| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
|
||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
|
CHAPITRE VIII. Des moyens de rendre aux ennemis le passage d’une riviere difficile, et de s’y opposer au moins pendant un certain tems.
Si le Général de l’armée n’a point le dessein de passer une riviere qui le separe des ennemis, et que ses opérations soient même entierement opposées à ce passage, il sera prudent de s’opposer à celui de l’ennemi qui marcheroit à ce dessein. Dans ces vues le Commandant du corps dont je parle, qui peut déjà se trouver en avant et avoir même reçu exprès de s’y porter pour arrêter les ennemis, peut remplir cet objet par divers moyens, retarder du moins de quelques jours les progrès de sa marche ; souvent même il suffit de gagner quelques heures pour assurer le salut d’une armée. S’il n’est question que de retarder le salut des ennemis, et que la premiere de leur troupe qui aura paru sur le bord opposé de la riviere, ne soit pas assez considérable pour vous accabler par son grand nombre, vous retrancherez partie de votre infanterie devant le gué par où l’ennemi auroit dessein de passer ; et votre cavalerie, distribuée en petits partis, longera de droite et de gauche à quelque distance du bord de la riviere, pour n’être pas endommagée par le feu de l’ennemi, et pour observer en même tems leurs divers mouvemens, afin de prendre des mesures en conséquence. Il ne suffit pas de retrancher votre infanterie mais il faut particulierement s’occuper à rendre votre bord si impraticable, que la cavalerie ne pût pas y monter si elle y abordoit ; cela est possible en coupant perpendiculairement la terre de votre côté, et la laissant tomber dans l’eau qui l’entraîne par son courant : quand même elle resteroit au fond, il n’en résulteroit qu’un embarras de plus pour les chevaux, parce que la terre qu’on auroit détachée, étant extrêmement molle, ils s’y embourberoient si avant, qu’ils ne pourroient s’en tirer qu’avec peine, et même beaucoup de risque pour les cavaliers : vraisemblablement le plus grand nombre y périroit.
Il est certain, moyennant ces précautions, que si les ennemis n’ont pas un pont avec eux, et qu’ils soient forcés de passer la riviere dans cet endroit, ils seront arrêtés par bien des obstacles, et ne pourront les vaincre sans éprouver des pertes et du retard ; et comme il faudra qu’ils remontent ou qu’ils descendent la riviere pour chercher un endroit moins périlleux, on leur fera perdre encore plus de tems ; ce qui est le but qu’on se propose : à mesure qu’ils cotoyent de leur côté, on cotoye du sien, on observe leurs manœuvres, et l’on se détermine en conséquence. On ne sauroit prévoir ici les différens partis qu’il faudra prendre, parce qu’il faut les combiner d’après les forces de l’ennemi et les siennes propres, d’après leur audace ou leur incertitude, d’après l’importance de l’objet et du poste, d’après sa position et ce qui l’avoisine. Le point essentiel du Commandant est d’avoir prévu les moyens de sa retraite que les ennemis pourroient lui couper s’il avoit manqué de prudence, et s’il arrivoit qu’ils jetassent un pont, et qu’avec des forces supérieures ils franchissent la riviere et les obstacles qu’on lui auroit opposés. Ainsi, si l’on a à sa portée des ravins, des marais ou des défilés étroits, on aura pris la précaution de s’en emparer en y portant les troupes de son avant-garde ; mais si l’on est assez prêt de sa propre armée, pour pouvoir en espérer un renfort de troupes, il faut faire face bien plus longtems et avec bien plus d’intrépidité. Quand j’observe que le Commandant ne doit pas s’exposer à la supériorité du nombre des ennemis, il ne faut point entendre par-là qu’ils doivent être estimés formidables si ce nombre n’est que d’un tiers à peu près plus fort que le vôtre. Alors, au contraire, on a sur lui de l’avantage, il n’y a qu’à faire usage de l’artillerie attachée au corps, et certainement elle déconcertera ses mesures, ou on les affoiblira assez considérablement pour qu’on puisse au moins se trouver au pair avec eux, si on n’a pas réussi à les faire désister de leur entreprise.
