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LES EXPEDITIONS PRELIMINAIRES AUX OPERATIONS AMPHIBIES

 

Deux expéditions comportant l’intervention et le débarquement de troupes de la marine furent exécutées, avec des succès mitigés, à Gigery en 1664 et à Candie en 1669.

Gigery (1664)

Exécutée au cours de l’été 1664, l’affaire de Gigery, malgré la discrétion dont elle resta relativement entourée, devait laisser de profondes séquelles.

Ayant à répondre à trois reproches, le premier d’avoir assuré qu’il conserverait Gigery sans le duc de Beaufort et de l’avoir laissé partir sur cette assurance ; le deuxième, de n’avoir pas voulu aller aux ennemis lorsque Beaufort le proposa et, le troisième, d’avoir laissé sur place le canon et les munitions, M. de Cadagne, le lieutenant général qui commandait les troupes, eut à se justifier vis-à-vis du Roi qui connaissait sa valeur et ses mérites.

Des questions restèrent sans réponse concernant en particulier les décisions difficiles à expliquer du chevalier de Clerville, commissaire général des fortifications, et du duc de Beaufort qui commandait l’armée navale. La fortification de Clerville n’avait pas tenu. M. de Cadagne écrivait dans son mémoire au Roi : "Je suis persuadé que les grandes fautes qu’il a faites viennent plutôt de ce que la tête lui a tourné que du manquement d’affection pour le service du Roi". Quant à l’attitude du duc de Beaufort, elle demeurait incompréhensible. M. de Cadagne interrogeait : "Pourquoi Beaufort est-il parti ? pourquoi n’est-il pas venu dégager l’armée lorsqu’il a su que les ennemis avaient amené le gros canon, la raison de l’ordre d’aller devant Alger cessant ? Son départ nous avait affaibli de 1 000 hommes et dépourvu de plusieurs vaisseaux. Lors du dernier conseil, Beaufort n’avait-il pas dit qu’on ne pouvait tenir la position si les ennemis étaient capables de mettre du gros canon en batterie ?

Le duc de Beaufort avait en fait sous-estimé la puissance des maures. "Après avoir vu faire tant de fautes par la conduite d’une cabale qu’il avait trop écoutée, il n’a pas voulu s’en voir convaincre par les avances des ennemis qu’il avait trop dédaignés ; il a cru que par son éloignement que le mauvais succès des armées ne serait plus que mon affaire et qu’il n’aurait point de part à notre honte s’il n’en avait pas à votre disgrâce et que je me perdrais peut-être par les efforts que je ferais pour sauver l’armée. Le sieur de La Boulaye et M. de La Mark, père et fils, furent les principaux auteurs de la cabale. M. de La Mark, qui s’était emparé de l’esprit de M. de Beaufort, fut l’ennemi de votre couronne ; Vivonne était pourtant son ami".

Candie (1669)

En 1669, Candie fut un échec. En juin, les troupes des vaisseaux, dont le duc de Beaufort avait pris le commandement, formèrent quatre bataillons pour l’attaque de la Sablonnière, tous commandés par des capitaines de vaisseau, le bataillon amiral par Forant, le bataillon vice-amiral par La Motte, le bataillon contre-amiral par le bailli de Bouillon et le bataillon d’Almeras par Panetié. Preuilly commandait par ailleurs un détachement de 400 hommes des troupes de la marine. Selon Colbert de Maulevrier, maréchal de camp, les pertes furent relativement lourdes. Aussi la stratégie des descentes à terre, à la suite des fiascos de Gigery et de Candie, fit-elle l’objet de nombreuses réflexions et concertations avec les officiers de marine.

Les troupes de la marine intervinrent en revanche, à différentes reprises, avec succès dans le cadre de l’expédition de Sicile, en particulier le 17 août 1675 à Agosta où un bataillon de troupes réglées embarqué, deux bataillons formés des troupes des vaisseaux et deux autres formés des troupes des galères débarquèrent à la faveur d’une canonnade des vaisseaux de la flotte, et en octobre 1676, à Taormine où furent débarqués, en même temps que 1 200 hommes des troupes de terre, quatre bataillons de 300 hommes chacun de l’infanterie des galères.

 


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