| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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LES COMMISSAIRES ORDINAIRES DE L’ARTILLERIE Selon le règlement du 21 avril 1684, les commissaires ordinaires de l’artillerie, qui commandaient les compagnies de bombardiers, n’intervenaient pas dans le commandement des galiotes, confié, comme en 1683, au commandeur Desgouttes. Chargés de l’inspection et de l’exercice des bombardiers canonniers, l’un pour le levant et l’autre pour le ponant, les commissaires ordinaires de l’artillerie de marine relevaient sur place de l’intendant de la marine mais, dans leurs fonctions, ne recevaient d’ordre que d’un officier général. "Les sieurs Landouillette et Pointis, commissaires d’artillerie et commandant les compagnies de bombardiers, seront chargés du soin de tout ce qui regarde la préparation des bombes ; ils visiteront toutes les batteries pour voir si elles sont en bon état et pour fournir la quantité de poudre, bombes, tampons et autres choses nécessaires pour l’exécution des mortiers. Lorsque les officiers commandant les galiotes auront besoin de quelque chose qui regardera ce service, les capitaines de galiotes s’adresseront aux sieurs Landouillette et de Pointis, lesquels ne pourront se mêler de ce qui regardera les galiotes, mais seulement de ce qui concernera l’exécution des mortiers. Les batteries de mortiers seront commandées par les capitaines de galiote. Celles des galiotes des deux moins anciens capitaines seront toutefois commandées par les sieurs Landouillette et Pointis. Les commissaires ordinaires de l’artillerie auront rang de capitaines de galiote pour commander les exercices sur terre". En 1684, Landouillette et Pointis commandèrent, l’un et l’autre, aux batteries des galiotes. Landouillette et Pointis coexistèrent à Toulon en principe dans les mêmes fonctions, sinon que Landouillette était un fondeur et un artificier, hors pair d’ailleurs, et pas un officier de marine, à la différence de Pointis, nommé capitaine de galiote en janvier 1684 et capitaine de vaisseau en janvier 1685. Aussi Pointis était-il a priori plus à même de commander les galiotes que Landouillette et sans doute Landouillette plus à même de commander les mortiers et les bombardiers que Pointis. La répartition de leurs commandements respectifs n’allait pas manquer de susciter de nombreuses controverses. Le 1er mars 1687, deux commissaires ordinaires de l’artillerie furent nommés : le chevalier Jean-Baptiste Deschiens de Ressons, lieutenant de galiote, à Toulon pour le levant, et Armand de Saint-Martin, écrivain principal, à Rochefort pour le ponant. L’instruction adressée par le Roi le 27 mars 1688 au sieur de Ressons, commissaire ordinaire de l’artillerie de la marine au département de Toulon, rappelait l’ensemble des fonctions et obligations dévolues aux commissaires ordinaires placés sous les ordres des intendants des ports et des commissaires généraux de l’artillerie de la marine. En l’absence des commissaires généraux, les commissaires ordinaires étaient habilités à les remplacer et à exercer quasiment les mêmes fonctions qu’eux. Les restrictions de fonctions qui affectaient les commissaires généraux, concernant notamment le commandement des galiotes, s’appliquèrent, ipso facto, aux commissaires ordinaires : "Le commissaire ordinaire aura l’inspection sur les fontes et épreuves des canons et mortiers et sur toutes les autres armes, poudres, munitions, instruments et outils servant à la guerre. Il sera présent lorsque l’on chargera les fourneaux pour reconnaître si les matières ordonnées y seront mises en la quantité dont on sera convenu pour chaque sorte. Il visitera les forges de fonte particulièrement où l’on coulera des canons de fer et des bombes . Il ira dans les fabriques où se font les armes. Il ira souvent aux moulins à poudre. Il aura une inspection particulière sur les ouvriers qui seront employés dans les ateliers de l’arsenal à faire et radouber les affûts de canons et mortiers, les fusées des bombes et grenades, les tampons, les ustensiles et outils concernant les mortiers et l’artillerie, et fera faire par les bombardiers et apprentis canonniers les artifices des brûlots et autres matières combustibles. Lorsque Sa Majesté fera armer des vaisseaux, il conviendra avec l’intendant des canons qu’il faudra leur donner, et le fera