Tandis que notre cavalerie longera de droite et de gauche, il faut bien prendre garde de donner dans le piége des ennemis, qui mettront certainement en usage toutes les ruses du métier, pour détourner votre attention de leur vrai point de vue ; c’est-à-dire, qu’en faisant mine de vouloir passer vis-à-vis de vos troupes, il s’occuperoient d’une contremarche forcée pour se poster à l’endroit que vous auriez abandonné, et y passer sans obstacle.
Quand au soin que j’ai dit qu’il falloit prendre pour escarper le rivage, et le rendre aussi impraticable qu’il sera possible, c’est un travail que l’on doit faire faire aux soldats qui ne seront pas de service : on se procurera même, pour les aider si le cas est pressant, le plus grand nombre de paysans de tout âge et de tout sexe.
Il est des occasions où l’on voit des armées n’être séparées que par un canal ou un ruisseau, où se trouve à peine une très-petite quantité d’eau, mais qui s’y croyent néanmoins en sûreté par les soins qu’elles ont pris d’en rendre les bords impraticables, en joignant d’ailleurs les précautions d’avoir des postes avancés, des patrouilles continuelles et des partis qui rodent au loin.
Il est un moyen de rompre les gués, dont j’ai usé deux fois avec le plus grand succès, et entr’autres dans une circonstance des plus critiques. Je le rapporterai ici sans amour propre, mais simplement pour l’instruction des jeunes Officiers. Dans la circonstance dont je parle, je ne commandois point encore en Chef, je me trouvois de nouveau aux ordres du même Général (Comte de Saint-Germain) dont j’ai parlé lors du passage de la riviere d’Inn, et qui m’honoroit de sa confiance. Nous étions sur le bord de la Moutre, petite riviere d’Alsace, dont les deux rives étoient assez escarpées ; mais le fond, que j’avois sondé moi-même en plusieurs endroits, étoit bon, il y avoit d’ailleurs un abreuvoir assez considérable pour suffire à 40 chevaux à la fois, et deux gués très-bons et très-faciles.
Notre Général n’avoit qu’un corps de 6000 hommes, dont moitié consistoit en cavalerie, et sur-tout en dragons, lorsqu’il arriva un ordre du Général de l’armée de lui envoyer la plus forte partie de ce corps, afin de couvrir la marche de la grande armée, qui se dirigeoit sur une place des plus importantes (Strasbourg) et qui étoit exposée à prêter le flanc à un corps considérable d’ennemis dont il sera bientôt question.
Notre petite armée fut donc très-affoiblie : elle étoit d’autant plus mal à son aise, qu’elle avoit à se garantir des entreprises d’un corps ennemi qui étoit vis-à-vis de nous de l’autre côté de la riviere, et qui n’avoit au plus que trois quarts d’heure de chemin à faire pour nous joindre.
Notre surprise ne fut pas médiocre lorsqu’au point du jour du lendemain nous vîmes que ce corps, qui la veille au soir était de 2000 hommes au plus, se trouvoit augmenté au moins de 6000, tant en cavalerie légere qu’en infanterie.
Nous étions, pour ainsi dire, dans le cas de nous regarder comme des enfans perdus et destinés à être sacrifiés au salut de l’armée. La crise étoit pressante, d’autant plus que nous devions nous mettre en marche le lendemain, pour (marchant en forme de potence) nous trouver à la queue de l’armée et faire l’arriere-garde du tout.
Notre Général heureusement ne se laissa point abattre par la situation critique où nous étions, et sut dérober aux troupes la connoissance du danger qu’il sentoit. Cependant, la position étoit cruelle ; mais, comme il avoit une confiance entiere en moi, il me fit part de son inquiétude sans me déguiser le risque que nous courions tous également.
