| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Chapitre IV - De la levée d’un corps de troupes légères
La premiere opération d’un colonel chargé de former un corps de troupes legeres, est la nomination de tous ses officiers ; si l’intérêt y préside, les emplois se donnent aux plus offrans, et non à la capacité. Si au contraire, le mérite est préféré, il ne regarde que les gens de réputation, d’expérience et de conduite. On sent aisément la différence qu’un chef doit mettre entre les premiers et les derniers ; son avantage, sa gloire, sa réputation, et celle de son régiment, en dépendent. C’est en débutant à la premiere campagne par des coups hardis, et des entreprises bien conduites, qu’on établit cette réputation qui ne peut s’acquérir dans un corps composé d’officiers aussi novices dans le métier que leurs soldats. Lorsqu’un colonel a obtenu de la Cour des quartiers d’assemblée, pour former, armer, équiper, et monter les Compagnies qui se forment dans les provinces sous des officiers destinés et envoyés pour cet effet, il ne doit épargner ni précautions ni soins pour presser cette besogne, et rassembler, le plutôt qu’il peut, tout son corps dans un même lieu, afin d’avoir le tems de faire ses revûes, de renvoyer tout ce qui ne vaut rien en hommes et en chevaux, d’exercer, de discipliner, et enfin de se mettre en état d’entrer de bonne heure en campagne, et d’y paroître lestement ; principalement s’il est assez heureux pour servir dans l’armée du roi ; les moindres actions y font beaucoup d’éclat et ne restent point sans récompense.
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