| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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LA MARINE FRANCAISE EN MER ROUGE PENDANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
Henri LABROUSSE
Lorsqu’on étudie le rôle de la marine française en mer Rouge pendant la première guerre mondiale, on est tenté de lier ce rôle à celui qu’elle joua sur les côtes de Syrie et d’Egypte, et, pourtant, il n’existait entre ces régions ni unité physique, ni unité politique. Le régime de la Méditerranée orientale n’est pas celui de la mer Rouge et les côtes d’Arabie n’offrent aucune similitude avec celles du Levant. Si en 1914, le sultan de Constantinople exerçait théoriquement sa puissance sur ces différentes provinces de l’empire Ottoman, l’Egypte était pratiquement sous la domination anglaise, l’Arabie presque indépendante en fait, et la Syrie, seule soumise au pouvoir central, tempéré d’ailleurs par le régime des Capitulations. Et pourtant, de l’extrémité de la mer Rouge au golfe d’Alexandrette, d’Aden aux Portes ciliciennes, c’est bien à un front unique et nettement distinct des autres théâtres d’opérations que s’est heurté pendant la guerre l’effort des Alliés. Ce qui faisait l’unité de ce front, c’était l’unité de l’objectif poursuivi par l’ennemi ; cet objectif unique, c’était le canal de Suez. Se souvenant sans doute de la phrase de Napoléon Ier sur la nécessité de tenir l’Egypte pour conquérir le monde, l’armée turque, sur l’ordre du Grand Quartier général allemand, fait converger, dès le début de la guerre, tout l’effort de cet immense front, d’Aden à Alexandrette, vers le désert de Sinaï, et cet effort aboutit aux attaques du 3 février 1915 contre le canal de Suez. L’attaque échoue, l’armée turque se retire, mais la menace subsiste, et on assiste alors aux efforts des Alliés pour la conjurer, soit directement en organisant la défense du canal, soit indirectement par leur action politique, militaire et économique, sur les côtes de Syrie, d’Arabie et de Tripolitaine. Il ne faut pas perdre de vue que la lutte entreprise sur ce front n’avait pas seulement un caractère militaire, mais encore un caractère religieux. Le sultan, chef des Croyants, le chérif de la Mecque, le Cheikh des Senoussis, conduisaient leurs troupes à la Guerre sainte et les Alliés auront à tenir compte du fanatisme musulman, de même qu’ils bénéficieront des dissensions qui éclateront entre les chefs de l’Islam. Lorsqu’on étudie les événements de cette époque, on est amené à classer les faits sous deux ordres différents. C’est le 15 avril 1916 que les forces navales françaises, qui opèrent sur les côtes d’Egypte et de Syrie, reçoivent leur statut définitif. Elles constituent à partir de cette date une division de Syrie placée sous les ordres d’un contre-amiral. Jusqu’à cette date, elles étaient soit autonomes (du 2 août 1914 au 8 février 1915), soit placées sous les ordres d’un vice-amiral et constituées en 3e escadre, unité qui disparaît précisément le 15 avril 1916. L’autre est d’ordre militaire. L’unité du front que nous étudions est faite, nous l’avons dit, par son objectif : le canal de Suez. Les Turcs prennent d’abord l’offensive et lancent contre le canal leur attaque du 3 février 1915. Leur attaque échoue, mais, jusqu’au printemps de 1916, ils conserveront une attitude offensive, tandis que les forces britanniques se tiennent en Egypte sur la défensive. C’est au mois d’avril 1916 que la situation se retourne. C’est à cette date que la Grande-Bretagne abandonne la défensive pour commencer cette offensive lente et tenace qui repoussera les Turcs au-delà du désert du Sinaï et amènera les forces britanniques en Palestine. Le printemps de 1916 marque le commencement de la contre-attaque des Alliés. Cette contre-attaque aboutit au mois d’octobre 1918 à l’évacuation de la Syrie par les troupes turco-allemandes. La division navale de Syrie transportera sa base de Port-Saïd à Beyrouth et elle jouera, pendant les premiers mois de notre occupation syrienne, un rôle prépondérant. Ce rôle ira en diminuant au fur et à mesure que l’armée de Terre enverra en Syrie des forces plus importantes. Au mois de novembre 1919 le général Gouraud arrivera à Beyrouth, et au mois d’avril 1920, le Conseil suprême, dans sa session de San Rémo, attribuera à la France le mandat sur la Syrie. L’état de guerre entre la Turquie et les Alliés date du 29 octobre 1914. Jusqu’à cette date, des pourparlers diplomatiques se déroulaient à Constantinople malgré la présence du Goeben et du Breslau qui, sous le commandement de l’amiral Souchon, avaient franchi les détroits le 10 août. Le premier acte de guerre fut, à partir du 22 octobre, l’expulsion des navires ennemis du canal de Suez. Le 2 août 1914, aucun navire de guerre allié ne se trouvait sur les côtes de Syrie ou d’Egypte. Le Latouche-Tréville avait séjourné à Rhodes du 22 au 24 juillet, puis avait rallié l’armée navale. Ce n’est que le 8 novembre que le premier bâtiment français, le Requin, est envoyé à Port-Saïd pour la défense du canal. Il sera rejoint à partir du 26 novembre par l’amiral Charner et le Desaix. En mer Rouge, zone sous le commandement du vice-amiral Peirse, commandant en chef de la Station des Indes orientales, Paris détacha pour un temps, dès le début de novembre, le Dupleix et le Desaix, pour contribuer à l’escorte des convois Bombay-Aden qui acheminaient les renforts de troupes indiennes. Le Dupleix est basé à Djibouti où il est remplacé le 10 décembre par le Desaix qui mouille ensuite à Hoddeidah, au Yémen, où le gouverneur turc refuse de laisser partir les consuls français et britannique. Cette situation dure jusqu’au 12 février 1915, date de la libération du consul de France. Mais, dans le courant de janvier 1915, survient un incident qui place le commandant du Desaix, le capitaine de vaisseau Vergos, dans une situation embarrassante, d’autant plus qu’elle est assortie de reproches acides de Paris. L’Emden, croiseur allemand, avait été coulé aux îles Keeling dans l’océan Indien, par le croiseur britannique Sydney le 9 novembre 1914. Les survivants, commandés par l’officier en second, le lieutenant de vaisseau Von Mucke, s’étaient emparés d’une goëlette de 100 tonneaux, l’Ayesha, avec laquelle ils avaient gagné le port hollandais de Padang dans l’île de Sumatra. De là, avec un petit vapeur allemand de 1 700 tonnes, le Choising, ils avaient traversé l’océan Indien et s’étaient glissés dans le port d’Hoddeidah sous le nez du Desaix dans la nuit du 9 au 10 janvier 1915, pour rallier la mission militaire allemande. Débarquement effectué, le Choising fit ensuite route sans être inquiété vers Massaouah, où il fut interné par les Italiens. Je vous laisse le soin d’imaginer les commentaires de Paris et le ton des télégrammes reçus par le commandant Vergos. LA PATROUILLE DE LA MER ROUGE PENDANT L’ANNÉE 1915 Après cet épisode, le Desaix est affecté aux patrouilles de la mer Rouge sous commandement britannique. Sa compagnie de débarquement occupe provisoirement Akaba, le 23 février 1915, après avoir mis en fuite la garnison turque, c’est-à-dire deux ans avant le coup de main du colonel Lawrence qui ne date que du 6 juillet 1917. Il bombarde Mohila le 22 mars et participe ensuite à la défense du canal avec le Requin, le Montcalm et l’escadrille d’hydravions de Port-Saïd sous le commandement du lieutenant de vaisseau de l’Escaille. Il n’a pas beaucoup de chance lors de sa dernière patrouille car il laisse échapper une mission allemande venant de Damas et dirigée par Herr Frobenius. Elle avait pour but de renouer avec les Arabes et de les dissuader de s’allier avec les britanniques. Le Desaix intercepte le boutre dans lequel la mission était camouflée, mais son équipe de visite est incapable de discerner les allemands déguisés parmi les membres de l’équipage. La mission allemande atteint l’Erythrée où les autorités italiennes l’arrêtent et la rapatrient en Allemagne par un navire italien. Après cet épisode et celui d’Hoddeidah, les actions du Desaix étaient loin d’être en hausse. Le Montcalm prend la relève du Desaix en mer Rouge à partir du mois de mai 1915 avec à bord un hydravion piloté par le lieutenant de vaisseau Destrem. Sa patrouille le conduit jusqu’à Djeddah. Un autre hydravion français piloté par le lieutenant de vaisseau Cintré est embarqué à bord du croiseur britannique Hardinge, affecté lui aussi à la patrouille de la mer Rouge. le lieutenant de vaisseau Cintré survole toute la côte arabe en jetant sur chaque ville des proclamations. Pendant toute l’année 1915, la participation française en mer Rouge est limitée à la partie nord, jusqu’au parallèle de Djeddah. Aucun navire français n’est affecté à la partie sud. La surveillance maritime du Montcalm prend fin en décembre 1915 et il retourne en France sans être relevé dans sa patrouille nord de la mer Rouge. A partir du 26 décembre, les bâtiments de la division du contre-amiral Huguet, qui fort curieusement s’appelait encore division d’Extrême-Orient ou division navale détachée en Egypte, passent sous les ordres du vice-amiral Moreau, commandant la 3e escadre. Il est prévu que le Montcalm