Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

 Revenir au sommaire général

  

Portail Nouveautés Etudes stratégiques Publications ISC- CFHM- IHCC Liens Contacts - Adhésion

 

Dossiers :

 

  . Théorie de la stratégie

  . Cultures stratégiques

  . Histoire militaire

  . Géostratégie 

  . Pensée maritime

  . Pensée aérienne

  . Profils d'auteurs

  . Outils du chercheur

  . BISE

  . Bibliographie stratégique

 

Publications de référence

 

Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

LES OFFICIERS DE GALIOTE ET D’ARTILLERIE

 

Confié à des officiers de marine en 1682, le commandement des galiotes à bombes fut exercé à partir de 1684 par des officiers de galiotes qui passèrent rapidement pour des officiers d’artillerie tout à fait expérimentés. Les galiotes à bombes furent longtemps commandées par les mêmes officiers.

Selon le règlement du 21 avril 1684, "les capitaines recevront sur tout ce qui regarde la navigation des galiotes les ordres du commandant et des officiers généraux des armées ou escadres auxquelles lesdites galiotes seront jointes et le commissaire général d’artillerie, s’il est embarqué, aura soin de les faire exécuter, tant pour le mouillage dans les rades que pour la manière de les poster, ou le plus ancien capitaine des galiotes si ledit commissaire n’est pas à leur suite, lequel observera de s’embarquer sur l’une des galiotes des deux moins anciens capitaines".

Selon les abrégés de la marine, 27 officiers de galiote étaient en service en 1684, dont 8 capitaines : de Combes, Gouëyton, La Motte d’Airan, Gombault, Félix Beaussier, Patoulet, Grandpré et Pontac ; 9 lieutenants : Du Mont, Fricambault, le chevalier de Bonneuil, Daire, Chantzé, le vicomte de Coëtlogon, Simonnet, Du Coudray et le chevalier de Ressons ; 10 enseignes : Launay, La Motte Chabannes, le chevalier Du Quesnel, Vergons, le chevalier de Vatan, Laurière, le chevalier de Fricambault, le chevalier de Boulainvilliers, Sève et le chevalier de Dampierre.

Les ordonnances d’avril 1689 et de février 1692 devaient élargir les fonctions et améliorer le rang des officiers du corps de l’artillerie de la marine. Selon l’ordonnance du 15 avril 1689, qui régla les rangs et les fonctions des officiers d’artillerie, "les capitaines, lieutenants et enseignes de galiote, qui étaient les seuls officiers militaires de l’artillerie de la marine, avaient peu de fonctions hors le cas de l’armement des galiotes, pendant que celles des commissaires généraux et commissaires ordinaires étaient fort étendues, même à la mer. Il paraît que cette constitution de service a été regardée comme sujette à beaucoup d’inconvénients". De nombreux litiges, qui s’accompagnaient de refus d’obéissance, s’étaient en effet produits depuis 1682.

Les officiers de l’artillerie de la marine, qui formaient un corps distinct des officiers de vaisseau, bénéficiaient en effet de facilités, sinon de passe-droits. Certains de ceux qui étaient entrés dans ce service comme enseignes de vaisseau n’étaient pas même passés par l’état de garde de la marine. Selon une opinion, alors répandue parmi les officiers de vaisseau, "ce corps d’officiers de l’artillerie était composé en grande partie de sujets qui, par leur naissance, n’auraient eu aucune considération, sinon en les faisant entrer dans le corps de la marine par l’état de garde de la marine, ou même n’y auraient pas été admis, de sorte que ce n’était que par leurs talents et par leurs services utiles et continuels qu’ils s’attiraient les considérations qu’ils n’avaient pas par eux-mêmes lorsqu’ils entraient dans le service". Cette filière permettait aussi aux aides d’artillerie de devenir officiers plus rapidement. Le rang d’officiers de galiote les mettait en outre avant les capitaines de frégate légère "afin d’engager dans le service des galiotes des sujets de distinction". Ces avantages de situation ne manquaient pas de créer des jalousies, voire des animosités.

