| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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CHAPITRE VII. Des Gardes avancées, Sentinelles et Védetes.
Il est de la prudence du Commandant de poster lui-même ses gardes, et même de les composer, sur-tout pour la nuit, de dragons, en qui il ait une entiere confiance. Cette attention est encore plus nécessaire, si par hasard on a l’ennemi devant soi ou à sa portée. On sait quels inconvéniens pourroit entraîner la désertion des vedettes. Il faut employer la même précaution pour l’infanterie. Pour cet objet le Commandant doit agir d’intelligence avec ses sergens et ses caporaux, ainsi qu’avec les brigadiers et les maréchaux de logis ; et mettre dans le choix des sentinelles assez de ménagement, pour ne pas laisser connoître aux soldats la méfiance qui détermine à prendre toutes ces précautions.
Quand même on jugeroit que l’ennemi est à une grande distance, il ne faut négliger aucune précaution pour la nuit, particulierement lorsqu’on fait la petite guerre. Il y a toujours à se méfier des ruses de l’ennemi ; souvent il est très-proche, quoiqu’on le croye très-éloigné. L’avantage est assuré aux troupes légeres, dont le Chef est le plus vigilant.
Toutes les fois que les caporaux ou les brigadiers se mettront en devoir de relever leurs sentinelles ou vedettes, après avoir rassemblé leur monde, et en avoir fait l’inspection, notamment celle des armes, ils présenteront les sentinelles ou vedettes à celui qui commande le poste, qui se fera rendre compte par les bas-Officiers des consignes, afin qu’il sache par lui-même si l’on ne les altere point : car il arrive souvent qu’on les augmente par bétise, ou qu’on les diminue par ignorance, ou par défaut de mémoire.
Le même ordre sera observé, lorsqu’ils auront relevé les postes : et les bas-Officiers seront tenus de présenter ceux qui viendront de faire faction à l’Officier, qui leur fera répéter la consigne qu’ils auront laissée à celui qui a pris leur place. Il y aura bien des cas encore où le Commandant de la garde aura occasion de questionner ceux qui viennent de certains postes. Ces précautions sont d’autant meilleures, que l’Officier étant souvent éveillé la nuit, il court moins risque d’être surpris ; et si l’on veut que je dise vrai, quelque mérite qu’ait ce dernier avis, je ne le donne que par rapport à la vigilance de l’Officier : car il en est de jeunes qui, s’endormant le soir, ne s’éveilleroient que le matin, si l’on ne prenoit cette habitude, qui est un vrai moyen pour les tenir alertes.
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