sera remplacé par l’amiral Aube. LA DIVISION NAVALE DE SYRIE Elle est constituée le 15 avril 1916 sous le commandement du contre-amiral de Spitz, remplacé le 4 mars 1917 par le contre-amiral Varney, avec les bâtiments suivants : Pothuau, Jaureguiberry, Requin, la 7e escadrille de torpilleurs, la division de patrouille de Syrie et quelques chalutiers. Le 4 octobre 1916, le Pothuau est détaché à Djibouti où il rejoindra le d’Entrecasteaux et le d’Estrées. A partir du 27 janvier 1918, la division navale de Syrie détache à Djeddah, pour la mission militaire du Hedjaz, dirigée par le colonel Brémond, deux petits bâtiments, le Saint Brieuc et le El Hadj. Le d’Estrées, venant de Méditerranée, avait été désigné en août 1916 pour conduire à Djeddah la mission militaire française et pour escorter les bâtiments de commerce transportant les pèlerins originaires de l’empire français. Sa mission terminée, il rallia Djibouti fin septembre 1916. Il y trouva une situation confuse provoquée par la déposition à Addis Addeba du prince héritier éthiopien, Lidj Yassou, qui attendait d’être proclamé empereur et roi, mais dont les sympathies ouvertement musulmanes et pro-turques avaient provoqué une révolte des chefs éthiopiens et sa destitution. Il s’était réfugié à Diré-daoua, gare du chemin de fer franco-éthiopien, tandis que le gouverneur de la côte française des Somalis craignait un coup de force contre Djibouti. le 3 octobre 1916, Paris donna l’ordre au d’Entrecasteaux, qui était à Oran, de rallier Djibouti, pour y rejoindre le Pothuau et le d’Estrées. Le 2 novembre 1916 le Ras Tafari, futur empereur Haïlé Sélassié 1er, après avoir écrasé les troupes de Lidj Yassou, fait son entrée officielle à Addis Abbeba et condamne l’ex-prince héritier à la détention perpétuelle. Quelques mois après éclata un incident qui intéressa la marine, chargée de contrôler le détroit de Bal El Mandeb, dont la rive arabe était occupée par les troupes turques du général Saïd Pacha. Les légations allemande et turque à Addis Abbeba étaient complètement coupées de Berlin et de Constantinople et le ministre allemand von Syburg décida en mars 1917 d’envoyer l’un de ses conseillers, Arnold Holtz, au Yémen, accompagné d’un sujet autrichien Karmelich et d’une très importante escorte de mercenaires afars. Il devait retrouver à Hoddeidah la mission militaire allemande et lui remettre son sac de dépêches pour Berlin. Le trajet choisi cheminait à travers le nord de la côte française des Somalis pour aboutir à Khor Anghar, au nord d’Obock, où le boutre d’Henry de Monfreid devait assurer le passage de la mission à travers Bal El Mandeb et son débarquement au Yémen. Monfreid, qui avait une épouse allemande, avait été contacté dès le début de la guerre par Berlin, mais il jouait les agents doubles et tenait le gouverneur de Djibouti au courant. Son boutre devait être intercepté par un navire français. Holtz se rendait parfaitement compte des difficultés qu’il risquerait de rencontrer, aussi, décida-t-il de confier ses documents à un émissaire arabe qui, pensait-il, pourrait gagner le Yémen sans se faire remarquer et remettrait les documents à la mission militaire allemande auprès du général Saïd Pacha, commandant le 7e corps d’armée turc. Mais cet émissaire arabe le trahit et livra les documents au gouverneur de Djibouti pour 2 000 thalers de Marie-Thérèse. On découvrit parmi ces documents une lettre adressée à Henry de Monfreid et dans laquelle Holtz lui assurait qu’il le proposerait auprès du gouvernement impérial pour une décoration "méritée par votre patriotisme et par l’aide que vous m’avez promise". Holtz fut intercepté avec sa troupe à 30 kms à l’intérieur du territoire français et après un combat assez violent, il se rendit avec Karmelich. * * * Tous ces événements et la menace qui pesait sur la côte française des Somalis avaient eu pour conséquence la concentration à Djibouti d’une division navale occasionnelle composée du d’Estrées, du Pothuau (commandant supérieur : capitaine de vaisseau de la Fournière) et du d’Entrecasteaux. Après une mission à Massaouah et à Djeddah, le Pothuau accompagné par le d’Entrecasteaux, séjourne à Rabegh jusqu’à la fin de 1916 pour appuyer le débarquement d’un petit détachement français ; le d’Estrées reste à Djibouti. Le regroupement de la division occasionnelle se fait à Djibouti en janvier 1917. Dès le début de 1917 après quelques escortes de convois français entre Madagascar et Djibouti, le Pothuau, le d’Estrées et le d’Entrecasteaux sont mis pour emploi aux ordres du vice-amiral britannique