Dans le même temps, les officiers de l’artillerie de la marine ne bénéficiaient pas, au plan financier notamment, des avantages des officiers de l’artillerie de l’armée de terre qui percevaient au feu des gratifications non négligeables lorsqu’ils servaient. Le rapport de force entre les deux corps était d’ailleurs inégal dans la mesure où l’artillerie des sièges était toujours commandée par un officier général de l’artillerie de terre. Aussi le désir de changer de corps n’était-il pas rare. Le commissaire général de Ressons, qui en fut un exemple, devait résumer le handicap, voire les états d’âme, des officiers de l’artillerie de la marine : "Le corps de l’artillerie de marine étant le plus faible, nous avons toujours le dessous".

En juin 1689, des officiers de galiote servirent sur les vaisseaux de l’escadre du levant, des capitaines comme Pontac qui commanda le Content, Daire et Grandpré qui commandèrent les brûlots le Dur et le Saint-Joseph, La Motte d’Airan qui commanda la frégate la Vipère, des lieutenants comme Fricambault ou de Sève qui servirent sur le Cheval Marin et le Parfait, des enseignes comme d’Etelan de Norey et Boisfermé qui servirent sur la barque la Subtile… 

En janvier 1690, cinq capitaines, onze lieutenants et huit enseignes de galiote étaient en service à Toulon. Le 6 juin, selon les ordres du comte de Tourville, réitérés le 10 et le 11, "les capitaines de frégate légère et de galiote serviront sur les vaisseaux où ils sont nommés comme premiers lieutenants". En fait, certains servirent comme capitaines en second ; les lieutenants et les enseignes de galiote servirent dans leurs grades. Vergons, enseigne, servit toutefois comme lieutenant. Parmi les officiers de galiotes qui participèrent à l’armée navale du ponant figurèrent, notamment, Félix Beaussier, Gombault, Gouëyton, Daire et Grandpré, qui servirent comme capitaines de vaisseau en second ; des lieutenants de galiote, Simonnet, Laurière, Clavel, Du Coudray, Boulainvilliers, La Motte Chabannes, le chevalier de Vatan, les deux frères Fricambault, qui servirent comme lieutenants ; des enseignes de galiote, Nicolaï et Boisfermé, qui servirent comme enseignes. Pointis, capitaine de vaisseau et commissaire général de l’artillerie, commandait le Courtisan, vaisseau de 64 canons.

En 1691, des officiers de galiote participèrent de deux façons à l’armée navale du ponant. S’agissant des trois galiotes à bombes, neuf officiers de galiote participèrent à leur armement, trois capitaines, Gombault, Grandpré et Daire, trois lieutenants, Massiac, Saint-Aubin, d’Etelan de Norey, et trois enseignes, Languillet, Boispinault et Mareuil. D’autres officiers de galiote, moins nombreux cette année-là en raison des promotions intervenues entretemps, servirent sur les vaisseaux de l’armée navale comme lieutenants comme Du Coudray, le chevalier de Fricambault, Simonnet ou en qualité d’enseignes comme Lambert et Francières.

Selon l’ordonnance du 6 février 1692, le corps d’artillerie de la marine était composé, en plus des commissaires généraux, de six capitaines de galiote et d’artillerie, de neuf lieutenants, de neuf sous-lieutenants et de neuf aides d’artillerie. Les six capitaines d’artillerie seront payés à raison de 150 l. par mois lorsqu’ils seront à terre et les autres 125 l., les lieutenants 83 l. 6 s. 8 d., les sous-lieutenants 60 l. et les aides 30 l. Les deux plus anciens officiers de galiote commanderont les compagnies de bombardiers de Toulon et de Brest, le troisième commandera l’artillerie à Rochefort et les trois autres les compagnies des aides canonniers à Toulon, Brest et Rochefort. Il y aura également des officiers d’artillerie à Lorient, au Havre et à Dunkerque. Ainsi les capitaines et officiers de galiote et d’artillerie furent-ils repartis entre les différents ports militaires.

Le 20 février, les intendants de la marine recevaient la notification de l’ordonnance : "Sa Majesté a estimé à propos de former un corps d’officiers d’artillerie dans sa marine et de leur assigner des fonctions fixes. Ci-joint le règlement. Elle nommera incessamment les officiers qui devront composer ce corps".

