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L’INTERNET :
ÉVALUATION STRATÉGIQUE
Charles Swett
Écrit
en 1995, ce document est révélateur de l’intérêt stratégique
d’Internet. Son auteur, Charles Swett, dirige l’Office of
the Assistant Secretary of Defense for Low Intensity Conflict, dépendant
du Pentagone. Une présentation d’Internet précède une
analyse de son impact sur la politique intérieure américaine.
Puis sont recensés les premiers effets politiques du réseau à
l’échelle internationale : coup d’état en Russie,
Zapatistes au Mexique. Enfin une évaluation des potentiels
d’internet conclut le texte de Charles Swett. Si certains
aspects du document ont mal vieilli (démocratie électronique,
BBS) d’autres sont toujours d’actualité: activistes,
piratages. Charles Swett pose les bases d’une guerre de
l’information adaptée à Internet. Le texte a été légèrement
abrégé.
|
Internet est un énorme
réseau planétaire d’ordinateurs. Souvent qualifié de "réseau
des réseaux", il intègre des milliers de réseaux
d’ordinateurs dissemblables à l’échelle du monde entier par
l’utilisation de standards techniques qui permettent à tous les
types de systèmes d’interargir. Les individus connectés à
Internet grâce à leur ordinateur de bureau peuvent accomplir les
fonctions suivantes (eu égard à la sophistication de l’"hôte"
auquel ils sont connectés pour leur service) :
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échanger
du courrier électronique, ou e-mail, avec un autre
utilisateur où qu’il soit ; |
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participer
en mode autonome, c’est-à-dire non pas en direct,
à des débats par e-mail avec des groupes étendus
de personnes intéressées par des sujets
particuliers, par le biais de "listes de
courrier" et de "groupes
d’information". |
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participer
en ligne, autrement dit en direct, à des débats
avec un grand nombre de personnes grâce à la
fonction "discussion relayées par
Internet" ; |
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se
connecter sur des sites éloignés
d’ordinateurs dans le monde entier grâce
à la fonction Telnet ; |
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transférer
des fichiers provenant de sites et
d’utilisateurs éloignés et envoyer
des fichiers à des sites et des
utilisateurs éloignés grâce à la
fonction FTP, ou protocole de transfert
de fichier. Les fichiers peuvent être
du texte, des graphiques, du son ou de
la vidéo ; |
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lire
des documents complexes grâce à
l’hypertexte (en cliquant sur une
phrase surlignée de l’écran,
l’utilisateur se retrouve dans un
autre domaine ; par exemple,
cliquer sur le mot anthropologie
crée un nouvel écran ou menu
consacré à ce sujet), qui permet
une structuration hiérarchique et
non pas linéaire des documents. Les
éléments d’un document simple en
hypertexte peuvent être des
fichiers multiples localisés dans
des ordinateurs hôtes n’importe où
sur le réseau mondial ; un
protocole standard va chercher l’élément
désiré dans son emplacement
d’origine et le présente d’une
manière transparente à
l’utilisateur qui ignore les
processus sous-jacents ; |
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lire
des documents multimédias, qui
résident sur des sites du World
Wide Web et consistent en des
textes, des graphiques, du son
et de la vidéo, grâce à un
programme front end
intelligent comme Mosaic. |
Il
n’existe pas d’autorité centrale
qui gère Internet. La participation
repose sur une base volontaire et coopérative,
et la présence sur le réseau nécessite
seulement que des normes techniques
soient respectées. La société
Internet de Fairfax en (Virginie) joue
un rôle intégrateur et fixe les normes
techniques. Le financement des liaisons
de communication est assuré en partie
par les gouvernements (par exemple, la
US National Science Foundation a
financé la colonne vertébrale
nationale à grande vitesse) et en
partie par des institutions
non-gouvernementales comme des universités
et des grandes sociétés.
Bien
qu’il soit difficile d’obtenir des
estimations précises, on pense
qu’approximativement vingt millions de
personnes dans le monde
disposent d’un accès à Internet. Des
projections donnent une approximation de
cent millions de personnes ayant accès
à Internet d’ici l’an 2000. Les
facteurs suivants alimentent cette
augmentation massive :
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la
convivialité : les
progrès de la technologie, le
remplacement des commandes
d’un système
d’exploitation ésotérique
compréhensible uniquement par
des experts en informatique
par des interfaces
conviviales, à icônes, et à
"pointer et
cliquer", ont permis à
des personnes sans formation
technique de devenir des
utilisateurs très compétents ; |
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un
accès universel :
la prolifération des
fournisseurs d’accès à
l’Internet commercial
offre des connexions à
partir de pratiquement tout
endroit grâce aux lignes téléphoniques ; |
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des
coûts moindres :
des réductions
substantielles du coût
d’accès l’ont rendu
abordable à une grande
partie de la population ; |
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des
bénéfices accrus :
de grandes augmentations
du volume
d’information
disponible sur Internet ;
c’est utile ou
divertissant ; |
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la
commodité :
la possibilité pour
toute personne d’échanger
facilement et à peu
de frais avec une
autre personne un
courrier électronique |
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l’efficacité-coût :
l’utilisation
d’Internet permet
de réaliser des améliorations
à faibles coûts
dans des opérations
commerciales ; |
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la
dynamique :
la taille du
public croît avec
l’étendue du réseau,
ce qui attire des
fournisseurs
d’information
supplémentaires,
et des entreprises
en quête de marchés,
et engendre un
effet de spirale ; |
|
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 |
le
prestige :
l’encouragement
de
l’administration
Clinton ; |
|
|
 |
la
fascination. |
Systèmes
de tableau
d’affichage
(Bulletin Board
Systems)
Un
système de tableau
d’affichage (BBS)
est un PC qui exécute
un logiciel
sophistiqué mais
bon-marché, et
auquel les personnes
peuvent se connecter
avec leurs propres
ordinateurs grâce
à une ligne téléphonique.