connaître ensuite à chaque maître canonnier. Il fera délivrer les affûts et les boulets. Lorsqu’il s’embarquera à la suite de l’armée, il aura soin de tout ce qui regarde l’exécution des mortiers et des pièces d’artillerie, outils et ustensiles pour les descentes et attaques des places. Il fera faire les batteries de mortiers sur les galiotes. Lors de l’exécution des mortiers, il entrera dans les batteries et y fera pointer les mortiers et avertira les capitaines de dresser les galiotes de manière que les bombes se tirent utilement, fera distribuer par les sergents bombardiers les bombes et autres ustensiles. Dans les descentes, il commandera dans les batteries…" Le texte de la commission ne faisait pour le reste que reproduire par anticipation celui de l’ordonnance du 15 avril 1689. Selon le règlement du 26 avril 1688 relatif à l’exercice du mortier, "les commissaires ordinaires de l’artillerie auront rang de capitaine de galiote du jour et date de leur commission pour commander les exercices sur terre. Ils n’auront toutefois aucun commandement dans les occasions de guerre et seront seulement chargés de faire fournir tout ce qui sera nécessaire pour le service de l’artillerie à moins qu’ils ne fussent plus anciens que le capitaine des galiotes sur lesquelles ils seront, auquel cas ils commanderont les batteries". L’article 16 de l’ordonnance du 15 avril 1689 fixa le statut des commissaires ordinaires de l’artillerie de la marine auquel fut consacré le titre VII composé de 4 articles ; placé sous les ordres des deux commissaires généraux, les trois commissaires ordinaires établis dans les ports de Toulon, Brest et Rochefort avaient, en leur absence, dans leur département respectif, les mêmes fonctions qu’eux. Le 1er avril 1689, deux commissaires ordinaires de l’artillerie, Antoine du Mont et Macary, ainsi qu’un commissaire bombardier, furent désignés par le Roi pour participer à l’expédition d’Irlande, sous les ordres du commissaire général de Pointis, commandant de l’artillerie. Le 25 octobre, le sieur Deschamps était nommé commissaire ordinaire de l’artillerie de la marine au ponant en remplacement du sieur de Saint-Martin décédé. Ecrivain principal de l’artillerie de Toulon, Deschamps, qui avait participé avec Pierre Landouillette de Logivière à plusieurs campagnes "où il s’était montré fort assidu", avait de la disposition à se rendre habile. Le 29 décembre, il était envoyé dans le comté d’Avignon "pour disposer les moulins à poudre". Le 20 mai 1690, Deschamps était seul à Toulon où il n’y avait plus ni commissaire, ni officier de marine : Pierre de Logivière était décédé ; quant à Pointis, il était avec l’armée navale. Le 31 août, il était affecté au commissaire général de l’artillerie à Brest. Le 1er février 1691, François Daniel et Nicolas-Alexandre de Pointel étaient nommés commissaires ordinaires de l’artillerie. Le 22 mai, Pointel, qui assurait le contrôle des canons de fer d’Angoumois et de Périgord, passait de Rochefort à Brest. Deschamps recevait de son côté un congé absolu. Le 1er janvier 1692, le chevalier de Ressons, commissaire ordinaire au port de Toulon, était nommé commissaire général de l’artillerie pour le levant. A la même date, Pointel était commissaire ordinaire à Rochefort. Quant à Daniel, il était nommé lieutenant de galiote et d’artillerie à Port-Louis. François Daniel, premier maître canonnier des vaisseaux du Roi au port de Toulon en février 1678, visita en avril 1680 avec Duquesne la fonderie de Saint-Gervais. Il fut nommé successivement maître canonnier amiral le 17 mai 1689, commissaire ordinaire de l’artillerie à Brest en février 1691, en remplacement de Du Mont, lieutenant le 1er mars 1692, puis capitaine de galiote et d’artillerie en janvier 1696. Il commanda notamment la Fulminante devant Alger en 1696 et le Vulcain devant Barcelone en 1697. En 1698, il fut nommé commandant de la compagnie des apprentis canonniers de Toulon. Le 3 octobre 1698, Vauvré informait le ministre de sa mort. L’ordonnance du 6 février 1692 sur l’établissement d’un corps d’artillerie de la marine ne mentionna plus les commissaires ordinaires dont la fonction fut supprimée. Le 20 février, Pointel et Daniel furent envoyés à Libourne pour éprouver les canons arrivés du Périgord Tableau rÉcapitulatif des
commissaires ordinaires
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