Gombault et Joseph Clavel restèrent affectés au port de Toulon en qualité, le premier de capitaine de galiote à la mer et de la compagnie de bombardiers, le second de capitaine de galiote à la mer et de la compagnie des apprentis canonniers. Félix Beaussier, capitaine de galiote à la mer, commandant l’artillerie du port et la compagnie des bombardiers, et Daire, capitaine de galiote à la mer et commandant la compagnie des apprentis canonniers, furent affectés à Brest. Grandpré, capitaine de galiote à la mer et commandant l’artillerie du port, et Fricambault, capitaine de galiote à la mer et commandant la compagnie des canonniers, furent affectés à Rochefort.

Trois lieutenants d’artillerie, Daniel à Port-Louis, Languillet au Havre et Boispinault à Dunkerque furent nommés en même temps que trois sous-lieutenants. Choisis parmi les gardes de la marine, des aides d’artillerie soulageraient les officiers. "Ce sont des élèves dont on a besoin et qu’on doit charger des petits détails pour les instruire et les rendre capables de devenir de bons officiers d’artillerie. Il faut pour cela des jeunes gens sages et autant que possible qu’ils sachent dessiner". On les prendrait, de préférence gentils hommes, à raison de six par port.

En juin, les officiers de galiote et d’artillerie participèrent à nouveau à l’armée navale. S’agissant des trois galiotes, huit officiers de galiote et d’artillerie participèrent à l’armement, Ressons, Gombault et Beaussier comme capitaines, Boisfermé, Languillet et Massiac comme lieutenants, Du Bosquet et des Monts, comme enseignes. Quelques officiers de galiote et d’artillerie servirent sur les vaisseaux en qualité de capitaine en second comme Gouëyton, en qualité de lieutenants comme Simonnet, Du Coudray, d’Etelan, de Norey ou d’enseignes comme Michault, Lambert…

En 1693, Santo-Dominguo et Rousseau de Villegoin à Toulon, Fouilleuse à Brest, Thébault de La Ruffinière et Salignac à Rochefort figuraient parmi les aides d’artillerie.

En mars 1694, Pontchartrain décidait "de mettre des officiers d’artillerie des bombardiers dans les villes où il y a des batteries de mortiers établies". Le 29 décembre, Gombault, Daire et Grandpré, les trois plus anciens capitaines de galiote, promus au rang de capitaines de vaisseau depuis le 3 janvier, suppliaient le Roi "de les faire jouir à présent de cette grâce afin de les assujettir sans inquiétude dans le corps de l’artillerie auquel peu de gens conviennent". Le 1er janvier 1695, huit officiers de galiote et d’artillerie étaient affectés à Rochefort : Grandpré et Nicolaï comme capitaine ; Languillet et La Sauvagère comme lieutenants ; Sourisseau et d’Aulnay comme sous-lieutenants, Santo-Dominguo et La Galissonnière comme aides ; neuf furent affectés à Brest, Boulainvilliers et Massiac comme capitaines ; Boispinault et Daniel comme lieutenants ; Des Coulons et Thébault et la Ruffinière comme sous-lieutenants, Fouilleuse, le chevalier de La Guéribaude et Langlois comme aides.

Cette année là, alors que Vauban, lieutenant-général, commandait les troupes à Brest et sur les côtes de Bretagne, Louis Leroux d’Infreville, capitaine de vaisseau, fut nommé inspecteur général des batteries ; Boulainvilliers, capitaine de galiote et d’artillerie, fut nommé inspecteur des batteries des côtes de Léon et Massiac, capitaine de galiote et d’artillerie, inspecteur des batteries des côtes de Cornouailles, face à celles de Léon. Selon Vauban, il fallait 434 canons pour la défense de Brest dont 106 de 36 l. et 60 de 48 l..

Tableau de la défense des ports (1694-1695)

 

Nombre de batteries

Canons

Mortiers

Maîtres canon-niers

Bom-bardiers

Ma-telots

Sol-dats

Total canon-niers

Calais

 

38

6

6

6

168

170

354

Boulogne

 

36

2

5

 

64

85

175

Le Havre

15

60 (1)

10

       

560

Brest

25

402 (2)

11

         

(1) dont 23 de 36 l. et 14 de 24 l. (2) d’après Vauban.

Le 27 mars 1696, des sous-lieutenants d’artillerie étaient établis dans de nouvelles villes maritimes, Labatut à Calais, Du Mesnil à Boulogne, Langlois à Saint-Malo, Kerbernard à La Ciotat…

En 1697, on renforça la défense des ports et des côtes de la Manche en raison des menaces ennemies. L’intendant du Havre écrivait  : "Le sieur de Saint-Meloir, lieutenant de galiote et d’artillerie, ne commande dans aucun port particulier ; étant officier d’artillerie, il doit veiller partout et être en état de se jeter dans les endroits les plus exposés aux bombes et aux canons des ennemis". L’installation de canons et de mortiers entraîna l’établissement de maîtres canonniers, de bombardiers et de matelots canonniers. Les villes participèrent à la dépense. A Saint-Malo, 100 matelots canonniers furent entretenus sur les fonds de la ville.

En 1698, le corps de l’artillerie de la marine était composé de 4 capitaines de galiote et d’artillerie : Clavel, Boulainvilliers, Nicolaï et Daniel, de neuf lieutenants, de sept sous-lieutenants et de sept aides. En 1700, trois capitaines de galiote et d’artillerie, Clavel, Boulainvilliers et Nicolaï, se trouvèrent en fonctions. Daniel était mort à Toulon le 3 octobre 1698. En 1701, quatre lieutenants de galiote et d’artillerie, Chavagnac, Simonnet, Boispinault et Guymont du Coudray étaient nommés capitaines ; six sous-lieutenants étaient nommés lieutenants, cinq aides d’artillerie sous-lieutenants ; neuf nouveaux gardes de la marine étaient par ailleurs nommés aides d’artillerie.

En 1703, neuf officiers de galiote et d’artillerie étaient affectés à Toulon : Clavel et Simonnet comme capitaines, le chevalier de Fabrègues, Sigalin et Benoist comme lieutenants, La Cour-Roquefort et La Balme comme sous-lieutenants, Gravier et Pallas comme aides ; huit à Rochefort : Du Coudray et Saint-Meloir comme capitaines, La Potterie et Gabaret de La Motte comme lieutenants ; le baron des Francières et Masson comme sous-lieutenants, Bernessart et du Bois de Villiers comme aides ; huit à Brest : Boispinault et La Sauvagère comme capitaines, Sourisseau et Musinot comme lieutenants, les chevaliers de La Galissonnière et La Guéribaude comme sous-lieutenants, des Escures et La Treille comme aides ; trois à Port-Louis : La Cour-Roquefort comme lieutenant, Salignac comme sous-lieutenant et Borel de Manerbe comme aide ; trois au Havre : Labatut comme lieutenant, d’Aulnay comme sous-lieutenant et Du Gassié comme aide ; trois à Dunkerque : Lambert comme lieutenant, Du Mee comme sous-lieutenant et Joly comme aide.

En 1704, trois capitaines de galiote et d’artillerie servirent dans l’armée navale du comte de Toulouse, dont Saint-Meloir et Nicolaï comme capitaines respectivement de l’Heureux et du Saint-Louis ; Thébault de La Ruffinière servit comme lieutenant ; Du Gassié, Meyran, Le Vasseur servirent comme enseignes. Le corps d’artillerie de la marine était alors composé de six capitaines de galiote et d’artillerie, de neuf lieutenants, de neuf sous-lieutenants et de neuf aides.

En 1705, trois lieutenants de galiote et d’artillerie, Duquesnel, Lambert et Joüan de Loisy, furent nommés capitaines ; trois aides, Pillart, Du Pin de Bélugard et Hélyot, furent nommés sous-lieutenants ; trois nouveaux gardes de la marine, des Tourres, Thérésière et Villars, furent en outre nommés aides d’artillerie.

Tableau de la dépense du corps de l’artillerie
de la marine pour 1705

En livres

Brest

Toulon

Rochefort

Lorient

Le Havre

Dunkerque

Appointements (par an)

Total (par an)

3 commis-saires gén.