Généralement
disponible
vingt-quatre heures
sur vingt-quatre, un
BBS permet à ceux
qui appellent de
lire, de répondre
à, et de créer du
courrier électronique,
de lire des fichiers
de texte (bulletins)
et d’échanger
d’autres sortes de
fichiers comme des
programmes
informatiques et des
graphiques.
Pratiquement tout le
monde, y compris des
élèves de lycée,
peut installer et
faire fonctionner un
BBS. Des réseaux
internationaux de
courrier électronique
reliant les BBS du
monde entier se sont
développés, à
travers lesquels les
demandeurs locaux
peuvent échanger
des messages avec
d’autres personnes
aux intérêts
similaires autour du
globe. Il existe
approximativement 50 000
BBS aux États-Unis,
et leur nombre croît
rapidement.
Un
BBS a généralement
un thème spécifique,
tel que la radio
amateur, la pêche,
la religion ou les
jeux informatiques.
De nombreux BBS ont
des thèmes
politiques. Dans la
région de
Washington, il y a
un BBS qui
fonctionne pour la
NRA (National Rifle
Association) en délivrant
des informations
opposées au contrôle
des armes ; un
BBS pour la
"droite chrétienne" ;
un BBS émettant des
critiques
conservatrices
visant les prétendus
partis pris libéraux
dans les médias (AIM
Net, pour
l’exactitude des médias) ;
un BBS soutenant les
droits des
homosexuels et les
droits des femmes ;
et d’autres¼ Tout
le monde peut écrire
un manifeste ou
autre chose à
caractère
politique, le mettre
en ligne grâce à
un BBS et le rendre
accessible à un
large public. Les
BBS se connectent
lentement à
Internet. Cette
tendance est lente
parce que beaucoup
de BBS sont utilisés
par des individus
comme loisir, à
leurs frais, et le
coût de la
connection d’un
BBS à Internet
demeure relativement
élevé. Cependant,
même les BBS indépendants
disposent d’un
grand nombre des mêmes
fonctions
qu’Internet, et
leur rôle politique
peut être
similaire.
Tendances
actuelles
Une
tendance importante
est l’augmentation
de la proportion des
professionnels ayant
des adresses
personnelles de
courrier électronique
sur Internet. De
plus en plus, les
cartes de visite ne
comportent plus
seulement les numéros
de téléphone et de
fax, mais aussi les
adresses Internet.
Cette tendance est
si forte que
beaucoup de
professionnels
supposent que leurs
partenaires ont une
adresse Internet à
laquelle ils peuvent
leur envoyer un
courrier électronique.
Plutôt que de
considérer
l’adresse Internet
comme un luxe, ne
pas en avoir
commence à être
perçu comme un
handicap comparable
à la non possession
d’un fax. Des
individus et des
organisations sans
accès à Internet
risquent
progressivement d’être
laissées à l’écart
de discussions
importantes et de
processus prenant
place sur Internet.
L’utilisation
interne du courrier
électronique au
sein des
organisations, par
la mise en contact
direct de tout le
personnel quel que
soit le rang dans
l’organisation, a
eu tendance à
niveler la pyramide,
autrement dit à
changer
l’organisation
fonctionnelle qui
passe, dans une
certaine mesure, du
hiérarchique à
l’horizontal. Des
constats ont été
rapportés de cette
évolution jusque
dans les structures
militaires.
Des
millions d’experts
dans des domaines
variés, allant de
la médecine à la
plomberie, dirigent
le commerce par
Internet et s’en
servent pour se détendre
et échanger des
informations,
rendant disponible
une vaste mine de
connaissances spécialisées.
Selon l’expérience
de l’auteur,
beaucoup de ces
connaissances sont
disponibles à la
demande.
En
ligne, des bases de
données
commerciales
contenant toute
forme
d’information
imaginable sont
maintenant
accessibles via
Internet, dans la
plupart des cas
contre paiement.
L’information de
source ouverte
provient
essentiellement de
ces bases de données.
Des catalogues de
bibliothèques
publiques, parmi
lesquels celui de la
Bibliothèque du
Congrès
(Washington) sont
disponibles
gratuitement sur
Internet.
