Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

CHAPITRE VI.

De la construction d’un pont avec des chariots.

 

Indépendamment de la nécessité des chariots pour le transfert des vivres et des munitions, on peut en retirer encore un très-grand avantage pour construire un pont sur les rivieres dont le lit ne sera pas extrêmement large, ni les bords trop escarpés, et qui ne seroient point assez rapides pour entraîner les chariots malgré le poids dont on pourroit charger ceux-ci. Pour cet objet, je suppose que le Commandant aura rassemblé tous les chariots et toutes les échelles destinées au service de son corps, et qui doivent être au nombre de douze, afin de ne pas trop multiplier les embarras à la suite d’une troupe légère. Avec ces chariots et ceux que l’on se fait fournir par les paysans ou les Officiers Municipaux, ainsi qu’une quantité suffisante de planches, on a la facilité de construire un pont très-diligemment ; et pour éviter que le courant de l’eau ne les dérange ou ne les entraîne, on les comble de pierres, ou bien de sacs de sable ou de gravier. Les chariots, ainsi disposés, seront placés dans le courant de l’eau de leur tête à leur derrière ; et à mesure qu’on les aura rangés à une distance égale, on arrangera dessus, et de l’un à l’autre, les planches transportées sur chaque chariot pour former le pont : par-là le passage de la riviere devient facile et très-commun à l’infanterie : il est aussi facile d’y transporter les munitions à bras d’hommes, et de se servir des échelles en forme de brancards. Il est même possible de donner à un pareil pont assez de solidité pour la cavalerie même, parce que le pont sera suffisamment solide, et qu’il suffit, pour passer de la cavalerie, qu’il ait deux pieds de large.

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