1

1

1

     

3 600

10 800

6 capi-taines

1

1

1

1

1

1

     

1 800

1 500

5 400

4 500

9 lieute-nants

2

2

2

1

1

1

1 000

9 000

9 sous-lieutenants

2

2

2

1

1

1

720

480

9 aides

2

2

2

1

1

1

360

3 240

Total : 36

9

9

9

3

3

3

8 980

39 420

En 1708, deux capitaines de galiote et d’artillerie, Du Bosquet et Lambert, commandaient chacun un vaisseau de la traite des blés. Le 19 septembre, le commandement de la Galatée, frégate de 30 canons armée en course, était confié à Philippe Parent, aide d’artillerie au Havre. Selon l’intendant, "Parent est un bon officier qui a plusieurs campagnes par derrière lui". Il devait être tué sur cette frégate le 20 novembre 1712.

En 1712, de nombreuses nominations changèrent la composition du corps des officiers de l’artillerie de la marine. Trois lieutenants, Thébault de la Ruffinière, Du Pin de Bélugard et Benoist, furent promus capitaines ; cinq sous-lieutenants, Villars, Villers de Sainte-Croix, Du Bois de Villiers, Hélyot et Guillaume de Logivière, furent promus lieutenants ; quatre aides, Combes, Saccardy, Desfossés, Du Pin de Bélugard, furent nommés sous-lieutenants ; trois gardes de la marine, Roussel de Préville, Cresnay et Montrioux, furent nommés aides d’artillerie. Une redistribution des officiers de galiote et d’artillerie fut effectuée entre les ports de Toulon, Brest, Port-Louis, Le Havre, Dunkerque, où il y avait des galiotes à bombes, et Rochefort où il n’y en avait pas. furent notamment affectés à Toulon : Lambert et Du Bosquet, capitaines ; Sigalin, lieutenant ; Joly, sous-lieutenant ; Gineste et Montesquiou, aides ; à Rochefort : La Sauvagère et Joüan de Loisy, capitaines ; à Port-Louis, Hélyot, sous-lieutenant ; Thérésière, aide ; au Havre : Labatut, lieutenant ; d’Aulnay, sous-lieutenant et Saccardy, aide ; à Dunkerque : Benoist, lieutenant, et Du Pin de Bélugard, aide.

En 1716, le corps des officiers de galiotes et d’artillerie était composé de six capitaines : La Sauvagère et Saint-Meloir (1703), Lambert (1705), Thébault de La Ruffinière, Benoist et Du Pin de Bélugard (1712) ; de huit lieutenants : Sourisseau, Sigalin, Labatut, Villars, Villers de Sainte-Croix, Du Bois de Villiers, Hélyot et Logivière de Maule ; de sept sous-lieutenants, Pillart, Gineste, Gobert, de Combes, Saccardi, Desfossés et Du Pin de Bélugard ; et de quatre aides : Massiac, Roussel de La Préville, Cresnay et Montrioux.

Au départ, les capitaines de galiote furent choisis parmi les lieutenants, voire parmi les enseignes, de vaisseau ou de frégate. Par la suite, ils suivirent, pour la plupart, la filière normale. Entrés dans la marine comme gardes, ils furent promus à l’ancienneté, jusqu’en 1692, dans les grades d’enseigne et de lieutenant et, à partir de 1692, dans ceux d’aide, de sous-lieutenant et de lieutenant, voire de capitaine, de galiote et d’artillerie.

De 1684 à 1715, 38 capitaines de galiote furent nommés qui portèrent le titre de capitaines de galiote et d’artillerie à partir de mars 1692. Une dizaine d’autres officiers, qui n’étaient encore que lieutenants en 1715, devinrent par la suite capitaines de galiote et d’artillerie parmi lesquels Cresnay, Du Pin de Bélugard, Gineste, Hélyot, Massiac, Pillart, Villars…

Parmi ceux dont la carrière de capitaine de galiote fut brève, figurèrent notamment Duquesne-Mosnier, de 1683 à 1685, le vicomte de Coëtlogon, de 1688 à 1689, Laurière, de 1693 à 1695, Languillet, de 1696 à 1697, Daniel, de 1696 à 1698… Entre 1692 et 1701, trois capitaines de galiote et d’artillerie seulement exercèrent leur commandement de capitaine de galiote et d’artillerie au cours d’une période relativement longue : Boulainvilliers, pendant huit ans ; Nicolaï, tué à Gibraltar en 1705, pendant dix ans ; Clavel pendant onze ans.

