| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Dans une autre lettre du 19 août, Tourville, relatant la prise d'Agosta, décrit l'action fougueuse de Coëtlogon qui "avec quelques mousquetaires coupe la première barrière à coup de haches malgré une grêle de boulets de canon et de pierres et quelques coups de mousquet" et se porte en chaloupe à son secours avec tous les soldats disponibles.
au prix de multiples blessures Coëtlogon enlève la Tour d'Avalos ; ce qui entraîne la capitulation de la ville. A la bataille navale d'Agosta, durant laquelle Ruyter allié des Espagnols est blessé à mort, Coëtlogon, capitaine de pavillon du chef d'escadre Gabaret commandant sur le Sans-Pareil l'arrière-garde de Duquesne, est à nouveau blessé, le 22 avril 1676. Commandant l'Eclatant, il attaque en premier et avec fureur l'escadre hispano-hollandaise au mouillage de Palerme le 31 mai. En 1677, sous les ordres de Duquesne, il escorte un convoi de troupes vers Messine et en mars 1678 participe à l'évacuation de Messine, quatre mois avant la paix de Nimègue, qui met fin à la guerre menée par Louis XIV contre les Provinces Unies et l'Espagne et donne à la France la Franche Comté et les places fortes protégeant le royaume de Dunkerque à la Meuse. Pendant la campagne de
Sicile d'Alain Emmanuel, son frère Louis a acheté le château
de Loyat près de Ploërmel, construit Le naufrage de Tourville en 1679 Commandant l'Arc en Ciel, Coëtlogon fait partie de la division, que Tourville, chef d'escadre depuis 1675, à bord du Sans-Pareil, ramène de Toulon à Brest en 1679. Après avoir fait escale à Cagliari, Tripoli et Lisbonne, le Sans-Pareil et le Conquérant sombrent au cours d'une violente tempête sous Belle-Isle ; Tourville et son équipage sont sauvés par Coëtlogon ; le chef d'escadre rend compte du naufrage et de l'action de Coëtlogon dans une lettre adressée à Seignelay :
Crise spirituelle en 1680 En 1680, Alain Emmanuel de Coëtlogon est toujours célibataire à 34 ans ; il a deux soeurs religieuses, un frère évêque, un autre recteur de Crozon et son neveu Louis, fils de son frère René (veuf depuis 1677) vient d'être nommé évêque de Saint Brieuc ; il étudie la théologie et envisage d'entrer dans les ordres avec l'accord de l'évêque de Rennes, Jean-Baptiste de Beaumanoir de Lavardin, qui l'autorise dans un document rédigé en latin "à recevoir la tonsure de n'importe quelque illustrissime et révendissime évêque régulièrement et canoniquement institué, non frappé de suspens" ; Coëtlogon abandonne son projet religieux pour reprendre la mer, mais profondément marqué par cette crise spirituelle va mener une vie austère dans un célibat quasi-monastique. Nouvelles campagnes (1683-1689) Coëtlogon prend en 1683 le commandement du Bon dans l'escadre de Preuilly d'Humières envoyée au Danemark. Le 27 août 1683, il perd son frère René, gouverneur de Rennes, qui est remplacé par son fils René Hyacinthe, troisième marquis de Coëtlogon. En 1685, le capitaine de vaisseau de Coëtlogon commande le Vermandois de quarante-quatre canons à Tanger et à Cadix ; en 1686, il livre combat devant Malaga à deux vaisseaux espagnols de cinquante-six et quarante-quatre canons, qui refusent de saluer le pavillon du roi de France et les oblige à se réfugier à la nuit sous les batteries de Malaga. Il prend en 1687, à l'abordage un corsaire algérien et participe en 1688 dans l'escadre d'Estrées à un nouveau bombardement d'Alger. Le combat de Bantry (11 mai 1689) En 1688, Jacques II Stuart (duc d'York frère de Charles II) devenu catholique, est renversé par Guillaume d'Orange et se réfugie en France. Guillaume d'Orange devenu Guillaume III d'Angleterre coalise la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Empire et les Provinces Unies contre Louis XIV, qui décide de rétablir Jacques II sur le trône d'Angleterre ; la guerre de la ligue d'Augsbourg va se dérouler de 1689 à 1697. Soutenu par la France, Jacques II débarque avec des troupes à Kinsale le 22 mars 1689 pour reconquérir son royaume avec le concours des Irlandais catholiques et de ses partisans écossais. Le 10 mai, Alain Emmanuel de Coëtlogon commandant le Diamant débarque des soldats et du matériel à Bantry dans l'escadre de Chateaurenault, son neveu par alliance ; celui-ci engage le 11 mai au large du cap Clear, l'escadre de l'amiral anglais Herbert. Durant la canonnade, qui dure six heures, un incendie se déclare dans les gargousses à bord du Diamant ; une explosion arrache la dunette, tuant trente gardes de la Marine. Bien qu'une partie de son équipage ait sauté à la mer, Coëtlogon continue à combattre en luttant contre l'incendie, qu'il arrive à circonscrire. Les vaisseaux anglais ont beaucoup souffert et la moitié d'entre eux ne sont plus en état de combattre, mais Chateaurenault laisse