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Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

Chapitre III - De l’espèce et des qualités nécessaires à un cheval de troupes légers ; de la selle

 

Les chevaux hongrois et ardennois, comme les plus durs et les plus vîtes, sont ceux qui conviennent le mieux pour monter un cavalier de troupes legeres ; ils sont cependant sujets à bien des défauts : au surplus, il n’est pas aisé d’en avoir, principalement des Hongrois, parce que ceux des déserteurs sont accordés à nos régimens de hussards ; nous ne pouvons nous en procurer que dans les rencontres où nous avons le dessus. A l’égard de ceux des Ardennes, il n’est pas possible que le païs en produise assez pour remonter toutes les troupes legeres de France, et même celles de l’Empereur qui sont dans les Païs-Bas. Pour suppléer à ce défaut, nous avons la Normandie qui en fournit de très-beaux et de très-bons, dont nos régimens se sont bien trouvés pendant la derniere guerre. On peut encore en tirer de la basse-Navarre, et de l’Auvergne, mais en très-petite quantité ; cette espéce de chevaux montagnards ne soutient pas si bien la fatigue que le cheval normand, qui à la vérité, n’est pas si fin ni si leger.

La taille d’un cheval de troupes legeres doit être depuis quatre pieds cinq pouces jusqu’à sept ; au-dessus il seroit trop haut, et au-dessous trop bas pour se tirer d’un mauvais pas : il doit être muni de toutes les qualités qui caractérisent un cheval vigoureux ; car il est très-certain que son cavalier en est plus hardi et plus entreprenant : un César sur un mauvais cheval, seroit fort embarrassé de sa valeur. La nécessité d’en avoir de bons pour le service des troupes legeres, paroît encore plus évidemment dans les occasions où il faut harcéler et mener battant une troupe sur laquelle on a le dessu, ou faire une retraite longue et précipitée devant un ennemi supérieur.

 

espéce de selle, moyennant une bonne couverture pliée en quatre sur le cheval, ne le blesse jamais quand il est bien sanglé. On a vû même dans la derniere guerre des chevaux hongrois qui étoient restés sellés presque toute la campagne, sans se trouver que fort peu blesses. Cette selle en outre, est extrêmement legere, n’embarasse que très-peu le cheval, ne se casse que bien rarement, et est peu sujette à réparation ; elle éleve son cavalier, le soutient par-devant, et le rend ferme à cheval, même quand il se dresse sur ses étriers pour allonger un coup de sabre. La selle françoise est susceptible de mille réparations pendant une campagne ; à chaque détachement, à chaque grand’garde qui rentrent, il y a toujours la moitié des selles hors d’état de service. Les chevaux en se couchant et en se roulant, cassent les arçons, les sangles, les croupieres ; même au piquet, lorsqu’un corps trop en avant est obligé de rester sellé nuit et jour pour sa sûreté ; quand il faut faire des détachemens, des patrouilles, monter des grands-gardes, les nouveaux cavaliers remettent leurs selles cachées, et reviennent de leurs courses avec leurs chevaux blessés ou dégarotés, ce qui affoiblit et fatigue extrêmement un corps, qui est obligé de fournir, à chaque instant, des détachemens pour l’armée, indépendamment de ses partis et de son service journalier pour sa garde. Voilà ce qui a obligé les régimens de Grassin et de la Morliere, à leur seconde campagne, à prendre des selles hongroises.

 

 

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