Le nombre de capitaines de galiote en service évolua. L’âge d’or des galiotes fut, sans conteste, celui de la période 1684-1690, marquée par les deux grands bombardements de Gênes en 1684 et d’Alger en 1688 avec 10 galiotes à chaque fois. Les capitaines de galiote figurèrent au nombre de 8 ou de 9 jusqu’en 1689, au nombre de 6 de 1691 à 1716, conformément à l’ordonnance de 6 février 1692, sauf de 1698 à 1700 où ils ne furent que trois ou quatre en service. Le passage d’une ancienne génération de capitaines de galiote à une nouvelle s’effectua notamment en 1689, en 1696, en 1705 et en 1712.

Tout au long de la période, les capitaines de galiote et d’artillerie furent employés au service de l’artillerie dans les ports ou au commandement des galiotes sur les divers théâtres d’opération, le plus souvent en Méditerranée, et parfois à terre à l’occasion d’opérations amphibies, de descentes ou de sièges.

Tableau rÉcapitulatif du nombre d’officiers
de galiote et d’artillerie (1684-1716)

 

Capitaines

Lieutenants

Enseignes

Sous-lieutenants

Aides

1684

8

9

10

-

-

1689

9

12

8

-

-

1690

5

11

8

-

-

1692 (1)

6

6

6

-

-

1692 (2)

6

9

-

9

9

1696

6

9

-

9

9

1698

4

9

-

7

7

1700

3

9

-

9

9

1701

6

10

-

9

9

1704

6

9

-

9

9

1716

6

8

-

7

-

(1) au 1er janvier 1692 (2) ordonnance du 6 février 1692

 

En juillet 1682, lors du premier bombardement d’Alger, les cinq galiotes furent commandées par des officiers de marine : des Herbiers, capitaine de vaisseau, Pierre de Combes et Jean-Bernard de Pointis, lieutenants de vaisseau, respectivement depuis le 13 janvier 1677 et le 2 mars 1680 ; Félix Beaussier et André de Gouëyton, enseignes de marine. les cinq galiotes étaient elles-mêmes placées sous le commandement de Nicolas Camelin, capitaine de bombardiers de terre.

En juin 1683, lors du deuxième bombardement d’Alger, les sept galiotes furent commandées par trois des capitaines de 1682 : de Combes, Gouëyton et Pointis, et par quatre nouveaux : M. de Chevigny qui, mortellement blessé le 22 juillet, fut remplacé par le marquis de La Bretêche, Duquesne-Mosnier, le marquis de La Motte d’Airan et La Péaudière. Les 7 galiotes furent placées sous le commandement d’un officier de marine, le commandeur Desgouttes, capitaine de vaisseau.

En mai 1684, lors du bombardement de Gênes, les galiotes furent commandées par six anciens capitaines : de Combes, Félix Beaussier, Duquesne-Mosnier, Gouëyton, La Motte d’Airan, La Péaudière, et quatre nouveaux : Gombault, Grandpré, Patoulet et Pontac. Les galiotes restèrent placées, comme en 1683, sous le commandement du commandeur Desgouttes. Selon Villette-Mursay, ce fut au cours de la descente de Gênes que La Motte d’Airan, qui commandait la Foudroyante, fut fait prisonnier le 24 mai. Agé de 39 ans, il était alors lieutenant de vaisseau après avoir été garde de la marine à Rochefort en 1675 et enseigne de vaisseau à Toulon en 1680.

En juin 1685, lors du bombardement de Tripoli, les cinq capitaines de galiote, placées sous le commandement de Pointis, étaient tous des vétérans des campagnes précédentes : de Combes, Gombault, Gouëyton, Grandpré et Patoulet. En 1686 et 1687, les trois galiotes de l’escadre du duc de Mortemart furent commandées par Gombault, La Motte d’Airan et Patoulet.

En 1688, lors du troisième bombardement d’Alger, les capitaines des dix galiotes, commandées pour la première fois par le commissaire général Pierre Landouillette de Logivière, étaient encore tous, à l’exception de Daire, des vétérans des expéditions précédentes : Félix Beaussier, de Combes, Gombault, Gouëyton, Grandpré, La Motte d’Airan, Patoulet, La Péaudière et Pontac. Tous s’illustrèrent, Patoulet notamment qui, selon le maréchal d’Estrées, fit "des coups admirables sur le fanal et les batteries du môle".