De
plus en plus, des
auteurs d’articles
de magazines et de
journaux incluent
leurs adresses
Internet dans leurs
en-têtes,
permettant à leurs
lecteurs de les
contacter
directement pour
leur faire part de
leurs réactions et
demander plus
d’informations.
Le
gouvernement fédéral,
ceux des États et
les administrations
locales sont en
train de s’établir
sur Internet. Des
douzaines
d’agences fédérales
délivrent des
informations
publiques. Ces
agences sont toutes
accessibles au moyen
d’un service établi
en Virginie, nommé
Fedlink. Fedlink
agit comme une porte
par laquelle le
public peut
atteindre le système
de chaque agence. Le
Bureau du secrétaire-adjoint
à la Défense,
chargé des affaires
publiques vient
juste de se doter
d’un service du
World Wide Web qui
contient des
publications
d’informations
actuelles ou
historiques, des résumés
quotidiens, des
consultations de
presse, des
transcriptions, et
des contrats. Dans
ce service,
l’information
passe d’une manière
unilatérale, du département
de la Défense aux
demandeurs. Il n’a
pas été prévu
d’accepter les réactions
de la part de ceux
qui appellent. Le département
de la Défense C3I
est en train de
construire son
propre serveur sur
le World Wide Web,
un ordinateur
d’Internet qui délivre
publiquement sur le
réseau des
informations sous
forme de graphiques.
Ce serveur fournira
l’information
institutionnelle du
Département et une
version en ligne de Early
Bird.
Les
gouvernements locaux
créent de plus en
plus de réseaux
gratuits, les Freenets,
qui sont des
services
d’information
ouverts au public.
Ces services délivrent
des documents et
l’actualité de
l’administration
locale, et
constituent un véhicule
des débats
concernant les problèmes
locaux entre ceux
qui appellent.
Les
usagers d’Internet
intéressés par des
sujets particuliers
participent à des
conférences consacrées
à ces sujets. Il
existe actuellement
sous diverses formes
près de 10 000
conférences
disponibles sur
Internet. Des conférences
concernent
pratiquement tous
les sujets. Dans ces
conférences, il est
possible de trouver
une compétence, une
expérience, une
information et des
sources de conseils
uniques,
introuvables
ailleurs, en toute
commodité et pour
un coût modeste.
Parmi les types les
plus actifs de conférences
se trouvent ceux
consacrés aux événements
actuels et au débat
politique. À tout
moment, il y a un
volume énorme de
discussions à
propos de
l’actualité du
jour. Les opinions
couvrent
l’ensemble de l’échiquier
politique de
l’extrême gauche
à l’extrême
droite, et
proviennent de
plusieurs pays. À
chaque fois qu’un
événement
d’importance se
produit, comme une
élection nationale
ou un conflit
majeur, et même une
catastrophe
naturelle, il y a
presque comme un
"grondement
assourdissant"
sur Internet. Les
participants à ces
conférences
internationales
d’interventions
comptent des
journalistes, des
professeurs, des
analystes politiques
et des politiciens.
Les
conférences
d’Internet sont un
véhicule unique de
la communication
entre personnes à
grande échelle :
|
Usenet
(un
des systèmes
de conférences
d’Internet)
est
un
endroit
de
conversation
et de
publication
semblable
à un
gigantesque
café
doté de
milliers
de
salles ;
c’est
aussi
une
version
digitale
planétaire
du
Speaker’s
Corner
de Hyde
Park à
Londres,
une
recueil
de
lettres
inédites,
un marché
aux
puces
flottant,
un
gigantesque
éditeur
à
compte
d’auteur,
et une
coalition
faite de
groupes
d’intérêts
spécifiques
dans le
monde.
C’est
un véhicule
de masse
parce
que
chaque
élément
d’information
peut
potentiellement
toucher
des
millions
de gens
dans le
monde
entier 1
|
|
Nombre
de problèmes
évoqués
dans ces
conférences
ont pour
cible les opérations
militaires
en cours
dans
lesquelles
le Département
de la Défense
est impliqué.
Souvent, des
expositions
erronées
des faits,
ou des
positions
maladroites
des États-Unis,
ou de grossières
distorsions
sont faites,
ce qui
n’est pas
surprenant.
l’étendue
du public
amplifie
leur effet
sur
l’opinion
publique.
Globalement,
les Américains
sont de loin
les plus
grands
utilisateurs
d’Internet,
et la
proportion
de foyers américains
équipés de
PC et de
modems croît
rapidement.
L’utilisation
d’Internet
en Europe
est moins répandue
mais connaît
une
progression
rapide. Dans
le monde
sous-développé,
particulièrement
dans
certains des
pays où de
futurs
conflits ont
de grandes
chances de
se produire,
peu de
personnes en
dehors des
officiels du
gouvernement,
des
commerciaux,
des éducateurs
et de
quelques
professionnels
ont accès
à Internet.
Cependant,
tous les
pays d’Amérique
du Sud et à
peu près
les deux
tiers des
pays
africains
ont au moins
une
possibilité
relative de
connexion à
Internet. Il
existe un
projet
international
dont
l’objectif
est de répandre
Internet
dans le
monde sous-développé,
mais les
progrès
risquent
d’être
lents2
La
menace de
pirates et
de virus
informatiques
est toujours
présente.