commandant en chef d’escadre des Indes orientales, avec Djibouti comme base. Ils doivent participer à la patrouille franco-britannique basée sur Socotra. La situation dans l’océan Indien est à cette date troublée par l’apparition d’un corsaire allemand qui sème la panique. Des mines ont été trouvées devant Colombo le 22 février 1917. Le 27 février, le corsaire a capturé et armé le pétrolier britannique Turitella à 4 jours de navigation dans l’ouest de Ceylan. Le Turitella armé en corsaire secondaire est venu mouiller des mines le 5 mars à l’entrée d’Aden, où il a été détruit lui-même par une explosion. A partir du 18 mars, le d’Entrecasteaux escorte les convois de Madagascar, le d’Estrées participe à la patrouille de Socotra. Quant au Pothuau, il est envoyé avec le porte-avions britannique Raven à la recherche du corsaire dans l’océan Indien. Il quittera Aden le 12 mars et séjournera à Colombo du 5 au 12 avril. LA BASE NAVALE DE DJIBOUTI (1917-1918) A l’arrivée du Pothuau à Djibouti, son commandant, le capitaine de vaisseau de la Fournière, qui est également commandant supérieur, constate que les moyens flottants se résument à un remorqueur de 200 Tx et à 3 petits vapeurs de 10 à 20 Tx. Après quelques discussions avec Paris, il obtient des dragues rudimentaires et surtout l’installation d’un poste de TSF de 5 Kws. Les moyens de charbonnage et de ravitaillement en eau restent notoirement insuffisants. Malgré quelques efforts, les éléments de défense et de protection n’existent pratiquement pas. Il n’y a en fait pour défendre ce territoire, qu’une compagnie de tirailleurs. Pendant un partie de l’année 1917, le Pothuau, le d’Estrées et le d’Entrecasteaux, basés sur Djibouti participent à l’escorte des convois de Madagascar et à la patrouille de Socotra. La situation dans l’océan Indien s’est améliorée. Le corsaire principal est, de source sûre, rentrée en Allemagne, le Turitella a été détruit le 5 mars. Reste un troisième navire de commerce que le corsaire aurait armé mais qui ne donne pas signe de vie depuis plusieurs mois. Aussi le d’Entrecasteaux est-il autorisé le 22 juillet à rallier Malte pour carénage et il ne reparaîtra pas en mer Rouge pendant l’année 1917. Il est cependant remplacé par le Du Chayla à partir du 1er janvier 1918 et jusqu’au 13 mars 1918. Le Pothuau rejoint Saïgon pour carénage le 6 mai 1917. Le d’Estrées continue jusqu’au 11 mai 1918 à assurer la patrouille de Socotra avant de rallier la France pour réparations. Il sera remplacé à Djibouti jusqu’au 11 juillet 1918 par le Cassard. Après cette date et jusqu’à l’armistice, la marine française ne participera plus à la croisière de Socotra. La situation dans l’océan Indien était redevenue normale et il n’était plus nécessaire de former et d’escorter les convois de Madagascar. Sa seule activité en mer Rouge sera d’assister la mission française du Hedjaz du colonel Brémond, en assurant l’escorte de Suez à Djeddah, avec le Saint Brieuc et le El Hadj, des navires transportant les pèlerins de l’empire français. * * * En conclusion, on peut très bien ainsi résumer le rôle de la marine française en mer Rouge pendant la première guerre mondiale. Jusqu’en avril 1916, la marine est entièrement mobilisée pour la défense du canal de Suez. Elle rassemble rapidement quelques moyens : le Requin qui vient de Bizerte ; l’amiral Charner et le Desaix qui viennent de Brest, ainsi que la Foudre et son escadrille d’hydravions qui viennent de la Méditerranée. Elle puise même dans la division navale d’Extrême-Orient en prélevant le Montcalm et le Dupleix. Son activité, à part un bref épisode sur les côtes du Yémen où les Turcs menacent très sérieusement Aden, est centrée sur le nord de la mer Rouge et la surveillance des troupes turques du Hedjaz qui restent toujours une menace pour le canal. A partir de l’offensive britannique de 1916, la menace sur le canal étant très atténuée, elle peut se consacrer aux convois de Madagascar et à la défense de Djibouti qui est à la merci d’un coup de main des partisans du prince héritier éthiopien détrôné, Lidj Yassou. Elle collabore avec les britanniques à la patrouille de Socotra et à la recherche des corsaires allemands dans l’océan Indien. Vers le milieu de 1918, toute l’activité alliée se concentre sur les côtes de Syrie et avec le transfert de sa base de Port-Saïd à Beyrouth. la marine française prend pied au Levant tandis que la mer Rouge retourne au calme après la capitulation des forces turques du Hedjaz, de l’Asir et du Yémen. CARTE MER ROUGE
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