Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

 Revenir au sommaire général

  

Portail Nouveautés Etudes stratégiques Publications ISC- CFHM- IHCC Liens Contacts - Adhésion

 

Dossiers :

 

  . Théorie de la stratégie

  . Cultures stratégiques

  . Histoire militaire

  . Géostratégie 

  . Pensée maritime

  . Pensée aérienne

  . Profils d'auteurs

  . Outils du chercheur

  . BISE

  . Bibliographie stratégique

 

Publications de référence

 

Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

Chapitre II - Des qualités requises à un partisan

 

 

De tous les emplois militaires, il n’en est point qui requière essentiellement plus de qualités extraordinaires que celui d’un partisan. Sans entrer dans un détail trop étendu, je ne rapporterai que les plus indispensables : tant du côté des faveurs, qu’il doit avoir reçues de la nature, que du côté des habitudes, qu’il doit avoir acquises par ses soins.

Un bon partisan doit avoir : 1°. L’imagination féconde en projets, en ruses et en ressources. 2°. L’esprit pénétrant, capable de combiner sur le champ toutes les circonstances d’une action. 3°. Le cœur intrépide contre toute apparence de danger. 4°. La contenance ferme, toujours assurée, et qu’aucun signe d’inquiétude n’altère jamais. 5°. La mémoire heureuse, pour appeler tout par son nom. 6°. Le tempérament alerte, robuste et infatigable, pour se porter par tout, et donner l’âme à tout. 7°. Le coup d’œil juste et rapide ; qu’il saisisse sur le champ les défauts et les convenances, les obstacles et les dangers des terreins et de tous les objets, qu’il parcourt. 8°. Les sentiments tels qu’ils fixent le respect, la confiance, et l’attachement de tout le corps.

Sans ces dispositions, il est impossible de réussir dans cet art : on a beau se prévaloir de tout autre talent, et se flater que, par le travail ou le bonheur, on pourra atteindre à s’y rendre fameux, l’expérience, la raison et les devoirs s’opposent à cette présomption : malgré la valeur et l’excellence des autres vertus, l’honneur échoue.

Il faut, outre cela, qu’un partisan sache le latin, l’allemand et le françois ; pour s’expliquer avec toutes les nations qu’il rencontre. Il doit de plus avoir une parfaite connoissance du service, et sur tout, de celui des troupes légères ; sans ignorer celui des ennemis. Avoir la carte la plus exacte du théatre de la guerre, la bien examiner, et la posseder à fond. Il lui sera très avantageux de tenir à ses ordres quelques bons géographes, capables de dessiner proprement sur des plans, les routes des armées, leur camp et tous les endroits que l’on doit reconnoître.

Il ne doit non plus rien épargner pour s’assurer par de bons espions, de la marche des ennemis, de leurs forces, de leurs desseins et de leur position. Toutes ces découvertes le mettront à même de servir tres avantageusement son général : elles contribueront infiniment à la sûreté de l’armée, au soutien, au bonheur et à la gloire de son propre corps.

Son propre intérêt et son honneur exigent encore qu’il tienne un secrétaire, pour former le journal de sa campagne. Il y fera écrire tous les ordres qu’il recevra et qu’il donnera, comme généralement toutes les actions et les marches de sa troupe ; afin d’être toujours à même de rendre raison de sa conduite et de se justifier contre les attaques de la critique, qui ne ménage jamais les partisans.

Comme chef, il doit à sa troupe l’exemple d’une conduite sans reproches, toute mesurée sur les soins et l’affection d’un père pour ses enfans. Par-là, il inspirera à tous, le respect, l’amour, le zèle, la vigilance, et gagnera tous les cœurs à son service.

Il seroit tres dangereux qu’un tel Officier conçût le moindre attachement aux femmes, au vin et aux richesses. Le premier fait négliger les devoirs, et occasionne souvent des trahisons ruineuses. La seconde porte à des indiscrétions dangereuses, et attire toujours le mépris. Le troisième conduit au crime, et anéantit l’honneur.

Je pourrois m’étendre sur beaucoup d’autres qualités, relative à chaque partie de son corps ; mais elles se feront assé remarquer, dans la suite de cet ouvrage.

 

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin