| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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INTRODUCTION
En 1680, l’idée de procéder à la création d’un corps d’artillerie de la marine n’était pas nouvelle. Colbert, qui avait longtemps réfléchi au problème, l’avait envisagée dès 1669 et s’était préoccupé de savoir "s’il y avait des sujets capables de ces fonctions parmi les officiers de marine". En octobre 1671, il pensait déjà à la nomination d’un commissaire général de l’artillerie de la marine pour surveiller l’enrôlement des canonniers et contrôler l’école de canon. "En 1682, lorsque le marquis de Seignelay voulut mettre la marine en état de pouvoir faire usage des bombes et des mortiers, il ne trouva ni dans nos officiers de vaisseau, ni dans nos canonniers, des hommes capables de remplir son objet et on fit du port de Toulon un détachement des uns et des autres pour aller prendre dans l’école d’artillerie de l’armée de terre, établie à Metz, des leçons sur cette partie de ce métier que nous ignorions totalement. La pratique du mortier demandait en effet une application, des connaissances et des instructions particulières, ainsi que le marquis de Seignelay le reconnut lorsqu’il voulut mettre ces bouches à feu en usage dans la marine". Jusqu’à l’invention, par Renau d’Elissagaray, et la mise en œuvre des galiotes à bombes, la marine n’avait employé que des mortiers de terre pour le siège des places fortifiées lors d’expéditions lointaines. Aussi les premiers officiers désignés pour commander les premières compagnies de bombardiers, composées au départ de canonniers de la marine, furent-ils envoyés à Metz pour y recevoir une formation adéquate. Des canonniers du ponant participèrent également à la création des compagnies de bombardiers de Toulon. Ce fut cette formation d’école, organisée à Toulon dès la fin de 1682, qui permit aux premiers artilleurs de la marine "d’exécuter avec un succès qui étonna toute l’Europe, les bombardements d’Alger, de Gênes et de Tripoli" et tous les autres ensuite. En 1684, le corps de l’artillerie de la marine était composé de deux commissaires ordinaires, Pierre Landouillette de Logivière et Jean-Bernard de Pointis, nommés respectivement le 1er juin 1680 et le 18 juillet 1684, ainsi que de 30 officiers de galiote, par rapport à un seul commissaire ordinaire et 19 officiers en 1682 ; ces officiers, tous affectés au département de Toulon, étaient destinés seulement au commandement et au service des galiotes et des bombardiers ; la fonction de major de l’artillerie était remplie par Etienne-Nicolas de Grandpré sous les ordres du commandeur Desgouttes auquel la cour avait donné le commandement des galiotes cette année-là.
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