échapper son adversaire sans obtenir une victoire décisive. Chef d'Escadre (1689-1701) Coëtlogon est nommé chef d'escadre le 1er novembre 1689 et va se retrouver sous les ordres de Tourville lieutenant général depuis le 1er janvier 1682 et qui vient d'être promu vice-amiral du Levant à la même promotion. Avec Tourville à Bézeviers et Barfleur (1690-1692) Durant la bataille de Bézeviers, qui oppose le 10 juillet 1690 Chateaurenault à l'avant-garde à l'amiral hollandais Evertzen, Tourville au centre à Herbert, comte de Torrington et Ashby, et Victor d'Estrées à l'arrière garde à Delaval, Coëtlogon commande une division de l'avant-garde sur le Saint Philippe ; il participe avec vaillance à la destruction de l'escadre hollandaise encerclée par Villette Mursay et Tourville, pendant que les britanniques font remorquer leurs vaisseaux par des chaloupes hors de portée des canons français. A la renverse du courant à 16 heures 30, les anglo-hollandais mouillent, les français les imitent trop tard et dérivent loin de l'adversaire. SCHEMA Avant la campagne du Large de 1691, Coëtlogon écrit de Brest à Tourville le 26 mars 1691, pour lui faire part de ses inquiétudes au sujet d'un convoi envoyé au secours de Limerick sur le Shannon assiégée par Guillaume III :
Coëtlogon prend part à la brillante campagne du Large conduite par Tourville contre Russel de juin à septembre 1691 à l'ouvert de la Manche, chef d'oeuvre d'habileté manœuvrière et de tactique navale. En février 1692, Louis XIV décide sur le conseil de Bonrepaus de s'emparer de Londres en débarquant à Portland treize mille fantassins et trois mille cavaliers rassemblés à Saint-Vaast-la-Hougue sous les ordres de Jacques II Stuart et du Maréchal de Bellefonds, après la destruction de la flotte anglo-hollandaise par Tourville, qui estime manquer de moyens mais obéit. Le 29 mai
1692, Coëtlogon commande une division sur
le Magnifique de quatre vingt six
canons et six cents hommes d'équipage dans
l'arrière garde de Gabaret opposée à
l'escadre bleue de l'amiral anglais Ashby
secondé par les amiraux Carter, Rooke et
Showel. Le combat commence vers 11 heures ;
le vent faible et incertain vient du
nord-ouest ; les deux lignes adverses
font route SCHEMA BARFLEUR
Il ajoute
dans ses Mémoires : "Le
chevalier de Coëtlogon se distingua par un
endroit que l'événement a autorisé. Au
lieu de suivre Mr Gabaret, son amiral, il
s'attacha au comte de Tourville et fit
merveilles avec lui. Tout bien regardé, Coëtlogon
n'a pas montré à cette occasion moins de
bonne conduite que de fermeté et il est
digne de beaucoup de louanges". Le
père Hoste, aumônier de Tourville, qui a
assisté à la bataille écrit, en la
relatant, dans sa Théorie des Evolutions
Navales, publiée en 1697 : "Une
juste reconnaissance m'oblige de ne pas
oublier le chevalier de Coëtlogon, chef
d'escadre, qui, par une valeur incomparable,
vint partager la gloire de cette action. Il
était contre amiral bleu et son poste
naturel l'avait mis hors de la portée des
ennemis ; mais voyant l'Amiral de
France Coëtlogon demandera à passer en conseil de guerre pour ce glorieux acte d'indiscipline et sera acquitté. Le 30 mai Gabaret et Nesmond rejoignent Brest avec cinq vaisseaux, deux rallient Le Havre et deux La Hougue. Tourville essaie de gagner Saint Malo par le Raz Blanchard ; en fin d'après-midi, il doit abandonner trois vaisseaux dont le Soleil Royal, qui s'échouent en rade de Cherbourg et seront incendiés par les brûlots de l'amiral Delaval le Ier juin. Vingt-deux navires franchissent le Raz Blanchard dans la nuit du 30 au 31 mai et se réfugient à Saint Malo sous les ordres de Panetié ; les dix derniers dont l'Ambitieux de Villette, sur lequel Tourville a transféré son pavillon et le Magnifique de Coëtlogon, entrent trop tard dans le chenal, chassent sur leurs ancres et se mettent à l'abri sous Saint-Vaast-La-Hougue, sans câbles pour mouiller ; ils s'échouent sous les forts de La Hougue et de Tatihou et seront incendiés par l'ennemi, sans que les troupes à terre cherchent à s'y opposer : quinze vaisseaux sont ainsi perdus. Lagos et le convoi de Smyrne Le 26 mai 1693, Tourville, élevé en mars à la dignité de Maréchal de France, appareille de Brest sur le nouveau Soleil Royal avec soixante-et-onze vaisseaux, dont celui de Coëtlogon et quinze frégates. Le 2 juin la flotte mouille à Lagos pour se mettre à l'abri du mauvais temps ; le 26 juin le convoi de Smyrne est signalé ; il compte cent quarante-huit navires marchands, escortés par vingt-sept vaisseaux commandés par l'amiral britannique Rooke et l'amiral hollandais Van Der Goes. Tourville appareille aussitôt ; l'escorte mal engagée par Gabaret s'échappe ; une centaine de bâtiments marchands sont pris entre Lagos, Cadix, Gibraltar et Malaga ; la valeur des prises