En 1691, les trois galiotes armées pour le ponant, la Terrible, la Belliqueuse et l’Eclatante, furent commandées par deux capitaines en fonction depuis 1684, Gombault et Grandpré, et un troisième, Daire, nommé en 1688. Trois autres galiotes participèrent, sous le commandement du commissaire général de Pointis, aux bombardements d’Oneille en avril, puis de Barcelone et d’Alicante en juillet.

En 1692, trois galiotes furent armées à Toulon pour le ponant, la Terrible, la Belliqueuse et l’Eclatante sous le commandement de Gombault, de Beaussier et de Grandpré. En juillet, trois autres galiotes, l’Ardente, la Bombarde et la Fulminante, furent armées à Toulon sous le commandement de Fricambault, de Longchamp de Montendre et de Daire pour le bombardement de Tripoli.

En 1693, deux galiotes, l’Ardente et la Fulminante, commandées par Gombault et Joseph Clavel, participèrent, sous l’autorité du commissaire général de Ressons, au siège et au bombardement de Rosas. Deux galiotes, la Terrible et l’Eclatante, armées à Brest et placées sous le commandement de Grandpré et de Laurière, figurèrent sur l’ordre de marche du maréchal de Tourville.

En 1694, deux galiotes, l’Ardente et la Foudroyante, commandées par le commissaire général de Ressons et par Gombault, participèrent avec le maréchal de Tourville au siège et au bombardement de Palamos. En 1695, l’armement de deux galiotes fut envisagé à Toulon, placées sous le commandement de Gombault et de Joseph Clavel. En 1696, deux galiotes, l’Ardente et la Fulminante, commandées par Joseph Clavel et François Daniel, participèrent à l’escadre du sieur de Pallas.

En juin 1697, la Salamandre, frégate bombardière, et deux galiotes, la Proserpine et le Vulcain, commandées par le commissaire général de Ressons, Joseph Clavel et François Daniel, participèrent, avec l’escadre du comte d’Estrées, au siège et au bombardement de Barcelone. La galiote l’Eclatante fit partie de l’escadre de Carthagène composée de sept vaisseaux, dont le Sceptre, et commandée par le baron de Pointis. Parmi les officiers d’artillerie et de galiote qui participèrent à l’expédition figurèrent notamment Des Monts et Labatut, sous-lieutenants, Fouilleuse et La Guéribaude, aides. La galiote fut détruite au cours du combat. Des Monts fut tué, près de Carthagène, le 18 mai.

En 1701, deux galiotes, la Proserpine et le Vulcain, commandées par Joseph Clavel et Nicolas de Simonnet, participèrent à l’escadre du comte d’Estrées armée pour la défense de Cadix. En 1702, les deux galiotes, armées en 1701, opérèrent dans la rade de Naples. En février 1704, deux galiotes, la Proserpine et le Vulcain, commandées par Nicolas de Simonnet et Nicolaï, furent armées en même temps que la petite escadre de trois vaisseaux commandée par Duquesne-Mosnier. En 1706, la Salamandre, frégate bombardière, commandée par le commissaire général de Combes, et deux galiotes, la Fulminante et l’Ardente, commandées par Saint-Meloir et Duquesnel, participèrent avec l’escadre du comte de Toulouse au siège de Nice.

De 1683 à 1715, un certain nombre d’officiers de galiote et d’artillerie furent tués ou grièvement blessés au cours de combats en mer ou à terre, parmi lesquels des capitaines tels Chevigny tué en 1683, Massiac tué en 1697, Nicolaï tué en 1705. Les lieutenants, les sous-lieutenants et les aides d’artillerie furent plus nombreux. Rien qu’au siège de Barcelone de 1714, qui fut particulièrement meurtrier, six ou sept aides furent tués ou grièvement blessés.

Parmi les grands blessés de la bataille de Béveziers figurèrent notamment des officiers ou des anciens officiers d’artillerie comme Laurière, lieutenant de galiote, qui y perdit une jambe à l’instar de Cogolin, enseigne de vaisseau, La Péaudière, capitaine de vaisseau, "blessé si considérablement au bras qu’il est en danger de le perdre".