Dans cette extrémité, il étoit question de se mettre l’esprit en repos par quelque stratagême, puisque nous n’avions point de secours à espérer, et que le Maréchal de Sekendorff, qui quelques heures auparavant étoit venu jusqu’à l’Abbaye de Neubourg, lui avoit dit de s’arranger comme il pourroit. Pour obvier au péril, je présentai à mon Général des moyens auxquels il souscrivit : il y donna les mains avec la plus grande bonté, et il me laissa toute la liberté d’agir d’après mes idées.
Je ne tardai pas de profiter de la liberté qu’il me donna toute entière. Je commandai aussi-tôt cent dragons, que je détachai en dix troupes, pour aller chacune dans les villages circonvoisins chercher et ramener autant de menuisiers et charpentiers qu’ils en pourroient rassembler, et avec ceux-ci grand nombre de paysans tous munis de haches et de pêles. J’ordonnai aussi aux dragons de faire charger, sur des voitures, un aussi grand nombre de ces chaînes que les paysans mettent à leurs chariots, qu’il seroit possible d’en trouver, et de revenir en toute diligence avec ces différens secours.
Mes ordres ayant été exécutés, je fis couper quantité d’arbres fruitiers, parce qu’il n’y en avoit point d’autres convenables à notre portée ; je fis enlever de ces arbres toutes les extrémités des branches, afin qu’ils n’offrissent plus qu’un corps hérissé de pointes fortes et solides : tous ces corps d’arbres ayant été transportés à force d’hommes et de bras dans les approches des lieux où ils devoient être employés, et y étant rassemblés, je les fis jetter dans l’abreuvoir et les gués qu’il s’agissoit de rompre et de rendre impraticables ; je fis arranger plusieurs de ces arbres les uns à travers les autres, en les liant à mesure avec des chaînes de fer dont on avoit apporté grande provision, et qui, étant grossierement mais solidement entrelassés, remplissoient mon objet. Par-là l’abreuvoir et les gués furent hérissés de troncs forts et piquants, et embarrassés par une multitude de chaînes de fer qui lioient les troncs d’arbres les uns avec les autres. Pendant ce travail j’en conduisois un autre à une lieue au dessous du courant de la riviere, où, pour en arrêter le cours, je fis construire un batardau. Par ce dernier moyen, les gués se remplirent d’une quantité d’eau assez considérable pour être suffisamment gardés par eux-mêmes.
Je faisois en même tems travailler un grand nombre de paysans et quelques soldats le long de la riviere, pour escarper le rivage où nous étions, de maniere à le rendre perpendiculaire, et par conséquent inaccessible à la cavalerie ennemie ; nous fîmes si grande diligence, que tous ces travaux furent finis vers neuf heures du soir. Les eaux s’accrurent et se gonflerent tellement pendant la nuit au moyen du batardeau, que dès le grand matin elles étoient au niveau de la rive droite que nous occupions, et qu’elles versoient sur la rive oposée, qui étoit un peu plus basse, au moyen de quoi elles se répandoient dans la plaine, qui étoit une vaste prairie entre la riviere et un grand bois qui couvroit les ennemis ; ainsi les arbres entrelassés dans les gués et dans l’abreuvoir n’étoient plus à découvert, et ne laissoient plus apercevoir aux ennemis le piege qui les menaçoit.
Notre Général, toujours actif, passa la nuit à cheval occupé à visiter les postes, à observer successivement chaque sentinelle et chaque vedette, et pour s’assurer par lui-même si le Général ennemi, qui étoit devant nous, feroit quelque mouvement. Nous étions dans le cas de le découvrir, parce que l’eau, qui avoit débordé, nous avoit fait quitter le bord de la riviere, et que nous étions montés sur un grand plateau où nous jouissions du beau clair de lune, qui nous mettoit à portée de découvrir au loin. Nous étions encore éclairés par les feux que les ennemis avoient affectés d’allumer en beaucoup d’endroits.
