Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

CHAPITRE IX.

Des Ordonnances.

 

J’ai parlé dans le premier chapitre d’un nombre de vingt-cinq hussards. Ces vingt-cinq hussards, quoiqu’ils puissent être de différens régimens, doivent avoir le même uniforme, pour persuader aux ennemis qu’ils font partie du corps, et pour qu’ils soient plus facilement reconnus de tout votre monde. Ils doivent tous être gens de confiance et d’une fidélité à toute épreuve, tels enfin que je les ai désirés lorsqu’il s’est agi de la formation du corps. On a vu que je les ai particulierement destinés à servir en qualité d’ordonnances, indépendamment des autres services qu’ils pourront faire, par exemple lorsqu’il sera question de poser des vedettes doubles, etc. Mais d’ailleurs, si le Commandant a des avis d’une certaine importance à donner au Général ; il est de la sagesse de faire accompagner le hussard d’un dragon bien choisi, tant pour s’assurer plus essentiellement de la fidélité de l’ordonnance, que pour prévoir aux incidens qui pourroient arriver sur la route : comme par exemple, d’être attaqué par des paysans dévoués aux ennemis, par un parti contraire ; de perdre son cheval, d’éprouver quelque incommodité, qui le forçât de rester en chemin, ou tel autre cas possible, auquel un second peut suppléer, soit par le secours qu’il donne à son compagnon, soit par son adresse, etc.

 

Il est même des occasions importantes où le Commandant doit faire partir à la fois plusieurs ordonnances, par des routes différentes, et même par des routes détournées, afin d’être bien certain que l’avis qu’il envoye ne peut manquer d’être rendu. S’il s’agit, par exemple, d’instruire le Général que l’ennemi marche en corps d’armée, ou de quelqu’autre objet bien intéressant, il ne faut négliger aucune précaution, pour en informer aussi-tôt le Général de l’armée, ou l’Officier général qui se trouve le plus à portée.

 

Il ne suffit pas de prendre des mesures relatives à l’arrivée, à la célérité et à la fidélité des ordonnances, il faut encore que le Commandant du corps soit convenu d’un chiffre particulier, pour les occasions importantes. Alors il fait une double expédition, et en donne une à chacun des ordonnances. Ainsi s’il arrivoit qu’il y en eût un qui fût pris ou tué, ou qu’il eût passé aux ennemis, avec les ordres dont il est porteur, on auroit lieu d’espérer que son second seroit moins malheureux, et resteroit fidèle.

 

Au reste l’emploi d’ordonnance n’est pas le seul que je destine aux hussards ; ils seront très-propres encore à éclairer les marches, à entre-mêler les vedettes, lorsqu’il sera question d’en poser de doubles dans les postes essentiels. On les fera paroître aussi dans les détachemens avec les dragons : ce qui annoncera aux ennemis, qui ignoreront leur petit nombre, qu’ils ont à se mettre en garde contre les entreprises des hussards.

 

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