| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
|
||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
|
Chapitre IV - Du choix des chevaux et de leurs équipages
Les chevaux hongrois, turcs, tartares, polonais, normans, navarrois, ardennois, westphaliens, danois, anglois et espagnols, sont propres pour la petite guerre ; mais les deux dernieres especes resistent le moins à la fatigue d’une troupe de partisans. On ne doit y souffrir aucun cheval blanc, ni entier, ni jument, ni mulet. Le moindre hannissement, la moindre couleur apparente, font souvent manquer les entreprises. Il ne faut monter en campagne aucun cheval au dessous de six ans ; n’étant pas assé dur pour le service, avant cet âge complet. Avant d’acheter un cheval, on remarquera s’il porte bien la tête, petite et sèche, le front uni, les yeux clairs, vifs, ni trop gros, ni trop petits, ni enfoncés, et s’il n’y a point de taches : les naseaux assé ouverts : les Tartares les fendent, pour faciliter la respiration. On peut le pratiquer partout. On examinera bien : si le poitrail n’est pas trop étroit ; si les jambes sont fines, nerveuses et s’elevant bien sans se croiser, car ce défaut les rend sujets à broncher ; si elles ne sont pas trop chargées de poils ; si les pieds ne sont pas plats ; s’ils sont bien creux en de-dans ; et si les talons ne sont pas serrés : si la croupe n’est pas trop élevée et le dos ensellé : si le tronçon de la queue est ferme : s’il n’a point été fourbu ; et s’il ne boite pas : ce qu’on découvre au trot. La taille d’un cheval, pour la troupe d’un partisan, doit être de 4 pieds 4 à 6 pouces. Ceux qui seroient plus hauts manqueroient de légèreté requise. Quant aux equipages : je préfere ceux des Hongrois ; je veux dire des selles de bois sec, bien jointes. Elles sont les plus legères, et jamais un cheval n’en est blessé, que par la mal-adresse du cavalier, qui se tient mal, ou qui néglige de bien placer la couverte sous la selle, car avant de la plier, un camarade doit aider à la bien secouer, pour qu’il n’y reste, ni poussière, ni la moindre saleté, qui suffiroit avec le tems, pour le blesser : ensuite on la plie comme une serviette, d’une longueur et largeur telles qu’elle déborde de deux pouces, tout autour de la selle. On posera la lisiere sur le devant et le pli sur le derrière. Quand certaines occasions exigent qu’on tienne les chevaux sellés nuit et jour, chaque cavalier doit saisir un moment, durant le jour, pour desseller, tourner la couverture dessous dessus, et remettre la selle à l’instant : cette précaution soulagera le cheval : il en sera plus à son aise, et moins sujet à se blesser. La plus grande attention d’un officier de cavalerie, doit être, pour que chaque cavalier entretienne son cheval en bon état, qu’il sache bien le nourrir et le panser. Le foin, la paille et l’avoine sont leur nourriture ordinaire : cependant trop de soin ne vaut rien . Quand on trouve des pailles de froment nouvellement battue, on peut alors leur donner plus de celle-ci : c’est une nourriture excellente. Quand un cheval devient trop maigre, de fatigue, il faut le saigner, et le rafraichir deux ou trois fois par jour, avec du son trempé dans l’eau, qu’il boit. Pendant toute la campagne, il ne faut donner aux chevaux que de la nourriture sêche, autant qu’il est possible, par ce que le verd les affoibliroit. Pour bien panser un cheval, il faut l’étriller si longtems, que l’étrille n’amene plus de poussiere : ensuite les brosser proprement, sur tout le crin, la queue et les jambes. La peau du dos étant plus délicate que celle des autres membres, il ne faut y toucher que tres légèrement, avec l’étrille ; mais bien avec la brosse. Je ne m’arrêterai pas aux autres circonstances, qui regardent la propreté de l’équipage d’un cheval, et de l’écurie : elles sont assé connues des officiers, et suffisamment expliquées, par l’usage pratiqué en tout tems et au gout de chaque nation.
|
||||||||||||||||||
|
|
Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin |
||||||||||||||||||