La sécurité
d’Internet
est un des
plus gros
centres
d’intérêt
des
organisations
qui
l’utilisent,
particulièrement
du département
de la Défense.
L’intrusion
malveillante
dans les
ordinateurs
du
gouvernement
pourrait sérieusement
perturber
diverses opérations
si des
contre-mesures
ne sont pas
prises. La
stratégie
dite des
firewalls (murs
de feu) a été
développée,
dans
laquelle un
second
ordinateur,
un firewall,
est placé
entre
l’ordinateur
de
l’organisation
et les
lignes de
communication
d’Internet,
afin
d’aider à
contrôler
l’accès
et de prévenir
les
intrusions.
On a récemment
découvert
que même
une
architecture
composée
d’un
triple
firewall
avait été
forcée par
des pirates.
En
ce qui
concerne les
virus, il
s’agit
d’une
sorte de
spirale de
la course
aux
armements,
dans
laquelle les
créateurs
de logiciels
anti-virus
perfectionnent
leurs
logiciels
afin de se
protéger
contre un
type de
virus
nouvellement
découvert,
et les créateurs
de virus répondent
par la création
d’un
nouveau
virus qui
pourra
contourner
cette
nouvelle
protection,
et ainsi de
suite.
Internet
et la
politique
intérieure
des États-Unis
L’administration
Clinton a
adopté
Internet
comme un
moyen de
communication
politique
directe avec
l’électorat.
Grâce à
l’adresse
électronique
du Président
(president@whitehouse.
Gov),
n’importe
quel abonné
à Internet
peut envoyer
un message
au secrétariat
personnel du
Président.
Quelque 5 000
courriers électroniques
parviennent
à la Maison
Blanche
chaque
semaine. Des
internes
lisent
chaque
message, les
classent par
problème et
par opinion
exprimée,
et envoie
une réponse
standardisée :
|
Pour
le
personnel
techno-littéraire
de
la
Maison
Blanche...
Internet
n’est
pas
seulement
un
moyen
de
recevoir
du
courrier.
Il
apparaît
comme
un
forum
pour
la
conduite
des
affaires
politiques
du
pays.
Tandis
que
la
grande
majorité
du
public
a
sa
dose
d’information
politique
à
la
télévision
et
dans
les
journaux,
les
citoyens
du
Net
sont
branchés
directement
sur
leur
gouvernement.
Sur
une
base
quotidienne,
les
abonnés
de
America
Online,
de
Compuserve
et
de
Prodigy,
aussi
bien
que
les
hôtes
d’Internet,
peuvent
charger
et
lire
un
tas
de
nouveaux
documents
touchant
la
politique,
de
discours,
et
de
transcriptions
de
discussions
publiés
par
des
douzaines
de
départements
et
d’agences
de
l’administration
Clinton.
Par
le
passé,
seuls
les
reporters
et
les
membres
de
groupes
de
pression
voyaient
ces
documents...
Le
personnel
de
la
Maison
Blanche
tend
à
voir
en
Internet
un
contre-feu
des
incontrôlables
médias
de
Washington.
Et
ils
croient
que
le
public
est
solidaire,
qu’il
y
a
autant
de
ressentiment
à
l’égard
des
médias
qu’à
l’égard
du
gouvernement...
En
s’assurant
une
présence
croissante
sur
le
Net,
l’administration
Clinton
se
livre
à
un
effort
acharné
pour
contourner
les
médias.
Naturellement,
la
presse
de
la
ville
n’apprécie
pas
l’idée
d’abandonner
son
rôle
de
filtre
à
travers
lequel
le
public
voit
son
gouvernement 3
|
|
En
fait,
la
Maison
Blanche
utilise
le
contenu
de
tout
le
courrier
électronique :
|
Le
courrier
électronique
est
entièrement
stocké
avec
soin
dans
un
réseau
informatique
de
la
Maison
Blanche
où
les
membres
du
personnel
peuvent
chercher
par
mots-clés
tels
que
"services
de
soins",
"criminalité",
"golfe
persique",
etc.
Cela
leur
permet
d’établir
instantanément
quels
sont
les
problèmes
principaux
dans
l’esprit
du
public.
|
|
Ils
voient
dans
l’interaction
avec
le
public
via
Internet
une
force
positive :
|
Jonathan
"Jock"
Gill,
un
ancien
manager
de
la
compagnie
de
développement
Lotus
qui
travaille
maintenant
dans
le
bureau
des
Affaires
médiatiques,
veut
utiliser
la
technologie
pour
contrebalancer
le
cynisme
aux
États-Unis.
Il
est
persuadé
que
le
Net
peut
considérablement
étendre
l’espace
des
idées
dans
lequel
le
discours
public
a
lieu.
Plutôt
que
de
regarder
quelques
têtes
parlantes
à
la
télévision,
les
citoyens
peuvent
s’asseoir
devant
leur
ordinateur
et
engager
des
discussions
avec
les
uns
et
les
autres
et
avec
des
fonctionnaires
du
gouvernement...
le
but
de
Gill
est
de
" donner
à
tous
ceux
du
gouvernement
un
nom,
un
visage,
et
un
point
de
contact".