A huit heures du matin notre Général, ayant eu avis de la hauteur ou se trouvoit l’arrière-plan de notre armée, jugea à propos de se mettre en marche, et ordonna les dispositions de la retraite. Notre troupe commença à défiler quand nous apperçûmes l’ennemi se mettre en mouvement pour venir à nous, comptant passer la riviere avec la facilité qu’ils avoient cru devoir naturellement rencontrer. Leur projet étoit de nous envelopper et de nous anéantir ; ce projet n’étoit pas ridicule, puisque nous n’étions plus que le fond de deux mille hommes, réduit à moins de quinze cens, et que le nombre des ennemis étoit au moins de 12 000 hommes, parce qu’il avoit été renforcé par une infinité de monde qui leur arrivoit d’un instant à l’autre.
Ce projet, si admirablement concerté de la par du Prince Charles de Lorraine, le conduisoit à nous envelopper ou nous écharper tout à coup. Apres nous avoir entierement défaits, ce corps seroit tombé sur l’arrière-garde de notre armée et sur la queue de l’armée même, où ils auroient causé beaucoup de désordre, en arrivant par la hauteur d’un beau pays dominant et bien propre à favoriser leur manœuvre, d’autant plus que ce terrein les mettoit à portée de prendre nos troupes en flanc sur une chaussée très-inférieure au lieu d’où ils les auroient insultées. Leur projet étoit donc bien concerté, mais il échoouerent à la faveur de nos travaux de la veille ; et tandis que notre corps défiloit, le Général, trois Officiers de l’Etat Major et moi pour jouir de l’étonnement que leur causeroit les obstacles invincibles que nous avions opposés.
En effet, un corps de deux ou trois cens hussards, qui formoient l’avant-garde de l’ennemi, fut conduit par des paysans qu’il avoit choisi pour guides ; sur la foi de ceux-ci ils entrerent dans l’eau. Les précautions que nous avions prises de faire arrêter, par des partis à cheval distribués au-dessous et au-dessus, tout ce qui alloit du côté de l’ennemi, les avoient privés de tout moyen d’être instruits de notre manœuvre. A peine ces hussards eurent-ils avancés quelques pas, qu’ils se trouverent dans l’eau à la hauteur de leur chevaux, et que ces chevaux embarrassés par les branches d’arbres qui étoient en croix et en travers, et doublement pris par les chaînes qui lioient ces troncs, blessés d’ailleurs par les pointes, furent hors d’état d’aller plus avant. L’infanterie arrivoit successivement ; plusieurs soldats, à l’exemple de leurs Officiers, se mirent dans l’eau pour aider aux efforts des hussards. D’abord ceux-ci, croyant n’avoir que des bois à écarter, avoient tenté de le faire à coups de sabre ; mais leurs sabres, portant sur les chaînes de fer, voloient en éclats. Il est certain qu’on ne peut rien ajouter à l’ardeur, aux efforts, et à l’intrépidité que marquerent ces braves gens pour surmonter l’obstacle ; aussi leur consternation fut-elle extrême. Nous jouîmes pendant près d’une heure de ce spectacle satisfaisant pour nous, en admirant le courage et la persévérance de l’ennemi. Ce fut ainsi que nous échappâmes au danger le plus affreux ; notre troupe continuoit sa marche du pas le plus tranquille : nous n’avions pas même à craindre que l’ennemi pût nous joindre par un autre côté, avant que nous fussions parvenus en un lieu de sûreté, parce qu’il avoit un détour trop considérable à faire ; nous arrivâmes à un endroit nommé la Briquerie, où il n’y avoit plus de danger pour nous, ni pour l’arriere-garde de la grande armée. Ce fut de-là que je me rendis, par les ordres de M. le Comte de Saint-Germain, auprès de M. le Maréchal de Coigny, qui, ayant appris ce que nous avions fait et où nous en étions, m’avoua qu’il avoit désespéré de revoir jamais aucun de nous. On peut juger que sa satisfaction fut entiere. L’exemple que je viens de citer me dispense, je crois, d’en dire davantage, ayant rapporté cet événement tout au long pour les jeunes gens, et pour servir d’instruction à ceux qui se trouveront dans une pareille circonstance.