Plusieurs se trouvèrent hors d‘état de servir, tel le chevalier de Saint-Aubin, lieutenant de galiote et d’artillerie, qui "ayant eu un œil crevé et l’autre endommagé avec l’os du nez offensé" à La Malgue en 1693, ne fut plus propre au service de l’artillerie. D’autres, en revanche, tel Boisfermé, lieutenant de galiote et d’artillerie, grièvement blessé au siège de Rosas, continuèrent de servir avec un bras en moins.

La promotion normale pour les capitaines de galiote et d’artillerie était leur élévation au grade de capitaine de vaisseau. 26 capitaines de galiote et d’artillerie devinrent capitaines de vaisseau entre 1685 et 1712.

Les capitaines de galiote de la première période ne furent pas toujours promus rapidement capitaines de vaisseau, à la différence de Pointis et de Duquesne-Mosnier, nommés en 1685. Pierre de Combes, La Péaudière, Patoulet et Pontac, quatre autres capitaines de galiote de 1684, furent nommés en 1689. Gouëyton et Beaussier furent nommés respectivement en 1692 et 1693. Gombault, Grandpré et La Motte d’Airan, les derniers capitaines de galiote de 1684, ne furent nommés qu’en 1696. Les promotions furent plus rapides par la suite, surtout entre 1701 et 1705. Duquesnel devint capitaine de vaisseau en deux ans, Chavagnac, en trois, Simonnet, Du Coudray et La Sauvagère, en quatre.

Si la nomination au grade de capitaine de vaisseau marquait le point culminant de la carrière de la plupart des capitaines de galiote et d’artillerie, quelques-uns cependant accédèrent à des grades supérieurs ; ce fut notamment le cas de ceux qui devinrent commissaires généraux de l’artillerie comme Pointis en 1687, Pierre de Combes et René Landouillette de Logivière en 1703, Etienne-Nicolas Grandpré en 1705, le chevalier de Boulainvilliers en 1712… neuf capitaines de vaisseau, anciens capitaines de galiote, devinrent chefs d’escadre : Pointis, en 1699, Duquesne-Mosnier en 1715, Grandpré et le chevalier de Vatan en 1728, le marquis de Chavagnac, le héros de l’île de Saint-Christophe, en 1736, Fouilleuse en 1745, Charles de Cresnay en 1748. Les cas de Charles de Cresnay, devenu lieutenant général en 1752 et vice-amiral en 1756 et, plus encore, celui du marquis de Massiac, devenu lieutenant-général en 1756, secrétaire d’Etat à la marine en 1758 et vice-amiral en 1764, furent exemplaires.

Tableau des nominations des capitaines de galiote
comme capitaines de vaisseau (1682-1715)

 

Capitaines de galiote et d’artillerie

Capitaines de vaisseau

Desherbiers

1684

1680

Pointis

1684

1685

Duquesne - Mosnier

1684

1685

Chevigny

1684

-

P. de Combes

1684

1689

La Péaudière

1684

1689

Patoulet

1684

1689

Pontac de La Salle

1684

1689

Gouëyton

1684

1692

Gombault

1684

1696

Grandpré

1684

1696

La Motte d’Airan

1684

1696

Coëtlogon

1688

1689

Daire

1688

1694

Fricambault

1692

1693

Ressons

1692

1693

Clavel

1692

1703

Laurière

1693

-

Boulainvilliers

1693

1701

Nicolaï

1695

-

Massiac

1695

-

Daniel

1696

-

Languillet

1696

-

Chavagnac

1701

1704

Simonnet

1701

1705

Boispinault

1701

1706

Guymont du Coudray

1701

1705

Landouillette de Logivière

1702

1705

Saint-Meloir

1703

-

La Sauvagère

1703

1707

Du Quesnel

1705

1707

Lambert

1705

-

Joüan de Loisy

1705

1712

Du Bosquet

1706

1712

Choiseul - Beaupré

1707

1712

Du Pin du Bélugard

1712

1743

Thébault de La Ruffinière

1712

-

Benoist de La Ferrendie

1712

-

 

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin