| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Chapitre VIII - De l’aide-major
Un aide-major par son état est chargé de tous les détails du ressort de la discipline, de la police et de la subsistance d’un corps ; il est toujours porteur des ordres du chef, et même, lorsque par sa capacité, il a gagné la confiance de celui-ci, souvent il prend sur lui tout ce qui peut contribuer au bien du service en général, et en rend compte au commandant. Dans un quartier il doit assurer la tranquillité par sa vigilance et par son activité à visiter nuit et jour les postes, pour voir s’ils sont allertes, et le logement des cavaliers et des soldats. Il fait faire toutes les distributions de vivres et de munitions à la troupe, et a l’attention de rendre responsables les maréchaux-des-logis et les sergens, des munitions de guerre, pour éviter la dissipation qui s’en fait souvent mal-à-propos, par la négligence des soldats qui perdent leurs cartouches, ou les vendent aux païsans, ou s’en servent pour allumer du feu. Par-là nous nous sommes trouvés quelquefois en campagne dans le besoin de munitions, sans pouvoir en obtenir de l’armée, à cause de cette dissipation. Il ne doit sortir aucune garde, ni aucun détachement du quartier, que préalablement ils ne soient assemblés par l’aide-major, pour faire son inspection sur les armes, sur les munitions de guerre, et quelquefois de bouche, sur les chevaux, sur leurs équipages, et même sur l’habillement, afin de faire rétablir journellement tout ce qui périclite. Lorsqu’il se trouve dans un détachement pour la guerre, un homme trop foible pour soutenir les fatigues d’une course, il le renvoie, et le fait remplacer par un plus vigoureux. Il en fait de même des chevaux blessés ou déferrés. Quand les détachemens reviennent de la guerre, il va visiter les hommes et les chevaux, afin de sçavoir toujours ce qui est en état de marcher à la troupe. Ces attentions produisent un grand bien pour les capitaines. En entrant dans un poste, c’est lui qui va asseoir les gardes aux endroits qu’il a reconnus avec le chef. Si la position du régiment est tranquille et non fatiguante, il a soin d’exercer principalement les nouveaux soldats et les chevaux neufs. Il est d’usage lorsque le colonel ou le lieutenant-colonel vont en détachement, d’avoir avec eux un aide-major pour porter des ordres à toutes les troupes, les poster, les rassembler en cas d’allarmes, les visiter souvent la nuit, et pourvoir à leurs rafraîchissement. Il entre dans le détail des espions, et des avis qu’il peut tirer du païs. Enfin un bon aide-major est l’ame d’un corps. Le colonel d’un regiment de troupes legeres de nouvelle levée, ne sçauroit apporter trop de soin pour s’en procurer un tel qu’il le faut pour mettre d’accord sa troupe sur un bon pied ; ce qui influe par la suite, sur toutes les actions de cette troupe.
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