Il me reste une observation à faire sur l’objet de ce Chapitre, et j’ajouterai que, si les ennemis ne se sont pas encore assez approchés de la riviere pour en empêcher le travail, il sera très-bien fait de joindre un certain nombre de paysans à un nombre de soldats, qui commandés par un Ingénieur ou par un Officier entendu, passeront la riviere pour faire, sur l’avenue des ennemis et le long de la riviere, quelques coupures et des tranchées irrégulieres, dont la terre doit être jettée et étendue au loin ; ils feront aussi des puits ou entonnoirs autant qu’il sera possible d’en faire, afin que la surface de l’eau venant à grossir au moyen du batardeau qu’on aura pratiqué et déborder de ce côté-là, si c’est un terrein uni (comme un cours de riviere le présente ordinairement), puisse remplir les entonnoirs et les fossés qu’on aura creusés, et que l’eau, se trouvant au même niveau et ne présentant plus qu’une surface pleine, vous rassure entièrement sur les approches de la cavalerie qui trouvera ces obstacles ; obstacles dangereux et nuisibles pour cette cavalerie, et d’autant plus considérables, que les chevaux et les cavaliers ne pourront jamais s’en tirer, et qu’il en périra la plus grande partie et même tous ceux qui s’y seront présentés, sur-tout si on a eu la précaution de faire les puits et les coupures un peu larges du haut et profonds, et les fossés dans la même forme, afin que les chevaux, venant à y entrer, ayent les quatre jambes si près les unes des autres, qu’ils ne puissent faire aucun mouvement ; ce moyen fera perdre du tems au ennemis, et ils y perdront beaucoup de monde par l’accident, et plus encore par le feu de votre artillerie, qui tirera comme à bout portant.
Les deux bateaux, que nous avons dit au Chapitre second devoir être conduits à la suite du corps, serviront à transporter les soldats et les paysans qu’on enverra à la rive opposée pour y faire les travaux qui viennent d’être indiqués. J’observe seulement que, si l’on voit que les ennemis s’approchent, et qu’il y ait à craindre que le travail soit troublé, on ne doit pas s’obstiner, ni risquer de perdre du monde, soit par le feu ou par les prisonniers que les ennemis pourroient faire. Dans ce cas, il convient de rembarquer les soldats par préférence aux paysans, et sans s’exposer aux événemens fâcheux qui pourroient arriver si l’on attendoit que l’ennemi fût trop proche.
Quant aux rivieres sur lesquelles il y a un pont de bois, il est facile de le détruire pour retarder la marche et les opérations des ennemis. On n’en a pas moins la facilité d’employer tous les autres moyens qui ont été indiqués, et ceux que les circonstances peuvent présenter. Ainsi, comme il convient de prévenir l’ennemi en le privant des ressources qui pourroient le faciliter dans ses vues, soit pour les incursions qu’il pourroit faire dans la partie que vous occupez, ou dans celle qu’il vous convirendra de vous ménager, il faut rompre et entierement détruire le pont qui lui seroit favorable, quand même vous pourriez prévoir que ce pont dût vous être utile. Cette considération ne doit point du tout vous déterminer à le conserver, attendu qu’il faut d’abord priver les ennemis des moyens de vous nuire, et ne négliger aucun de ceux qui peuvent retarder ou déconcerter leurs entreprises. On a toujours la ressource de construire de nouveaux ponts, quand les circonstances l’exigent.
Toutes les baraques de pêcheurs, toutes les cabanes de bergers, toutes les maisons isolées, et même des villages entiers, qui peuvent offrir à l’ennemi des ressources ou des postes favorables, doivent être détruits ou brûlés ; extrémité bien triste et bien accablante, j’en conviens ; mais telle est la loi terrible et indispensable de la guerre, on n’y peut rien ménager toutes les fois que ce que l’on ménageroit tourneroit à notre ruine.
|
||||||||||||||||||
|
|
Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin |
||||||||||||||||||