| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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VILLEFRANCHE ET NICE BARCELONE ET ALICANTE
La marine du levant ne devait renouer avec ce type d’opération amphibie que dans le cadre de la guerre de la ligue d’Augsbourg. Sous la direction et l’impulsion des commissaires généraux, qui commandaient l’artillerie de la marine, les troupes de la marine participèrent à terre à un certain nombre d’opérations, d’attaques et de sièges de places ennemies. Villefranche et Nice (mars 1691) En mars 1691, les sièges de Villefranche et de Nice furent effectués avec le soutien de la marine du levant. Le comte d’Estrées commandait une escadre de huit vaisseaux, de 20 galères et de trois galiotes qui devaient bombarder les deux villes. Le 20, des canons et des munitions furent débarqués des vaisseaux et des galères pour le siège de Villefranche dont les attaques furent conduites par le chevalier Hué de Langrune, ingénieur de la marine. Du 22 au 25, les batteries des vaisseaux et celles qui étaient à terre tirèrent ensemble. Le chevalier de Ressons, commissaire ordinaire d’artillerie, descendit à terre en même temps que Pène de Saint-Louis et Lozières d’Astier, ingénieurs de la marine en poste à Toulon. Plusieurs batteries, dont une de mortiers, furent mises à terre et servies par les détachements de la marine. Le 28, cinq canons placés sur les hauteurs prenaient à revers la citadelle. Le 29, une nouvelle batterie de canons de 24 et de 18 l. fut mise en œuvre ; l’escadre du comte d’Estrées rentra toute dans le port de Villefranche. Le 30, deux batteries de cinq canons de 24 l. tirèrent toute la journée d’une hauteur sur le château de Nice. Ressons dirigeait le tir des mortiers. Trois bombes qui tombèrent sur le magasin à poudre du donjon coûtèrent 240 hommes aux assiégés. Des bombes continuèrent d’être tirées dans la nuit du 30. Le 31, les batteries de la marine ouvraient une brèche dans la citadelle. La reddition du château de Nice, écrasé sous les bombes, intervint le 2 avril après cinq jours de siège. Le 13 mai, les galiotes à bombes commandées par le commissaire général de Pointis étaient devant la ville d’Oneille qui refusait de négocier. 150 bombes, qui tombèrent dans la ville, furent tirées entre huit heures du soir et minuit, mais le vent et la mer obligèrent le comte d’Estrées à retirer les galiotes le lendemain. Barcelone et Alicante (juillet 1691) Le 9 juillet 1691, l’escadre commandée par le comte d’Estrées et composée de quatre vaisseaux, de cinq frégates, de trois galiotes à bombes et de 26 galères était en rade de Barcelone. Lors du premier bombardement, le commissaire général de Pointis mit en quatre heures le feu à cinq endroits de la ville. Le 11, un nouveau bombardement eut lieu à sept heures du soir. Les galiotes furent approchées de la ville de 400 m. Le comte d’Estrées interrompit le bombardement après avoir tiré les 700 bombes prévues. L’escadre et les galiotes se rendirent ensuite devant Alicante. Le 22, les galiotes de Grandpré et de Beaussier effectuèrent un tir de nuit. L’on tira sur la ville de très près ; ce fut un embrasement général. La mer se leva le soir du 24. Le soir du 28, le commissaire général de Pointis mit pied à terre sur le môle à la tête des bombardiers et fit ce qu’il avait à faire, suivi par deux chaloupes à canons. Le môle étant dépourvu d’artillerie, on rapprocha les galiotes qui tirèrent près de 300 bombes dans la ville alors qu’on en avait déjà tiré 2 000 en plus de 200 carcasses "ce qui acheva de la détruire ". Le 29, l’escadre repartit pour Toulon. Le 15 novembre, un mémoire "sur les choses nécessaires pour faire réussir une descente de l’infanterie des galères" était adressé au ministre par M. de Bombelle, major général des galères, dans la perspective d’une nouvelle entreprise contre Oneille. A raison de 65 hommes par galère, l’on disposerait de 2 275 hommes dont 10 grenadiers et quatre caporaux pour faire les premiers rangs des bataillons qui seraient armés de fusils. En mai 1692, 26 galères placées sous le commandement du bailli de Noailles, lieutenant général des galères, participèrent à l’attaque d’Oneille. Le 20, trois bataillons des troupes des galères, composés de 500 hommes chacun, et protégés par le tir des galères, effectuèrent une descente à terre et mirent le feu la ville. Le 28, le ministre félicitait M. de Montmor, intendant des galères à Marseille, du succès de l’entreprise, tel que le Roi l’avait désiré, "Oneille ayant été ruinée après avoir refusé de payer une contribution et la descente pour l’attaque et le rembarquement s’étant faits avec beaucoup d’ordre, de fermeté et de courage de la part des officiers et des troupes des galères". Le bailli de Noailles continua sa route sur les côtes d’Italie. En juillet, une escadre commandée par M. de Ribeyrette et composée de quatre vaisseaux et de trois galiotes à bombes fut envoyée "pour châtier les corsaires tripolitains". Le 21, les galiotes jetèrent 816 bombes sur la ville. Les vents interrompirent le bombardement ; il n’y eut en tout que 1 500 bombes de tirées.
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