La
raison
pour
laquelle
le
public
semble
déconnecté
du
gouvernement
ces
dernières
années,
dit-il,
est
que
celui-ci
s’est
placé
hors
d’atteinte
du
citoyen
ordinaire 4
|
|
Cette
interaction
directe
à
deux
voies
entre
le
sommet
du
gouvernement
fédéral
et
les
citoyens
de
base
est
très
significative.
Le
contournement
de
la
représentation
du
Congrès,
des
sondeurs
et
des
médias
tend
à
contrebalancer
les
distorsions
ou
le
filtrage
que
ces
entités
pouvaient
avoir
introduits.
C’est
probablement
la
première
fois
que
ce
phénomène
se
présente
sur
une
échelle
appréciable
dans
l’histoire
d’un
pays.
S’il
continue
à
se
développer
dans
le
long
terme,
il
pourrait
transformer
fondamentalement
le
processus
politique.
Cependant,
il
se
peut
que
les
futures
administrations
ne
mettent
pas
autant
l’accent
sur
ce
mécanisme.
Il
n’y
a
pas
seulement
le
public
américain
qui
utilise
Internet
pour
communiquer
avec
la
Maison
Blanche.
Le
4
février
1994,
le
Premier
ministre
suédois
Carl
Bildt,
premier
chef
de
gouvernement
à
le
faire,
a
envoyé
un
message
par
courrier
électronique
au
président
Clinton :
|
Cher
Bill :
outre
le
fait
de
tester
la
communication
sur
le
système
mondial
d’Internet,
je
veux
vous
féliciter
pour
votre
décision
de
mettre
un
terme
à
l’embargo
commercial
contre
le
Viêt-nam.
Je
projette
d’aller
au
Viêt-nam
en
avril
et
je
profiterai
certainement
de
cette
occasion
pour
aborder
la
question
des
soldats
portés
disparus...
la
Suède
est
comme
vous
le
savez
un
des
pays
leaders
dans
le
monde
dans
le
domaine
des
télécommunications,
et
il
est
approprié
que
nous
soyons
parmi
les
premiers
à
utiliser
Internet
pour
les
contacts
politiques
et
les
communications
autour
du
globe.
Vôtre,
Carl 5
|
|
Le
Speaker
de
la
Chambre
des
représentants,
Newt
Gingrich,
a
installé
un
programme
destiné
à
créer
des
versions
électroniques
de
toute
proposition
de
loi
disponibles
sur
Internet.
Cela
permettra
à
l’électorat
qui
a
accès
à
Internet
de
les
évaluer
directement,
et
d’apporter
des
contributions
bien
informées
à
ses
représentants
au
Congrès.
Cela
placera
également
ceux
sans
accès
dans
une
position
politique
relativement
plus
faible,
parce
qu’ils
ne
seront
généralement
pas
capables
de
connaître
les
détails
ou
d’en
vérifier
eux-mêmes
la
signification.
Le
thème
d’Internet
comme
une
menace
pour
les
médias
établis
est
un
lieu
commun
de
la
littérature
récente.
|
La
tendance
importante,
d’après
le
message
communiqué
par
Michael
Newman
sur
WELL
(un
service
d’information
en
ligne),
est
que
la
technologie
encourage
la
distribution
de
base
de
l’information
au
détriment
de
celle
qui
serait
l’apanage
de
gigantesques
institutions
la
distribuant
en
fonction
de
leur
ordre
du
jour.
Le
modèle :
le
"nombreux
vers
de
nombreux"
est
en
train
de
dépasser
l’actuel
du
"peu
vers
de
nombreux"
(Newman)
est
juste.
Pendant
des
générations,
les
grands
journaux
ont
joué
le
rôle
de
gardes-barrières
de
l’information,
décidant
celles
qui,
parmi
les
millions
de
nouvelles
franchiraient
le
seuil.
Armés
d’une
technologie
relativement
bon
marché,
des
millions
d’Américains
découvrent
actuellement
qu’ils
n’ont
plus
besoin
de
gardes-barrières
(¼
)
ceux
qui
nous
disaient
quelle
information
était
importante
et
ce
que
nous
devions
en
penser.
Pour
des
journalistes,
une
telle
interaction
implique
de
renoncer
au
contrôle
et
de
partager
le
pouvoir,
choses
auxquelles
ils
ne
sont
pas
habitués.
Bien
que
des
reporters
individuels
s’échinent
à
avoir
des
nouvelles
de
leurs
lecteurs
et
téléspectateurs
et
à
leur
répondre,
le
journalisme
n’est
pas
convivial.
Sa
structure
institutionnelle
est
hostile
aux
gens
qui
veulent
communiquer
avec
ses
praticiens
ou
discuter
son
contenu.
Les
reporters
répondent
rarement
directement
aux
abonnés
et
aux
électeurs
de
la
façon
dont
ils
attendent
que
des
politiciens
le
fassent.
Nombre
d’organisations
médiatiques
croient
qu’elles
connaissent
mieux
que
leurs
électeurs
ce
qui
est
bon
et
adéquat
pour
eux 6
L’importance
des
médias
d’aujourd’hui
devrait
grandement
diminuer
lors
des
décennies
à
venir.
Les
médias
passifs
seront
remplacés
par
un
nouveau
type
de
multimédia
interactif,
caractérisé
par
des
débouchés
médiatiques
hautement
spécialisés
souvent
décrit
comme
des
"agents
d’information" 7
|
|
Plusieurs
journaux
et
magazines
sont
réticents
à
se
mettre
en
ligne.
D’autres,
qui
croient
devoir
se
mettre
en
ligne
pour
préserver
leur
pertinence,
découvrent
qu’ils
sont
sujets
pour
la
première
fois
de
leur
histoire
à
une
forte
et
sérieuse
critique :
|
Dans
une
conférence
sur
Compuserve,
AOL
(America
on
line),
ou
Well,
les
journalistes
sont
constamment
mis
au
défi
par
des
non-journalistes.
Les
gens
demandent
-
et
on
leur
dit
-
comment
les
décisions
d’édition
ont
été
prises ;
ils
demandent
pourquoi
des
sujets
ont
été
laissés
de
côté,
soulignent
des
erreurs,
sont
en
désaccord
avec
les
conclusions...
L’effort
en
ligne
du
magazine
Time
est
intensément
interactif,
il
a
généré
plus
de
deux
millions
de
visites
en
ligne
dans
ses
huit
premiers
mois¼
Le
plus
important
est
que
les
utilisateurs
sentent
que
Time,
pourtant
loin
d’être
un
bastion
du
journalisme
populaire,
est
en
train
de
changer,
en
devenant
moins
distant
et
plus
en
contact.
Il
s’avère
que
communiquer
avec
les
lecteurs,
comme
se
piquer
avec
une
aiguille,
est
angoissant,
mais
ça
ne
fait
pas
si
mal
que
ça 8
|
|
Un
autre
concept
populaire
est
celui
de
démocratie
électronique,
par
laquelle
les
citoyens
américains
peuvent
devenir
des
participants
plus
influents
dans
les
décisions
de
leurs
gouvernement
en
faisant
connaître
leurs
vues
via
Internet :
|
La
démocratie
électronique
est
inspirée
de
deux
aversions
qui
se
chevauchent,
celle
à
l’égard
des
bureaucrates
et
celle
qui
vise
les
politiciens,
et
de
deux
idées
visant
à
rendre
ces
derniers
plus
plaisants.
La
première
évoque
un
monde
dans
lequel
le
fonctionnaire
grincheux
derrière
son
guichet
est
remplacé
par
un
écran
facile
à
suivre
qui
rend
disponible
toute
l’information
du
gouvernement
en
appuyant
sur
un
bouton.
La
seconde
idée
vise
à
rendre
les
hommes
politiques
aussi
responsables
et
accessibles
à
leurs
électeurs
que
l’était
Périclès
dans
la
petite
démocratie
athénienne 9
"La
promesse
est
que
le
citoyen
moyen
fournisse
plus
de
participation
et
ait
un
impact
plus
grand
sur
les
décisions
du
gouvernement.
À
travers...
le
courrier
électronique
et
les
tableaux
d’affichage,
et
les
mécanismes
de
retour
instantané,
les
fonctionnaires
du
gouvernement
peuvent
connaître
plus
clairement
ce
que
les
électeurs
veulent...
la
connaissance
immédiate
des
actions
des
preneurs
de
décisions
avec
la
possibilité
d’un
retour
instantané
d’électeurs
mécontents
nécessiterait
un
surcroît
de
courage
pour
nombre
de
nos
hommes
politiques
avant
que
les
décisions
difficiles
fussent
prises 10
|
|
Quelques
partisans
de
la
démocratie
électronique
imaginent
des
élections
et
des
référendums
en
ligne :
|
De
façon
évidente,
la
nouvelle
technologie
facilite
de
nouvelles
formes
de
vote
et
donc
de
participation
directe.
Par
exemple,
plutôt
que
de
se
rendre
physiquement
aux
urnes,
les
gens
pourraient
voter
de
chez
eux.
Grâce
à
un
vote
plus
pratique
et
moins
onéreux,
on
pourrait
attendre
des
gens
qu’ils
votent
plus
fréquemment
et
sur
plus
de
problèmes.
Des
référendums
et
des
élections
à
scrutins
pourraient
se
multiplier 11
|
|
D’autres
observateurs
sont
plus
sceptiques :
|
Nous
aurons
des
problèmes
si
les
hommes
politiques
ne
peuvent
résister
au
mouvement
qui
vise
à
laisser
les
gens
voter
électroniquement
sur
des
problèmes
individuels.
À
moins
que
les
Américains
puissent
obtenir
beaucoup
plus
de
temps
libre,
ils
n’y
arrivent
déjà
pas.
C’est
pourquoi
nous
élisons
des
hommes
politiques,
pour
s’occuper
de
nos
affaires.
Si
nous
n’aimons
pas
la
façon
dont
ils
font
leur
travail,
nous
les
mettons
à
la
porte.
Je
suis
sceptique
à
l’égard
des
gens
qui
pensent
que
le
pays
pourrait
être
mené
comme
Internet.
Voter
pour
la
création
d’un
nouveau
groupe
de
presse
n’est
pas
exactement
la
même
chose
que
voter
sur
la
peine
de
mort
ou
les
lois
sur
l’avortement.
Les
effets
sont
un
peu
plus
permanents 12
|
|
D’autres
encore
craignent
les
possibilités
de
types
de
contrôle
du
processus
politique
à
la
"Big
Brother" :
|
Les
décideurs
amélioreront
de
plus
en
plus
leur
manipulation
des
perceptions
de
leurs
actions.
Les
bases
de
données
d’information
sur
les
électeurs
peuvent
être
utilisées
pour
cibler
l’information
et
manipuler
les
opinions 13
Comment
savons
nous
que
notre
vote
par
ordinateur
est
secret ?
Peut-être
est-il
stocké
sur
un
disque
à
côté
de
notre
nom...
Un
gouvernement
ou
un
pirate
informatique
civil
pourraient
truquer
une
élection
pour
de
l’argent,
des
motifs
politiques,
ou
pour
rire 14
Internet
qui
est
un
merveilleux
réseau
latéral
peut
aussi
être
utilisé
comme
une
sorte
de
cage
invisible
mais
incontournable.
L’idée
de
chefs
politiques
malveillants
aux
commandes
d’Internet
éveille
une
peur
d’attaques
plus
directes
des
libertés 15
|
|
Internet
a
déjà
joué
un
rôle
important
dans
plusieurs
élections
locales.
Dans
ces
élections,
les
candidats
ont
été
contraints
de
se
mettre
en
ligne
et
mis
sous
le
projecteur
de
questions
déterminées
des
votants.
Dans
un
autre
épisode,
beaucoup
activistes
politiques
ont
découvert
l’utilité
d’Internet
pour
communiquer
de
l’information
et
pour
l’organisation
de
leurs
activités.
Par
exemple,
|
LatinoNet,
un
groupe
à
but
non
lucratif
installé
à
San
Fransisco,
a
créé
un
service
sur
America
Online
afin
d’aider
les
organisations
latinos
à
coopérer
et
à
faire
pression
sur
les
officiels
du
gouvernement.
Le
service
ouvert,
qui
s’appelle
LatinoNet,
a
été
loué
par
le
président
de
la
Federal
Communications
Commission.
Après
LatinoNet,
nous
verrons
peut-être
apparaître
d’autres
réseaux
pour
des
membres
de
groupes
de
pression
ethniques,
comme
Serbo-CroatNet,
SlovakNet
ou
BelarusNet16
|
|
Un
militant
a
publié
des
conseils
pour
les
activistes
politiques,
sous
la
forme
de
dix
règles,
résumées
ci-dessous :
|
1)
Décidez
quels
problèmes
méritent
votre
temps ;
2)
Ne
supposez
pas
automatiquement
que
vous
devez
travailler
à
l’intérieur
d’un
groupe
traditionnel ;
3)
Soyez
réaliste
quant
à
la
possibilité
de
bénéfices ;4)
Sachez
comment
aller
efficacement
en
reconnaissance
sur
Internet,
et
où
poster
vos
propres
messages ;
5)
Ne
soyez
pas
importun
ou
ennuyeux ;
6)
Écrivez
pour
le
média ;7)
Dites
la
vérité ;
8)
Retournez
en
votre
faveur
les
envois
insultants,
enflammés ;
9)
Donnez
aux
gens
un
moyen
de
s’engager
dans
l’action ;
10)
N’oubliez
pas
de
communiquer
avec
les
médias
et
les
responsables
politiques 17
|
|
La
possibilité,
via
Internet
d’atteindre
efficacement
un
grand
nombre
d’individus
qui
sont
des
acteurs
politiques
en
puissance
alimente
la
force
des
groupes
d’intérêts
et
des
commissions
d’action
politique.
Cela
rend
Internet
est
pour
cette
raison
très
attrayant
pour
les
activistes
qui
privilégient
une
approche
populiste
par
opposition
à
une
approche
républicaine
qui
fait
valoir
l’élection
de
représentants
et
l’influence
de
leur
positions.
Les
exemples
d’activisme
politique
en
ligne
abondent :
|
Même
avant
que
la
discussion
sur
les
armes
de
la
NRA-ILA
(un
système
de
tableau
d’affichage
dirigé
par
le
National
Rifle
Association’s
Institute
for
Legislative
Action)
soit
arrivée
en
ligne,
l’importance
d’une
communication
rapide
a
été
illustrée
en
septembre
dernier,
quand
la
nouvelle
que
le
Handgun
Control,
Inc.
avait
programmé
des
conférences
de
presse
sur
le
thème
"Sauvez
la
proposition
de
loi
Brady"
se
répandit
partout
aux
États-Unis
sur
des
tableaux
d’affichage
informatiques
favorables
au
droit
(de
porter
des
armes).
