées désormais unifié, constitue
après la guerre deux collections très importantes sur les conflits de la décolonisation.
La collection sur la guerre d’Indochine regroupe les fonds du Tonkin, de
l’Annam, de la Cochinchine, du Cambodge et du Laos. Si les reportages
militaires, dont la majorité concerne l’armée de terre, représentent le
sujet principal de cette collection, on y trouve également de magnifiques
vues de paysages et des images décrivant le mode de vie, l’habitat et les
coutumes de diverses ethnies. Les
reportages photographiques et les films de la collection Algérie évoquent
abondamment : -
les opérations militaires dans le bled et dans les villes (la
bataille d’Alger par exemple) ; -
la vie quotidienne des
troupes professionnelles ou issues de la conscription ; -
la vie des civils en ville
et dans les campagnes, -
les événements politiques,
comme le 13 mai 1958, la semaine des barricades ou le putsch des généraux
en 1961. Nombre
de documents appartenant â ce fonds “décolonisation” montrent
l’action de la France dans les colonies : maintien de l’ordre, mise
en valeur industrielle et agricole, construction d’écoles, de logements,
de dispensaires, mise en place de structures administratives. Ils attestent
d’une volonté de légitimer la présence française en Indochine et en
Algérie, souvent renforcée dans les films par un commentaire partisan. Les opérations extérieuresTémoignages
des interventions des forces armées hors du territoire national, afin de
protéger les intérêts fondamentaux de la France, ces collections
regroupent : -
la guerre de Corée (1952-1953) -
le Liban (1978-1984) ; -
le Tchad (1978-1987) ; -
le Cambodge (1991-1993) -
la guerre du Golfe (1991) ; -
la Bosnie-Herzégovine (depuis 1992) -
le Rwanda (1994) ; -
le Kosovo et la Macédoine (depuis 1998). La vie quotidienne des arméesLes
reportages effectués en France depuis 1946 par les photographes du SCA
couvrent également les divers aspects de la vie des armées : - les forces armées françaises, leur organisation et leurs personnels ; -
les activités du ministre de la Défense et du chef d’état-major
des armées ; -
les matériels en dotation dans les armées ; -
les secours, l’aide et la protection apportés à la population sur
le territoire français ; -
les exercices et les grandes manœuvres militaires ; -
les cérémonies militaires : 8 mai, 14 juillet, 11 novembre. Des
documentalistes sont à votre disposition pour vous aider dans vos
recherches : • du lundi au jeudi : 10 h 00 – 16 h 00 •
vendredi : 9 h 00 –11 h 00 2 à 8 route du Fort - 94205 Ivry sur Seine Cedex - Métro : ligne 7 (Station Mairie d’Ivry) Tél : 01 49 60 52 73 (Médiathèque) - Fax : 01 49 60 52 06 - Email ecpad@ecpad.fr. Pour plus d’informations, consulter notre site Internet www.ecpad.fr.
Contrôleur
des armées Jean Tennéroni Directeur
de l’ECPAD
|
||||||||||||||||||
|
|
Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin |
||||||||||||||||||