s'élève à plus de trente millions. Le 8 juillet, Coëtlogon détâché avec huit vaisseaux s'empare sous les canons des forts de Gibraltar de deux vaisseaux et de trois marchands hollandais. La défense de Saint Malo (novembre 1693) En août, le Trésor étant vide, Tourville désarme sa flotte à Toulon. Le chevalier de Coëtlogon rentre à Rennes. Le 26 novembre par un hiver précoce et dur, l'amiral anglais Benbow investit Saint Malo avec une escadre de dix vaisseaux et six galiotes pour détruire ce nid de corsaires avec une machine infernale constituée par un navire de grande taille rempli de poudre. Les galiotes mouillées dans la fosse aux Normands sous le Grand Bé, bombardent la ville. Le Duc de Chaulnes, Gouverneur de Bretagne, accompagné de Chateaurenault, Coëtlogon, Bienassis et Saint Maur, arrivent à Saint Malo le 28 pour prendre les dispositions de défense. Les femmes et les enfants ont été évacués ; heureusement la machine infernale, lancée sur la ville à la pleine mer, s'échoue sur un rocher avant de l'atteindre. L'amiral anglais dépité se retire. Affaires de famille (1692-1694) En 1692 le marquis René Hyacinthe de Coëtlogon, neveu du chef d'escadre meurt ; son fils René-Gabriel est décédé en 1686 ; sa fille Suzanne Guyonne, héritière du Marquisat, épouse le 17 mai 1694 le cousin germain de son père Philippe Guy, fils de Guy de Coëtlogon Méjusseaume et neveu du chef d'escadre ; Philippe Guy devient le quatrième marquis et aura un fils César Magdeleine. La Course (1694-1697) Le 1er février 1694, le chevalier de Coëtlogon est nommé chevalier de l'Ordre Militaire de Saint Louis, institué par le roi en avril 1693 "en considération des services qu'il rend depuis dix-neuf ans tant en qualité de capitaine de vaisseaux que de chef d'escadre". En 1694 il adresse au Ministre un rapport sur la situation de la Marine et son emploi :
Dans ce long rapport, Coëtlogon préconise de tenir la mer au lieu de laisser les forces navales dans les ports à la merci du blocus ennemi, il encourage la guerre de course, qui fera du tort au commerce adverse, jette un regard lucide sur le manque de connaissances de certains officiers, qui comptent plus sur leurs appuis, que sur leurs mérites pour avancer et demande l'application stricte de la discipline. Il semble que le chevalier de Coëtlogon se soit livré à la Course, de 1694 à la paix de Ryswick, qui met fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg, mais rien ne permet de le prouver. En 1697, son neveu le capitaine de vaisseau Jacques de Coëtlogon, fils de son frère Sébastien meurt à trente-cinq ans des suites des blessures reçues durant le siège de Carthagène d'Amérique par Ducasse et Pointis. Lieutenant GÉnÉral (1701-1704) La guerre de succession d'Espagne Le 30 octobre 1701 Charles II roi d'Espagne meurt sans laisser d'héritier et désigne comme successeur le duc d'Anjou petit-fils de Louis XIV ou à défaut l'archiduc Charles fils de l'Empereur Léopold. Le Duc d'Anjou est proclamé roi d'Espagne sous le nom de Philippe V, tout en conservant ses droits sur le trône de France. Jacques II Stuart meurt à son tour et Louis XIV reconnait son fils Jacques III comme roi d'Angleterre, ce qui irrite Guillaume III. Le 7 septembre 1702, l'Empire, les Provinces Unies et la Grande-Bretagne se coalisent à nouveau contre la France. En
mai 1701 la mort de Tourville cause
un profond chagrin Jérôme de Pontchartrain, qui a succédé à son père en 1697 au Secrétariat à la Marine, ne dispose que de cent-dix vaisseaux à opposer aux deux-cent-vingt-sept vaisseaux anglais et hollandais de la coalition et tout en poursuivant la guerre de course, tente de maintenir la liberté de communications, d'une part entre la France et l'Espagne, d'autre part entre l'Espagne et l'Amérique. Le vice amiral de Chateaurenault est nommé capitaine général des Mers de l'Océan par Philippe V ; le chevalier de Coëtlogon lui est adjoint "avec pouvoir de capitaine général du roi d'Espagne dans les Indes en l'absence du comte de Chateaurenault". Campagne d'Amérique (1702) En 1702, Coëtlogon au service de l'Espagne à la tête d'une escadre de cinq vaisseaux : le Monarque, l'Orgueilleux, le Vainqueur, l'Eole et la Couronne, est chargé de protéger le ravitaillement des colonies espagnoles. Il séjourne à Vera Cruz au Mexique et demeure à la suite d'ordres et contre-ordres dans une longue inaction, dont il s'indigne dans une lettre du 2 janvier 1702, écrite à la Havane. Combat du cap de la Roque (22 mai 1703) Revenu sur les côtes espagnoles, le chevalier de Coëtlogon sur le Vainqueur livre bataille au large du Cap de la Roque avec sa petite escadre à cinq vaisseaux hollandais escortant la flotte de Lisbonne et de Saint Wal ; la relation officielle du combat, qui suit, se trouve aux Archives Nationales (B 4 Marine 25).
