Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Chapitre VI - Du lieutenant-colonel

 

Le lieutenant-colonel est la seconde personne sur laquelle roule le plus souvent en tems de guerre une partie du détail et du service d’un corps de troupes legeres. Il est presque toujours détaché, a ses espions, envoie des partis à la guerre, rend compte directement au général, qui lui donne des commissions particulieres. Enfin, il est quelquefois toute une campagne avec son détachement, sans rejoindre le régiment. Il ne doit donc rien ignorer de son métier, puisqu’il partage avec son chef, les actions et les mouvemens du corps. Sa conduite dans ses opérations militaires et dans la discipline de son détachement, doit être telle que celle du colonel dont on vient deparler ci-dessus. Au surplus, il doit avoir l’attention de donner avis, autant qu’il est possible, à celui-ci, de sa position, de celle des ennemis, de ses courses, de la conduite de sa troupe, et de son service journalier.

Lorsqu’un lieutenant-colonel n’est point détaché aux ordres d’un général, mais que son chef le place en avant pour la sûreté ou la commodité du corps, il ne doit rien entreprendre ni exécuter sans lui faire part préalablement de ses projets, si ce n’est dans les circonstances heureuses où la fortune présente une occasion favorable et infaillible qu’il faut saisir sur le champ. Tous les officiers particuliers, commandans des détachemens, doivent en agir de même en pareille rencontre, et quoiqu’en poste fixe, parce que c’est le métier des troupes legeres, à moins qu’ils n’ayent des ordres contraires.

Il faut donc indispensablement, pour l’union et la bonne harmonie d’un corps, qu’un lieutenant-colonel soit attaché à son chef ; et quelque mécontentement qu’il puisse avoir de lui, il doit du moins se conduire à faire croire à tout le monde, qu’ils vivent dans une parfaite union ; autrement il se forme des partis, des dissentions préjudiciables au service. Il ne doit point donner chez lui accès aux murmures et aux plaintes contre son colonel ; mais il doit prévenir par des représentations plus ou moins vives, tout ce qui est contre le bon droit et la justice ; une pareille conduite peut déterminer un chef à faire des réfléxions sur ses torts.

Enfin il faut à un lieutenant-colonel beaucoup de fermeté pour établir et même pour entretenir dans un corps qu’il commande le plus souvent, le bon esprit, la regle et la discipline. L’amitié et la familiarité dans lesquelles il a vêcu avec ses camarades avant de parvenir à ce grade, ne doivent point le dispenser de les faire servir avec la derniere exactitude ; cela doit s’observer avec d’autant plus de soin, que dans nos corps le moindre relâchement peut causer des malheurs infinis en campagne.

 

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