| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Guide de lecture Utilisation de l'arme aérienne : concentration ou non ?
Dès l'origine, la capacité de concentration de l'arme aérienne n'a pas échappé à ses créateurs (cf. CLEMENT ADER). Lors de la guerre de 14-18 (cf. TECHNIQUE ET STRATEGIE DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE), Pétain utilise la mobilité et la faculté de concentration de son aviation en relation étroite avec les opérations terrestres, prolongeant à peine l'action du canon. Depuis, progrès technologique aidant, l'arme aérienne est devenue capable d'attaques coordonnées d' objectifs éloignés, ce qui rendrait périmée la notion Clausewitzienne d'attaques par concentrations successives (cf. L’ENNEMI EN TANT QUE SYSTÈME). Consacrant les progrès de l'aviation, la "guerre" du Kosovo semble bousculer les enseignements stratégiques en sa faveur. Les armées de l'air peuvent-elles pour autant mener une guerre indépendante ? Sans aucunement prétendre orienter le lecteur vers une quelconque conclusion, ce thème de lecture pose la problématique de la validité des principes de la guerre, et singulièrement du principe de concentration, dans l'utilisation de l'arme aérienne. En France, dans les années 20, le général Douhet (cf. LES THÈSES DU GÉNÉRAL DOUHET ET LA DOCTRINE FRANÇAISE et GÉOSTRATÉGIE DE L’AIR) montre que, face à la difficulté de conduire des offensives par voie maritime ou terrestre, "l’aviation se prête, mieux que toute autre arme, aux concentrations rapides, qui permettent la convergence des efforts et assurent aux entreprises aériennes le bénéfice de la surprise".
La concentration des moyens dans le temps et l’espace, ... la rapidité des interventions constituèrent les éléments les plus représentatifs de la stratégie aérienne" au cours de la guerre de Corée (cf. REFLEXIONS SUR LA STRATEGIE AERIENNE AU TRAVERS DE TROIS GUERRES). Il est indispensable de lire l'étude de John A. Warden III, intitulée "The Air Campaign", utilisée par l'état-major de l'Air Force pour penser la campagne aérienne de la guerre du Golfe. En se basant sur des exemples historiques, "The Air Campaign" attire l'attention sur des concepts classiques, hérités de Clausewitz et de Jomini : le centre de gravité de l'ennemi, la concentration des efforts qui est "probablement le plus important principe de la guerre aérienne" et l'engagement massif des forces. (cf. LA CULTURE STRATEGIQUE AMERICAINE ET LE GOLFE). Du coté russe, le général Gareev réhabilite la plus grande partie des principes stratégiques anciens en montrant comment ils s'adaptent à l'emploi des armes nouvelles (cf. EVOLUTION DE LA PENSEE MILITAIRE SOVIETIQUE). La dualité mobilité-concentration n'échappe pas aux militaires russes dans l'analyse qu'il font de Desert Storm (cf. PROJET DE DOCTRINE MILITAIRE ET DEVELOPPEMENT DES FORCES ARMEES : LE POIDS DU PASSE SOVIETIQUE DANS LE PRESENT RUSSE).
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