Combat naval donné par Coëtlogon le 22 mai 1703
Coëtlogon eut quinze tués et quatre-vingt blessés parmi ses équipages. La bataille de Vélez Malaga (24 août 1704) En 1704 le comte Louis Alexandre de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, Amiral de France à cinq ans, Gouverneur de Bretagne en 1695 et Lieutenant Général en 1702, arme une escadre à Brest, rallie Toulon et appareille le 22 juillet avec cinquante vaisseaux, dont le Monarque de Coëtlogon. L'escadre anglo-hollandaise de l'amiral, forte de cinquante-trois vaisseaux s'empare de Gibraltar le 4 août 1704. Le 24 août les deux escadres sont à la vue devant Velez Malaga ; l'avant-garde de Villette Mursay, dans laquelle Du Casse commande une division, s'oppose aux amiraux anglais Showel et Leake ; au centre le comte de Toulouse avec à ses côtés le Maréchal Victor d'Estrées et secondé sur le Tonnant par le Lieutenant Général de Coëtlogon remplissant les fonctions de vice amiral du corps de bataille, fait face à l'amiral Brooke ; le marquis de Langeron commande l'arrière garde et se mesure avec l'amiral hollandais Callenburgh. Pendant deux heures les deux lignes se canonnent vigoureusement. Malgré les objurgations du Lieutenant Général de Relingues, qui, commandant une division sur le Terrible, a eu une jambe emportée par un boulet et mourra le lendemain, le comte de Toulouse ne poursuit pas son avantage sur les ennemis, qui manquent de munitions. Commandant la Marine au Port de Brest (1705-1714). Les honneurs et les rÉcompenses La bataille de Vélez Malaga est le dernier combat de Coëtlogon à la mer ; il prend d'octobre 1705 à avril 1707 le commandement de la Marine à Brest. Le 1er novembre 1705, il est élevé au grade de Commandeur de Saint Louis avec une pension de trois mille livres "à la place de feu le comte de Relingues, en considération des preuves qu'il a données de sa valeur et de son expérience consommée dans la Marine pendant trente-huit ans de services avec faculté de porter le ruban rouge couleur de feu en écharpe" (le Cordon rouge). En 1705, son neveu Louis, fils du Marquis René de Coëtlogon, et évêque de Saint Brieuc devient évêque de Tournai ; son frère François évêque de Quimper meurt en 1706, pendant qu'il arme à Brest et Lorient une escadre de dix-huit vaisseaux pour effectuer une diversion dans l'océan, afin d'empêcher l'adversaire de concentrer ses forces en Méditerranée ; le lieutenant général ne pourra sortir de Brest bloqué par l'ennemi. En 1707 son neveu évêque de Tournai meurt à son tour. Le chevalier de Coëtlogon assure à nouveau le commandement de la Marine à Brest de juin 1708 à septembre 1709. En 1709, le quatrième marquis de Coëtlogon son neveu Philippe Guy, mousquetaire, guidon de la compagnie des gendarmes écossais, procureur général et syndic des Etats de Bretagne puis conseiller au Parlement est terrassé par une attaque d'apoplexie à quarante ans et est probablement inhumé à La Trinité Porhoët ; son fils ainé César Magdeleine, époux de Claude Leborgne d'Avaugour devient cinquième marquis de Coëtlogon et réside fréquemment au château de Coëtlogon. En 1712, le Traité d'Utrecht met fin à la guerre de succession d''Espagne, après les victoires de Villaviciosa remportée par Vendôme en 1710 et de Denain gagnée par Villars en 1712 ; Louis XIV garde ses conquêtes territoriales, mais cède aux anglais Terre Neuve, l'Acadie et la Baie d'Hudson. La même année Coëtlogon perd son frère Guy, âgé de soixante-dix-sept ans, chef de la branche des Coëtlogon Méjusseaume ; il séjourne épisodiquement à Brest en octobre 1712, novembre 1713 et novembre 1714. Les travaux du château de Loyat Dès 1707, le chevalier de Coëtlogon, qui ne peut rester inactif, va s'occuper de la construction du nouveau château de Loyat, qui doit remplacer l'ancien difficilement restaurable et qui appartient à son neveu René Charles Elizabeth, vicomte de Loyat, fils de son frère Louis, procureur général et syndic des Etats de Bretagne. Le lieutenant général participe jusqu'à sa mort au financement de l'opération menée par l'architecte vannetais Olivier Delourme. Ce magnifique château, que l'on peut toujours admirer à Loyat sortira de la famille en 1791 à la mort du dernier vicomte de Loyat Emmanuel Louis, dit le comte de Coëtlogon, lieutenant général des armées du Roi, décédé sans postérité. En raison du grand nombre d'héritiers, le château sera vendu ; il porte toujours en son fronton de granit l'écusson aux trois bannières de Bretagne, armoiries des Coëtlogon (de gueules à trois écussons d'hermines). Conseiller de la Marine - Vice-amiral du Levant - Conseiller d'État (1715-1717) Le 5 août 1715, Louis XIV accorde au chevalier de Coëtlogon une pension de quatre mille livres sur l'Ordre de Saint Louis "vacante par le décès du Sieur Ducasse" ; le 18 septembre, il est admis au Conseil de la Marine avec voix délibérative. En novembre, Louis XIV disparait. A la mort de Chateaurenault, Coëtlogon reçoit le 18 novembre 1716, la dignité de vice-amiral du Levant qu'il a refusé de racheter au comte de Noailles, fils de Chateaurenault, et est nommé Grand Croix de l'Ordre de Saint Louis avec une pension annuelle de six mille livres. Le 27 