Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Chapitre XXIII - De la subsistance des troupes legeres

 

 

La position hazardeuse d’un corps d’un troupes legeres, et l’interruption des communications, lui ôtent presque toujours la facilité de tirer sa subsistance de l’armée. Il faut donc que le colonel y pourvoie par le moyen de ses détachemens, en faisant acheter dans les lieux circonvoisins, des grains et des bestiaux, qu’il fait distribuer à sa troupe : il fait faire du pain par ses boulangers, et tuer des bœufs ou des vaches par ses bouchers, qui vendent aux soldats et aux cavaliers à un prix raisonnable. On doit commettre pour cette distribution, un sergent, et même un officier, afin qu’elle se fasse en regle. D’ailleurs, un chef trouve encore une partie de la subsistance de son régiment, dans le grand nombre des détachemens qu’il a en course, et qui vivent dans tous les païs où ils se passent, en se faisant fournir des rafraîchissemens gratis ; sans quoi il seroit impossible d’envoyer des partis à la guerre, s’ils étoient obligés d’y vivre avec leur solde, ou si l’on leur faisoit la retenue des denrées qu’ils exigeroient des communautés, ainsi qu’il en fut question dans les dernieres campagnes de 1747 et de 1748. La paye d’un soldat qui est en détachement pour huit ou dix jours, suffit à peine pour l’entretenir de souliers, sans parler des culottes, des guêtres, et du reste, qui ruinent les capitaines, à cause du délabrement occasionné par les fatigues : il est si grand dans une compagnie d’infanterie de cent hommes, que la plus grande attention des officiers ne peut y remédier. C’est pourquoi il seroit beaucoup plus avantageux, pour le bien du service, que le roi entretînt quatre ou cinq capitaines en pied de plus dans chaque régiment de troupes legeres, et mît les compagnies d’infanterie à cinquante. Elles seroient bien mieux entretenues, par la raison qu’il est beaucoup plus aisé de veiller au soin de cinquante soldats, qu’à celui de cent. Le détail en est bien moins grand, et la dépense ne seroit guere plus considérable pour le roi, qui est obligé d’entretenir de plus, un capitaine et un lieutenant en second dans les compagnies de cent hommes, qui n’ont pas le même intérêt et les mêmes attentions pour la troupe, que le capitaine en pied, qui la regarde comme un bien, dont le produit dépend totalement de ses soins.

 

 

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