Les
militants
en
faveur
du
Deuxième
Amendement
ont
travaillé
avec
ferveur
tout
le
week-end
pour
mobiliser
nos
forces.
Ville
après
ville,
quand
les
conférences
de
presse
ont
commencé,
les
forces
anti-armes
se
sont
trouvées
submergées
par
les
citoyens
pro-armes
qui
avaient
décidé
d’assister
à
l’événement
public.
Dans
une
ville,
le
sénateur
de
l’État
qui
s’était
porté
volontaire
pour
accueillir
la
conférence
de
presse
pro-Brady
a
observé
la
grande
foule
de
citoyens
pro-armes
et
a
déclaré
qu’il
pensait
que
la
proposition
Brady
ne
ferait
aucun
bien 18
|
|
Un
autre
exemple
quelque
peu
alarmant
est
le
message
déposé
sur
Internet
le
16
décembre
1994,
appelant
à
protester
à
l’échelle
nationale
contre
le
"contrat
avec
l’Amérique"
du
Parti
républicain.
Le
message
accuse
le
"contrat
avec
l’Amérique"
d’être
en
réalité
une
guerre
des
classes,
une
guerre
des
races,
une
guerre
des
sexes,
et
une
guerre
des
générations,
et
invite
les
destinataires
à
"se
mobiliser
par
des
milliers
de
manifestations
dans
les
communautés
locales
à
travers
le
pays
(¼
),
remplir
les
prisons
en
s’engageant
dans
des
actes
de
désobéissance
civile"
et
dans
d’autres
actions
perturbatrices.
Divers
groupes
marginaux
commencent
à
exploiter
Internet.
Parmi
eux :
 |
l’Alliance
nationale,
une
organisation
pour
la
suprémacie
blanche
qui
a
fait
circuler
une
lettre
sur
Internet
le
mois
dernier
exhortant
les
gens
à
s’opposer
aux
mères
célibataires
qui
bénéficient
de
l’aide
sociale,
aux
homosexuels,
aux
juifs,
aux
étrangers
illégaux
et
aux
"parasites
minoritaires". |
 |
la
Résistance
au
programme
homosexuel,
" consacrée
à
la
lutte
contre
les
déviances
sexuelles ",
affirme
aux
usagers
qu’ils
peuvent
contribuer
au
combat
anti-homosexuel
en
distribuant
largement
nos
fichiers
à
travers
le
cyber-espace ". |
 |
le
Corps
de
milice
du
Michigan,
un
groupe
privé
qui
s’entraîne
à
combattre
ce
qu’il
considère
comme
une
prise
de
pouvoir
inévitable
des
forces
armées
fédérales. |
 |
l’Association
nationale
pour
la
réforme
des
lois
sur
la
marijuana. |
 |
La
terre
d’abord,
un
groupe
vaguement
affilié
d’extrémistes
environnementaux. |
 |
les
Personnes
pour
le
traitement
éthique
des
animaux,
qui
prépare
une
incursion
en
ligne
pour
promouvoir
son
approche
militante
des
droits
des
animaux 19 |
Selon
le
Wall
street
Journal,
|
Des
groupes
marginaux
viennent
progressivement
en
ligne,
rassemblant
des
convertis
et
cherchant
à
être
validés
sur
Internet.
Les
liens
très
étendus
et
les
communications
à
bas
prix
du
réseau
sont
une
aubaine
pour
les
groupes
de
seconde
zone
qui
ne
peuvent
pas
se
permettre
d’utiliser
le
courrier
direct
pour
raconter
leurs
boniments...
Plus
un
groupe
est
exclu
du
courant
dominant,
plus
il
y
a
de
chances
qu’il
aille
en
ligne...
Le
centre
Simon
Wiesenthal,
qui
surveille
les
groupes
de
haine...
[en]
a
pisté
quelque
250...
aux
États-Unis
et
affirme
que
50
ou
plus
communiquent
en
ligne.
D’autres
experts
estiment
que
ce
nombre
est
considérablement
plus
élevé.
|
|
D’autres
types
de
groupes
d’intérêts
sont
venus
en
ligne.
Des
groupes
développant
des
théories
de
la
conspiration
échangent
du
courrier
électronique
pour
expliquer
leurs
théories
sur
les
conspirations
ourdies
par
le
gouvernement
des
États-Unis
en
général
et
le
département
de
la
Défense
en
particulier.
Un
groupe
bien
mieux
organisé,
le
Réseau
Mutuel
des
OVNI
(en
anglais
MUFON),
a
son
propre
réseau
informatique
avec
une
entrée
sur
Internet.
La
majorité
du
trafic
sur
ce
réseau
fait
référence
aux
opérations
militaires
américaines
dont
le
groupe
croit
qu’elles
sont
en
relation
avec
des
enquêtes
et
des
couvertures
d’incidents
liés
aux
OVNI,
et
d’autres
messages
contiennent
des
détails
sur
les
efforts
du
MUFON
pour
surveiller
les
installations
du
département
de
|