mars 1717, le Régent, le duc d'Orléans, le fait désigner pour siéger au Conseil d'Etat, dés qu'une place sera disponible. "Le Roi étant à Paris - porte le brevet - ayant égard aux services du Sieur Marquis de Coëtlogon, vice-amiral de ses armées navales et conseiller au Conseil de la Marine, Sa Majesté a résolu de l'admettre en ses Conseils en qualité de Conseiller d'Etat, mais comme toutes les places se trouvent remplies aux termes du Règlement de 1673, elle a voulu lui assurer dès à présent, une place au dit Conseil". DerniÈres rÉcompenses - La mort (1718-1730) Les ordres du roi Début 1724, le nouveau Régent, le duc de Bourbon, fit une promotion de maréchaux de France et de chevaliers de l'Ordre. "Il donna l'Ordre à Coëtlogon - écrit Saint Simon - tout aussi mal à propos qu'il ne le fit pas Maréchal de France...Coëtlogon en fut vivement touché, mais consolé par le cri public, il n'en fit aucune plainte et s'enveloppa dans sa vertu et sa modestie". Le 28 mars 1724, les titres produits (cent trente-trois pièces) par César Magdeleine, chevalier, marquis de Coëtlogon, chef du nom et armes, petit-neveu de l'amiral, prouvant que l'origine de la famille remontait à l'an 1100, en ligne masculine aux ducs de Bretagne et en ligne féminine à la maison de Porhoët, branche cadette de celle de Bretagne, le vice amiral de Coëtlogon fut admis dans les Ordres du Roi : l'Ordre du Saint Esprit, institué par Henri III en 1578 et l'Ordre de Saint Michel, fondé par Louis XI en 1469, la plus haute récompense à laquelle un gentilhomme pût prétendre. En 1725 son petit neveu Jean de Coëtlogon, frère de César Magdeleine, chevalier de Malte, meurt noyé. Chez les Jésuites (1726-1730) Comme
son frère ainé René,
le vice amiral fait
partie de Maréchal de France - La mort (1730) Saint Simon raconte comment le chevalier de Coëtlogon refusa de vendre sa charge de vice-amiral du Levant pour accéder à la dignité suprême de Maréchal de France :
Dans sa quatre-vingt-quatrième année, le vice-amiral de Coëtlogon se retire définitivement chez les Jésuites de Paris pour se préparer à la mort. Ses neveux René Charles Elizabeth, vicomte de Loyat, et Charles Elizabeth de Coëtlogon deuxième fils de son frère Guy, qui relevé de ses voeux de diacre, a épousé en 1722 Marie de Vétéris du Revest et est châtelain de Romilly sur Seine depuis 1719, sollicitent à son insu le bâton de Maréchal pour leur oncle. Le comte de Toulouse, qui a eu le lieutenant général de Coëtlogon sous ses ordres à la bataille de Velez Malaga, intervient en sa faveur auprès du cardinal de Fleury qui écrit au bas de la requête présentée par ses neveux : "les longs services de Mr de Coëtlogon et son grand âge paraissent mériter que le Roi ait la bonté de l'honorer du bâton de Maréchal de France, le 1er juin 1730". Le Roi écrivit de sa main "Bon" suivi de sa signature "Louis". Le brevet des "Provisions de Maréchal de France pour Mr le Marquis de Coëtlogon, vice amiral de France" fut signé le jour même, car notre héros approchait de sa fin. "Son confesseur - écrit Saint Simon - lui annonça cet honneur ; il répondit qu'autrefois il y aurait été fort sensible, mais qu'il lui était indifférent en ces moments où il voyait plus que jamais le néant du monde qu'il fallait quitter, et le pria de ne plus lui parler que de Dieu, dont il ne fit plus que s'occuper uniquement". Le Maréchal de Coëtlogon s'éteignit six jours plus tard ; dans son testament daté du 6 juin 1730, veille de sa mort, il déclare :
Dans ce testament, il donne un tiers de sa fortune aux oeuvres et pour faire célébrer des messes à sa mémoire ; un tiers à ses serviteurs et le troisième tiers à ses neveux et petits neveux, dont cinquante mille livres à son petit neveu César de Coëtlogon, cinquième marquis, maître de camp et chef de la famille. Malgré son désir, le maréchal fut inhumé dans l'église de Saint Sulpice, rue Garancière en présence le 9 juin de ses neveux René Charles Elizabeth de Coëtlogon, vicomte de Loyat et Charles Elizabeth de Coëtlogon, Seigneur de Romilly. L'inscription suivante aujourd'hui disparue, fut gravée sur sa tombe : "ci-git, Alain Emmanuel Marquis de Coëtlogon, Maréchal et Vice Amiral de France, Chevalier des Ordres du Roi, Grand Croix de l'Ordre royal et militaire de Saint Louis, Conseiller d'Etat au Conseil Royal de Marine, Capitaine Général pour le Roi d'Espagne dans les mers occidentales d'Amérique, décédé le 7 juin 1730". Il ne reste plus trace de l'endroit où il repose depuis plus de deux cent-soixante ans ; dans l'enfeu familial de l'église de la Trinité Porhoët, les marques des dignités de vice amiral et de maréchal de France ont été sculptées, à côté des décorations épiscopales de son frère François, évêque de Quimper et de son neveu Louis, évêque de Saint Brieuc puis de Tournai. On prétend que son coeur aurait été enterré dans le cimetière de Loyat et aurait été retrouvé dans un vase de plomb lors de l'inhumation du comte de Champigny, député de Ploërmel. L'homme et le chef Alain Emmanuel de Coëtlogon est d'une taille élevée comme ses trois frères René, François et Louis ; il a une stature de chêne des traits taillés dans le granit breton et une énergie froide et farouche. Saint Simon le juge doux et probe : "il avait acquis, écrit-il, l'affection et l'estime de toute la Marine ; il avait du sens avec un esprit médiocre mais fort suivi et appliqué ; il était un des plus braves et meilleurs hommes de mer qu'il y eut. Audacieux, mais prudent il fut toujours avare du sang de ses subordonnés" (Turpin). Dans le brevet le nommant Maréchal de France, qui relate les hauts faits de sa vie maritime, nous pouvons lire sous la signature du Roi : "Il a donné dans toutes les occasions des preuves distinguées de son zèle infatigable pour le service de notre Etat et d'un courage intrépide ; il s'est trouvé à onze combats... c'est pourquoi nous avons résolu de l'élever à la dignité de Maréchal de France, pour honorer en sa personne la vertu la plus pure et le plus parfait désintéressement". Sa bravoure au combat et son acharnement se manifestent en particulier dans les actions individuelles ; bien qu'il n'ait jamais commandé en chef de grandes escadres, ses talents militaires et sa renommée sont parvenus jusqu'à nous. D'une simplicité exemplaire et d'une modestie incomparable, ce célibataire austère et peu tenté par les plaisirs de la Cour ; il se satisfait des joies familiales, en consacrant ses loisirs à ses neveux et petits neveux. Le chevalier de Coëtlogon, vice amiral et Maréchal de France, compagnon de Tourville qu'il vénérait et de Chateaurenault, son parent, fut un grand marin de Louis XIV, qui fit honneur à son blason et à la devise de sa très ancienne maison "De tout temps Coëtlogon". BLASON
Dans le 6e arrondissement de Paris entre la rue d'Assas et la rue de Rennes, on trouve une rue de Coëtlogon. A Rennes l'avenue qui conduit de la route de Saint Malo au château de la Lande Coëtlogon en Pacé, acheté par le département pour en faire une école de laiterie, porte le nom de Coëtlogon, vice-amiral et Maréchal de France. Au XIXe siècle, un vieux croiseur puis un transport lancé en 1920, ont porté le nom de Coëtlogon. ANNEXE I GENEALOGIE... BIBLIOGRAPHIE - Marquis de Carné Trécesson, "Un rennais illustre : Alain Emmanuel de Coëtlogon, vice-amiral et Maréchal de France (1646-1730)", mémoires et d'archéologie de Bretagne, 1929. - Mémoires du Marquis de Villette-Mursay, Société d'Histoire de France, 1844. - M. Vergé-Franceschi, Les officiers généraux de la Marine (tome VII), 1990. - Turpin, Les fastes ou tableau historique de la Marine française, 1784. - Duc de Saint Simon, Supplément aux Mémoires, 1789. - Chevillard, Généalogie de la maison de Coëtlogon, 1730. - Les grands marins du règne de Louis XIV, Dussieux, 1888. - Gérard,Vies et campagnes des plus célèbres marins français, 1825. - Ogée, Dictionnaire historique et géographique de Bretagne.
ARCHIVES Archives nationales B2 Marine 27 à 178 (1674 à 1704) B4 Marine 23 et 25-B34 Marine 34 C1 Marine 160 et 161-C7 Marine 70 Archives départementales d'Ile-et-Vilaine et des côtes d'Armor Archives municipales de Rennes Archives de la famille de Coëtlogon
Les descendants du Maréchal de Coëtlogon César Magdeleine, le petit neveu du Maréchal devenu cinquième Marquis de Coëtlogon à la mort de son père en 1709, Maître de camp, Syndic général des Etats de Bretagne en 1713, est exile en 1718 pour avoir protesté contre "le coup d'Etat de Dinan". Il démissionne en 1720 et reconstruit le château de Coëtlogon avec son oncle à partir de 1728. Il meurt en 1738 et est inhumé dans l'église de la Trinité Porhoët. Son frère Jean, chevalier de Malte est mort noyé en 1725 et son fils Alain Emmanuel est mort jeune. Sa fille Catherine Marie Perrine de Coëtlogon unique héritière, épouse en 1740 le Marquis Gilles René de Carné Trécesson, qui prend le titre de Marquis de Coëtlogon, meurt en 1773 et est également inhumé dans l'église de la Trinité Porhoët. Mais le neveu du Maréchal Charles Elizabeth, né en 1684, ordonné diacre contre son gré vers 1702, dit "l'abbé", châtelain de Romilly sur Seine qu'il a acquis en 1719, est relevé de ses voeux en 1722, épouse Marie du Vétéris du Revest et reprend le titre de Marquis de Coëtlogon, sixième du nom à la mort de son neveu César en 1738 ; écuyer du comte de Clermont, puis colonel du Régiment de Condé, il meurt le 16 avril 1744. son fils Alain Emmanuel, né en 1742, devient septième Marquis de Coëtlogon en 1744, émigre à Turin en 1789 et y meurt en 1800. Son petit-fils Jean Baptiste Félicité né à Arles en 1773 est le huitième Marquis de Coëtlogon en 1800 et meurt à Rambouillet dont il est le Gouverneur de Palais en 1827. Le fils ainé de Jean Baptiste, Alain Louis, né à Florence en 1806 pendant l'émigration, deviendra neuvième Marquis de Coëtlogon en 1827 et sera Conseiller Général du Finistère et maire de Ploudaniel ; il meurt au château de Kerno en Ploudaniel en 1858. Ses frères Emmanuel, Préfet, et César Alfred, journaliste, attaquent en justice les Carné Trécesson, qui ont conservé le titre de Coëtlogon et sont condamnés par le tribunal de Pontoise en 1860. Olivier de Coëtlogon, dixième Marquis, meurt sans postérité en 1905 ; son neveu Guy né en 1880, est le onzième Marquis, et transmet à sa mort le titre à l'actuel Marquis Jean Philippe de Coëtlogon, douzième du nom, né en 1940.
Les châteaux de la famille de Coëtlogon - Le château du Gué de l'Isle est sorti de la famille en 1313 par le mariage d'Aliette de Coëtlogon avec Eon de Rohan ; un château du XVe appartenant aujourd'hui aux du Bois Baudry se dresse encore à son emplacement sur les rives du Lié à Saint Etienne du Gué de l'Isle. - Le château de Loyat près de Ploërmel, reconstruit avec le concours du Maréchal, existe toujours et appartient aujourd'hui à M. Dargnies. René Charles Elizabeth, vicomte de Loyat, est mort en 1734, quatre ans après son oncle ; son fils Emmanuel Marie lieutenant de vaisseau meurt en 1740 et son second fils Emmanuel Louis disparaît en 1791 sans descendance ; le château est vendu et le produit de la vente est réparti entre les nombreux héritiers. - Le château des Coëtlogon Méjusseaume au Rheu près de Rennes a brûlé en 1795 après avoir été vendu pour y installer un institut agronomique, qui fonctionne toujours. "Le château de Coëtlogon (à cinq kilomètres au nord de la Trinité Porhoët dans le bourg de Coëtlogon) présentait une longue façade tout en pierre de taille de granit, surmontée en son milieu d'un vaste fronton sculpté et armorié, flanqué à l'ouest et à l'est de deux tours demi-rondes dont l'une celle de l'ouest portait, sculptées dans sa corniche, les armoiries de plusieurs alliances de la famille. A l'est existait une chapelle communiquant par trois portes ogivales avec l'orangerie donnant elle-même au nord et accolée au bâtiment principal. Ce bel édifice fut incendié en 1795, au lendemain du combat qui eut lieu au mois de juillet dans la direction de la Trinité Porhoët, combat où les trois mille républicains commandés par le général Champeaux furent battus par l'armée dirigée par le chevalier de Tinténiac. Celui-ci fut malheureusement tué au début de l'engagement à l'entrée du chemin qui menait dans la forêt de Coëtlogon et qu'on appelle l'avenue de Logon. Les détachements de l'armée républicaine battue mirent le feu au château. Les ruines en subsistèrent encore jusqu'en 1893, c'est-à-dire près de cent ans après l'incendie ! Les propriétaires d'alors dispersèrent aux quatre vents les matériaux ; les pierres sculptées furent vendues à des américains. Quelques-unes de ces pierres restées en France, ont été encastrées dans les murs d'une villa de Saint-Lunaire, construite par M. de Kerpezdron. L'une d'elles porte deux ancres posées en sautoir et surmontées d'une couronne ducale ; les autres portent les armes écartelées de Le Borgne d'Avautour et Bretagne, et des faisceaux de drapeaux et de clefs. Les écussons et les couronnes avaient été martelés par les révolutionnaires. De l'esplanade qui se développait devant le château disparu on jouit vers le sud, dans la direction de Vannes, d'un panorama splendide s'étendant à plus de quarante kilomètres. La propriété appartient toujours à la famille de Carné".
Annexe II - Chronologie 1602 Naissance de Louise Le Méneust de Bréquigny, mère de l'amiral de Coëtlogon, qui épouse en 1613 Louis de Coëtlogon Méjusseaume. 1622 La terre de Coëtlogon, branche ainée est érigée en marquisat par Louis XIII. 1625 Naissance de Louise soeur ainée d'Alain Emmanuel. Entre 1625 et 1634 naissances de René et Sébastien, premier et deuxième fils des Coëtlogon Méjusseaume. 1631 Naissance de François, troisième fils des Coëtlogon Méjusseaume. 1635 Naissance de Guy, quatrième fils des Coëtlogon Méjusseaume. Déclaration de guerre à l'Espagne durant la guerre de 30 Ans. Entre 1636 et 1645 naissance de Louis et Jean, cinquième et sixième fils des Coëtlogon Méjusseaume. 1642 Mort de Richelieu. Naissance de Tourville. 1643
Mort
de
Louis
XIII.
Mazarin,
Premier
Ministre.
René,
frère
ainé
de
l'amiral
de
marie
avec
Philippe
Hélène,
héritière
de 1646 Naissance d'Alain Emmanuel de Coëtlogon. 1648 Traité de Westphalie. Fin de la Guerre de 30 Ans. Début de la fronde. 1649 Exécution de Charles Ier d'Angleterre par Cromwell. 1657 René de Coëtlogon devient gouverneur de Rennes. Mort de Louis de Coëtlogon Méjusseaume, le père d'Alain Emmanuel 1659 Traité des Pyrennées. Fin de la guerre avec l'Espagne. 1660 Mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Espagne. Avènement de Charles II d'Angleterre. 1661 Mort de Mazarin. Colbert secrétaire d'Etat à la Marine. 1665 Mort de Philippe IV d'Espagne. Avènement de Charles II. 1666 Guerre entre l'Angleterre et la Hollande soutenue par la France. 1667 Guerre de Dévolution avec l'Espagne. Paix de Bréda entre l'Angleterre et la Hollande. 1668 Traité d'Aix-la-Chapelle entre la France et l'Espagne. Le frère d'Alain Emmanuel, François, devient évêque de Quimper. 1670 Alain Emmanuel entre dans la Marine. Alliance franco-anglaise. 1672 Guerre contre la Hollande (1672-1678). York (futur Jacques II) et d'Estrées défaits par Ruyter à Solebay. 1673 Combats navals de Schoonevelt et du Texel remportés par Ruyter contre les forces anglo-françaises. Naissance de René Charles Elizabeth, fils de Louis, frère d'Alain Emmanuel, futur vicomte de Loyat. 1674 Charles II d'Angleterre signe une paix séparée. René de Coëtlogon repousse Tromp à Belle Isle. Echec de Ruyter aux Antilles. 1675 Alain Emmanuel promu capitaine de vaisseau participe à l'affaire de Barbetta dans les Pouilles en Adriatique et à la prise d'Agosta avec Tourville. Campagne de Sicile dirigée par M. de Vivonne. 1676 Victoires de Duquesne à Alicuri contre Ruyter et à Augusta. Mort de Ruyter. Alain Emmanuel combat sur le Sans-Pareil à Augusta et sur l'Eclatant à Palerme. 1677 Louis de Coëtlogon achète Loyat. 1678 Evacuation de Messine. Traité de Nimègue. 1679 Naufrage du Sans-Pareil. Tourville et son équipage sauvés par Coëtlogon commandant l'Arc-en-Ciel; 1680 Crise spirituelle d'Alain de Coëtlogon. Son neveu Louis évêque de Saint-Brieuc. 1681 Ordonnance de Colbert sur la Marine. 1682 Campagne de Duquesne à Alger. 1683 Mort de Colbert. Coëtlogon commande le Bon au Danemark. Mort de son frère René, dont le fils René Hyacinthe devient gouverneur de Rennes et troisième marquis de Coëtlogon. L'Espagne nous déclare la guerre. Seignelay, fils de Colbert, secrétaire à la Marine. 1684 Bombardement de Gênes par Duquesne. Paix de Ratisbonne. 1685 Révocation de l'Edit de Nantes. Mort de Charles II d'Angleterre. Avènement de Jacques II Stuart son frère. Coëtlogon commande le Vermandois à Cadix et à Tanger et combat devant Malaga deux vaisseaux espagnols refusant le salut. 1686 Mort de René Gabriel, fils de René Hyacinthe troisième marquis. 1687 Coëtlogon prend à l'abordage un corsaire algérien. 1688 Mort de Duquesne. Guillaume d'Orange renverse Jacques II. 1689 Guerre de la Ligue d'Augsbourg contre l'Espagne, l'Angleterre, l'Empire et les Provinces Unies. Débarquement de Jacques II à Kinsale. Combat de Bantry entre Chateaurenault et Herbert. Coëtlogon commandant le Diamant maîtrise un incendie. 1690 Victoire de Bézeviers. Mort de Seignelay. Jacques II battu à la Boyne. 1691 Campagne du Large de Tourville. 1692 Victoire de Barfleur. Désastre de la Hougue. Mort du marquis René Hyacinthe de Coëtlogon. 1693 Coëtlogon participe à l'attaque du convoi de Smyrne (Lagos) et à la défense de Saint Malo. 1694 Suzanne Guyonne, héritière de son père le défunt marquis de Coëtlogon épouse le cousin germain de son père Philippe Guy (fils du quatrième frère d'Alain Emmanuel, Guy), qui devient quatrième marquis. 1697 Le capitaine de vaisseau Jacques de Coëtlogon, neveu d'Alain Emmanuel, est tué au siège de Carthagène. Traité de Ryswick. 1699 Mort de Louis de Pontchartrain ; son fils Jérôme lui succède au secrétariat d'Etat à la Marine. 1700 Mort de Charles II d'Espagne. 1701 Guerre de Succession d'Espagne (France-Espagne contre Angleterre-Hollande-Autriche). Mort de Tourville et de Jacques II Stuart. Le chevalier de Coëtlogon est nommé Lieutenant général avec le titre de marquis, qu'il n'utilisera pas. 1702 Rooke bat Chateaurenault à Vigo. Mort de Guillaume III d'Angleterre. Sa femme Anne Stuart fille de Jacques II lui succède. 1703 Campagne d'Amérique et combat du cap Roque remporté par Coëtlogon. 1704 Rooke occupe Gibraltar. Bataille de Velez Malaga. 1705 Coëtlogon commande la Marine à Brest. Son neveu Louis évêque de Saint Brieuc devient évêque de Tournai. 1706 Mort du frère du Lieutenant général François, évêque de Quimper. 1707 Mort de Louis évêque de Tournai. 1708 Débarquement de Forbin et de Jacques Stuart III à Edimbourg. 1709 Mort de Philippe Guy, quatrième marquis de Coëtlogon ; son fils César Magdeleine devient cinquième marquis. 1711 Expédition de DuguayTrouin à Rio de Janeiro. 1711 Mort de Joseph Ier d'Autriche ; son frère Charles prétendant au trône d'Espagne lui succède. Mort du Grand Dauphin. 1712 Mort du quatrième frère du Lieutenant général, Guy. 1713 Traité d'Utrecht mettant fin à la guerre de succession d'Espagne. Philippe V est reconnu comme Roi d'Espagne. 1714 Traité de Rastatt avec l'empereur Charles VI d'Autriche. Georges Ier de Hanovre Roi d'Angleterre. 1715 Mort de Louis XIV. Coëtlogon au Conseil de Marine. 1716 Coëtlogon vice amiral du Levant et Grand Croix de l'Ordre de Saint Louis. 1717 Coëtlogon nommé Conseiller d'Etat, mais ne siègera qu'à la prochaine vacance. 1724 Coëtlogon reçoit les Ordres du Roi. 1725 Mort de son petit neveu Jean de Coëtlogon, Chevalier de Malte, noyé. 1726 Coëtlogon chez les Jésuites à Paris. 1728 Coëtlogon participe à la reconstruction du château de Coëtlogon après celle du château de Loyat. 1730 Retraite définitive chez les Jésuites. Coëtlogon est nommé Maréchal de France six jours avant sa mort, le 7 juin.
________ Notes:
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